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7 juillet 2010

Philadelphie 76ers : les enjeux des Summer Leagues

Malgré un nouveau coach de renom et un solide #2 choix de Draft, on parle relativement peu de Philadelphie ces derniers temps. A l'heure où les ligues d'été commencent fleurir comme des festivals de musique en plein air, on devrait néanmoins s'attarder d'avantage sur cette franchise. En effet, on pourrait voir lors de ces Summer Leagues des choses particulièrement intéressantes et enthousiasmantes concernant le futur des 76ers.

Pour se farcir les ligues d'été nord-américaines, il est vrai qu'il faut du courage. Le spectacle offert est quelque peu accablant et se résume à une succession d'athlètes tentant leur chance en un-contre-un. Il est question de se faire remarquer et on sait pertinemment que ses propres coéquipiers sont ses principaux rivaux, puisque dans le viseur de la même équipe. Cela donne donc un gloubi-boulga particulièrement indigeste. Limite une injure au jeu. Mais, avec un roster constitué autour de joueurs déjà signés, l'équipe alignée par Philadelphie pourrait relever un peu le niveau. Et donner des indications un tant soit peu utilisables pour les simples observateurs.


L'effectif Summer League des 76ers comporte notamment Jrue Holiday, Marreese Speights et Evan Turner. Trois jeunes hommes sur lesquels le front office croit beaucoup et autour desquels les dirigeants veulent construire. La couleur est annoncée et au moins, cela fera comprendre aux autres jeunes postulants que s'ils veulent décrocher un spot, il vaut mieux être copain avec ce trio. Du coup, gageons que cela va un peu structurer le jeu proposé. Les autres vont avoir un référentiel dans lequel se situer, le trio en question va pouvoir s'affirmer et se trouver une alchimie.

C'est particulièrement vrai pour le duo d'arrières. Jrue Holiday et Evan Turner ont la prétention de former le futur back court de l'équipe. Bien qu'ils ne sont pas listés respectivement aux postes 1 et 2 lors de cette Summer league.Ils ont été décalé d'un poste, mais nul doute qu'ils retournent en binôme à leurs postes de prédilection dès le début des vraies hostilités. Ces ligues d'été vont être l'occasion de voir comment ces deux perles peuvent cohabiter et si ils peuvent développer une dynamique gagnante.


Pour se faire, le coaching staff va leur accorder un max de temps de jeu en binôme. Plus que des automatismes, les dirigeants croient en une vraie complicité entre les deux jeunes joueurs. Ils les poussent d'ailleurs à passer du temps ensemble, même en dehors du terrain. Jrue Holiday a été l'an dernier le plus jeunes joueurs de la ligue et Evan Turner est, à 21 ans, fraichement débarqué en NBA. Les deux pourraient parfaitement se serrer les coudes pour vivre l'aventure NBA, où pas mal de choses changent par rapport à sa vie d'adolescent. De là pourrait naître une sorte d'amitié qui ne pourra que les aider au moment d'affronter les défis purement sportifs.

On attend également de constater l'évolution de Marreese Speights. En effet, ce troisième année a une carcasse pour se faire une belle place en NBA. Il a de plus le talent pour s'y imposer largement. Le problème, c'est que le staff des 76ers ne voit ce Marreese Speights que par intermittences. Sa saison rookie a été marquée par son inconstance. Ce qui ne s'est par arrangé lors de son année de sophomore, avec des blessures enquiquinantes.


Mais avec Doug Collins, le jeune homme espère bien qu'il a trouvé là un coach qui saura trouver les mots pour garder sa concentration au maximum. Couplé au départ de Samuel Dalembert et à la possibilité qu' Elton Brand continue sa descente aux enfers, Marreese Speights a faim de jeu et sait qu'il aura des opportunités à saisir. Il veut être prêt et se donne les moyens pour. Comme le prouve son gros QT 4 récemment face aux Celtics, gage qu'il sait répondre présent dans les moments importants. A confirmer sur la longueur, ce qui pourrait booster sa confiance.

Bref, les Summer Leagues seront l'occasion d'apprécier la maturation d'un trio qui pourrait bien devenir la futur pierre angulaire de la franchise. Un futur à moyen terme qui s'annonce radieux. En tous cas, les prémices qui seront aperçus cet été donneront une idée de la portée que peut avoir ce trio. Lancés à plein régime, ils peuvent faire assez mal. Reste à constater sur pièces s'ils peuvent jouer de concert.

23 mai 2010

Doug Collins peut-il sauver le bateau 76ers ?

Depuis le départ de Larry Brown, une multitude de coachs se sont succédés sur le banc de Philadelphie. Cela témoigne d’une ligne directrice très floue et d’un projet de jeu peu cohérant. Un homme de la poigne de Doug Collins va-t-il arriver à redresser les choses ?

Il y a eu tellement d’entraineurs différents ces derniers temps que je vous mets au défi d’en citer de mémoire ne serait-ce que la moitié. Avec son charisme et son rôle de commentateur TV particulièrement prolixe et pertinent, on peut dire que Doug Collins va incarner la fonction. Mais ce choix va bien entendu au-delà du simple « Vu à la TV » :

Il faut déjà bien dire qu’il s’agissait du meilleur postulant, en termes de qualité intrinsèque. Il y a déjà un noyau dur à Phily, autour de Samuel Dalembert, Andre Iguodala et Elton Brand. Noyau dur particulièrement fortifié par des contrats en béton armé, qui les rendent aujourd’hui très difficilement échangeable dans une optique de changement de cap. Au niveau du roster, le GM Ed Stefanski était quasiment coincé. Il lui fallait faire quelque chose pour éviter le fiasco avec cette équipe qu’il a assemblé, dans l’optique de conserver son job.

Basiquement, le reste du roster est composé de jeunes arrières/ailiers physiques et assez polyvalent. C’est du Thaddeus Young, du Marresse Speights, du Jrue Holiday voire du Louis Williams. Ce dernier a été coltiné à la mène après le départ d’Andre Miller. Le meneur parti, il a fallu trouver un moyen de mettre en place l’attaque sans véritable gestionnaire sur le parquet. Au regard du bilan des 76ers, on peut constater que cela n’a pas été un succès.


Le fait est que l’Oncle Doug ne risque pas de transformer le secteur offensif. Cet homme est littéralement habité par le jeu, une passion dévorante à la limite de la dévotion. L’anecdote raconte qu’à l’époque où il entrainait les Bulls, il se pointait chaque jour à l’entrainement avec un nouveau système offensif à assimiler par ses joueurs.

Ces Bulls en question, c’étaient ceux de Michael Jordan, avant que Phil Jackson n’en prenne les rennes et que l’effectif ne soit peaufiné par quelques trades bien pensés. A noter que Doug Collins et MJ seront à nouveau réunis quelques années plus tard, à Washington. Dans le genre talent de folie, Doug Collins a également eu le plaisir d’avoir Grant Hill sous ses ordres à Detroit.

Quand on regarde le jeu offensif proposé par les anciennes équipes coachées par Doug Collins, on voit bien que ces deux superstars (enfin, trois, si l’on considère que le jeu de Michael Jordan a considérablement évolué entre ses premières et dernières années dans la ligue) sont un rouage élémentaire des systèmes offensifs. Plus que pour n’importe quel autre entraineur. En gros, sauf fait de jeu, chaque possession devait se finir par un tir ou une passe décisive de la dite superstar. Avoir un tel caoch à ses côtés à aider Michael Jordan pour gonfler les stats de ses premières saisons, ce qui a contribué à le rendre quasiment intouchable en ce qui concerne les moyennes en carrière.

Et cela, malgré le rythme désespérément lent sur lequel joue une équipe menée par Doug Collins. Enfin, menée… C’est à son relai sur le terrain, souvent donc le meneur, d’annoncer les systèmes qu’il juge pertinent de mettre en place. En gros, les schémas dessinés par Doug Collins et mis au point à l’entrainement forment une grosse caisse à outils, dans laquelle ses joueurs doivent piocher. On retombe fatalement sur l’absence de meneur de jeu, qui apparaît d’autant plus handicapante que c’est dorénavant la philosophie Collins qui va s’appliquer.


Oh certes, il risque de s’adapter à sa nouvelle équipe. Mais quand on a prôné un style aussi tranché pendant des années, on se demande si il y a moyen qu’il change du tout au tout. Il y aura des impondérables. Comme par exemple la quasi-certitude qu’il ne va pas lâcher les chevaux et laisser ses jeunes dragsters mener un train d’enfer, tant pis pour les déchets.

On se demande juste qui sera le nouveau point de focale de ses schémas. On pourrait penser à Andre Iguodala, qui a le jeu qui se rapproche le plus de MJ et Grant Hill et donc qui pourrait bénéficier des même schémas qu’eux à l’époque. Sauf que, vous l’aurez souligné par vous-même, AI est deux voire trois classes en dessous de ses deux illustres prédécesseurs. Cela pourrait donc sonner le gros retour d’Elton Brand aux affaires. Ce n’est pas pour rien d’ailleurs que l’intérieur s’est ostensiblement réjoui de l’arrivée de Doug Collins du côté des 76ers : enfin un entraineur qui pourrait pleinement tirer partie de ses qualités. Se poser cependant aussi la question des role players. Il faut ouvrir un maximum l’espace de jeu pour celui qui va tenir les rennes de l’attaque et pour se faire, il faut aligner des shooteurs. Jason Kapono pourrait bien tirer son épingle du jeu, mais quid des autres ailiers de l’effectif, dont le point commun est d’être clairement vacillant sur le shoot longue distance.

Bref, à part pour les joueurs de Fantasy League, qui devraient miser une belle piécette sur des stats solides d’Andre Iguodala et Elton Brand, l’attaque des 76ers risque bien d’être limite ennuyeuse. La défense, elle, sous l’impulsion de Doug Collins, va fatalement s’améliorer. Le tout risque donc de donner quelque chose d’assez laid en saison régulière. Mais on peut penser que Philadelphie arrivera à gratter une place en PO et que leurs adversaires au premier tour ne seront pas particulièrement serein. Des saisons, c’est le prix à payer pour la rédemption des 76ers. Pas glamour pour un sou, mais avec quelques réussites. Pour le court terme, c’est sans doute la meilleur solution, pour éviter un réel vent de crise à Philadelphie. D’autant plus que cela sera très bénéfique pour tout ces jeunes (dont le futur #2 de la draft) d’être aux côtés d’un tel chevronné. Par contre, sur le moyen terme, difficile de considérer ce choix comme une solution qui n’a d’autre ambition que de sauver les meubles comme on peut. Ces 76ers-là sont destinés à ramer, sans plus. C’est déjà un progrès.

29 septembre 2009

Preview Philadelphie 76ers 2009/2010

Histoire de vous tenir en haleine d’ici la reprise de la saison NBA, 24 secondes vous propose un tour d’horizon des différentes franchises de la ligue. Et ce, de manière totalement aléatoire ; une seule solution pour ne pas rater l'équipe dont vous êtes fan : nous suivre tous les deux jours jusqu'à la reprise de la saison ! On sait, on est fourbes.

Ancienne capitale des Etats-Unis, Phily a connu quelques désillusions avec ses Sixers ces dernières années, notamment l’an passé. Mais les fans devraient pouvoir s’en remettre. D’avantage parce que Philadelphie est synonyme de « ville de l’amour fraternel » que grâce à ses 76ers, malheureusement.

L’arrivée l’été dernier d’Elton Brand a fait l’effet d’une bombe médiatique. Mais les concrétisations sur le terrain ont eu du mal à suivre. La mayonnaise n’a pas vraiment pris et la blessure de la nouvelle star a été d’avantage perçue comme une libération. Mais le front office n’est pas dupe, Philadelphie ne réussira pas à se faire une place dans cette conférence Est sans un apport de scoring poste bas et persévère dans son choix. La horde de slashers de l’an dernier permet d’accrocher les Pos mais semble court une fois la post-saison arrivée. Il s’agit donc de trouver la bonne alchimie, notamment entre Elton Brand et Andre Iguodala, par le biais de quelques mouvements.


La principale semble être l’arrivée de Jason Kapono. Son principal fait d’armes est d’avoir remporté plusieurs fois de suite le concours de tirs à 3pts lors de All-Star Games. Mais il a la particularité d’être globalement transparent en saison, et donc de surcroit en PO. Son tir est une perle et il se servira de cette menace pour écarter les défenses au mieux, afin de laisser un maximum de place pour l’expression de ces leaders. De même, quelques joueurs sont arrivés pour remplir certaines tâches plus ou moins ingrates, dans des rôles inaccomplis jusqu’alors ; on pourra citer Primoz Brezec dans la peinture pour ses rebonds.


Mais globalement, le roster présente les même caractéristiques que la saison passée. Et même si l’on avait pu percevoir du mieux en cours d’exercice précédent et même si l’on se rappelle qu’ils ont été braves face à Orlando, on peut légitimement craindre pour l’avenir de l’équipe. On peut penser que l’équipe se cassera les dents sur la première défense un peu compacte. On soulignera aussi qu’avec le départ d’Andre Miller, il ne reste plus beaucoup de manieurs de ballons. Peu de joueurs ont le profil pour apporter du liant entre des finisseurs comme Andre Iguodala, Louis Williams ou Thaddeus Young, ce qui n’est pas fait pour gonfler leurs pourcentages un peu faiblard.

Le Monsieur Plus
Willie Green : Plutôt correct en défense, il pourrait bien avoir un rôle charnière dans l’attaque des Sixers, en manque de relais notamment pour orienter le jeu. Il reste dans le style des autres athlètes principaux de l’équipe avec une grosse densité physique, mais pourra tempérer leurs ardeurs sur le jeu placé. Il faut bien un gestionnaire depuis le départ de leur meneur pour Portland, Willie Green pourrait bien le devenir par défaut.

Ce que l’on aimerait voir :
-Iguodala continuer de développer son tir mi-distance.
-Jason Kapono enfiler les tirs longue distance. En saison.
-Des passes décisives
-Le maillot retro plus souvent