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3 mai 2010

Où est passé le Sheed ?

Novembre 2009. Tout le monde sentait que l’arrivée de Rasheed Wallace du côté de Boston était un bon coup. Son jeu devait conférer aux schémas de Boston une nouvelle dimension et son caractère de feu allait de paire avec la mentalité saignante des C’s. Bref, avec Sheed dans leurs rangs, les Celtics pouvaient de nouveau faire trembler la ligue.

Et puis, tout au long de la saison, ce sentiment s’est clairement effiloché. Exit le 6eme homme capable de porter son équipe un peu plus haut. Le joueur semble d’avantage subir le jeu qu’autre chose. On se dit que finalement, c’est bien le genre du bonhomme de négliger la saison régulière. Le premier tour a été vite expédié et voilà que se dresse un gros défi pour les C’s : les Cleveland Cavaliers.

Face aux favoris, Boston doit jouer une partition de haut vol. On a senti quelques soubresauts qui nous font dire que cette série ne sera pas une formalité pour les Cavs. Néanmoins, on est allé zieuter du côté du Sheed pour trouver le surplus qui pourrait venir inquiéter les troupes du double-Mvp en titre. Après tout, il colle parfaitement à l’image du joueur providentiel dont aurait besoin Boston. Son adresse extérieure peut permettre de desserrer les liens défensifs intérieurs tissés par les Cavaliers. Son envergure peut aider à contenir les assauts des attaquants de Cleveland.

Au final, 2pts et 2rebs dans le Game 1 face aux Cavs. Le pire, c’est que cela ne sonne pas vraiment comme une contre-performance. Cela résonne comme un point de non-retour. Parmi toutes les équipes du second tour, le joueur qui a le plus/minus le moins flatteur est Rasheed Wallace avec -20. On en arrive au point où Doc Rivers menace de placer Shelden Williams dans la rotation. C’est dire l’ampleur du naufrage.


Ces Playoffs mettent en évidence que contrairement à ce qu’il croit, Sheed n’a pas un bouton on/off à actionner pour soudainement se mettre en mode PO. Il n’a pu véritablement fonctionner que sous la tutelle d’un Larry Brown qui a su le pousser dans ses limites. Force est de constater que dans les autres situations, c’est plutôt la nonchalance du bonhomme qui l’emporte. On a cru que son côté sanguin et ses hauts cris à la conspiration dès qu’il se voie sifflé une faute auraient fait ton sur ton avec l’image teigneuse des Celtics.

Et pourtant, Rasheed Wallace a été une tâche dans la marque de fabrique de la maison verte : l’intensité. Son jeu d’aide défensive est trop lent pour être efficace. Qui plus est, il n’affiche pas la gniac qui faisait tant craindre les Celtics il y a quelques mois. Aucune « vraie » faute sur les pénétrations adverses, là où ses coéquipiers cognent abondement. Rasheed Wallace ne fait pas sentir sa présence dans la raquette et il souffle comme un courant d’air dans cette raquette qui était autrefois une forteresse.

Mais ne nous méprenons pas : le Sheed est capable de donner du fil à retordre aux meilleurs intérieurs de la ligue. Il peut annihiler un Pau Gasol, un Dwight Howard ou un Chris Bosh sur plusieurs possessions consécutives. Puis, relâchement fautif, il va le laisser inscrire un double-pas facile. En mode « peu importe, je lui ai déjà cloué le bec juste avant ».

Cette attitude de gâchis –car il jouit quand même d’une intelligence de jeu hors paire- se retrouve de l’autre côté du terrain. Le bonhomme campe régulièrement derrière la ligue à 3pts, pour bombarder sans grande réussite. Sans grande conviction, l’on a l’impression. Et puis, soudain, l’éclair. Cette prise de position, que ses coachs ont renoncé à lui ordonner, mais qu’ils continuent d’essayer de lui suggérer. Ce fadeway quasiment magique, arme offensive absolue. Le filet qui tremble. On sent quelque chose s’allumer en Rasheed Wallace. Puis il retourne se poster dans le corner.


Rasheed Wallace montre quelques spasmes du basket qui lui dégouline des mains. Trois petits tours et puis s’en va. Comme s’il préférait surprendre agréablement son monde plutôt que de répondre à des attentes. Comme si la pression de pilier d’une équipe ne lui convenait pas, comme si la perspective de devoir être bon chaque soir était trop pesante pour lui. Comme si il se contentait d’être le facteur X, le joueur dont on attend rien mais qui pointe parfois le bout de son nez ; l’occasion pour les fans de lancer un « Shheeeeeeeeeeed » histoire d’essayer de raviver cette maigre flamme entrevue.

Bref, Rasheed Wallace est comme un môme à l’école primaire, le genre de gamin pas idiot mais qui ne veut tout simplement pas. Parfois, il semble s’investir par séquences, généralement surtout pour se prouver à lui-même qu’il peut encore faire ceci ou cela. On a l’impression que Rasheed Wallace est pris dans des sables mouvants ; et c’est bien connu, tout mouvement pour essayer de s’en défaire accélère encore le processus. Le Sheed attend donc, posé sur le banc ou derrière la ligne à 3pts, que le temps passe et que finalement ces sables mouvants l’engloutissent.

15 juillet 2009

Wallace ouvre de nouvelles voies

Après une année à traîner sa peine, le Sheed revient au premier plan en venant grossir les rangs des Celtics. Il confère à Boston une toute autre dimension.



La tentative Iverson à Detroit n’était pas la bonne solution, l’équipe a pataugé et Wallace s’est à peine débattu. Il ne faisait nul doute que le Sheed n’allait pas rempiler dans une équipe des Pistons visiblement en rénovation. C’est alors que les postulants à la victoire finale se sont manifestés, intéressés par son bagage technique et son expérience des grands rendez-vous (rappelons que jusqu’à cette saison, Wallace était toujours arrivé minimum en final de conférence avec Detroit).



Ce sont finalement les Celtics qui sont arrivés à décrocher la timbale. A grands renforts de témoignage d’affection en provenance du Big Three. Il faut dire qu’ils ont quelques points en communs, dont celui d’être plutôt expansif sur un parquet. C’est là que la comparaison entre Rasheed Wallace et Mikki Moore prend fin.



Let’s Go Dancin’

On voit bien le Sheed se greffer admirablement dans l’attitude défensive des C’s. Avec ou en remplacement de Garnett, le bonhomme fera valoir son envergure et son sens du placement. Il n’hésitera pas non plus à se mettre au diapason niveau intensité. Quelques baisses de tension seront peut-être à prévoir pendant la saison ; mais entouré de tels grognards, flairant l’odeur du sang et d’une bagouze en or, il risque d’être dans l’ambiance dès l’entame des PO.


Un secteur intérieur Wallace – Garnett, ça sonne quand même forêt hostile. Une sacré galère pour quiconque qui jouerait en pénétration. Leur amplitude va de plus profondément gêner les prises de position poste bas. Sachant qu’en renfort, l’on a des boules de muscles, des espèces de bibendums Michelin comprimés dans le sens de la hauteur, tels Perkins. Non, vraiment, ça fait peur.


Mais au final, le fait que la défense intérieur des Celtics ressemble maintenant bigrement à une tortue romaine, ce n’est que l’aspect secondaire du bénéfice de cette signature. Wallace offre toute une nouvelle panoplie aux schémas offensifs de Boston. Son tir va étirer les défenses adverses de manière très conséquente. Pour faire de la place aux grosses fesses de Pierce quand il va aller gratter dans la raquette. Pour optimiser les pénétrations de Rondo en pick’n roll : avec Sheed qui s’écarte pour le shoot et Garnett qui joue les intervalles. Chacun des deux compères dispose d’un jeu près du cercle convaincant, pour assurer l’alternance des angles d’attaque. Surtout que derrière, il y a de la rotation convaincante sous le panier, donc Wallace pourra aisément se décaler en 4 quand Garnett sera au repos.


Wallace va huiler le jeu offensif des Celtics. Outre qu’il puisse jouer en un-contre-un, il dispose d’une qualité de passe non négligeable, couplé à son shoot qui va créer des espaces. La mécanique reste la même : le Big Three est très complémentaire ; le Sheed va desserrer les liens de la défense adverse, soit en étant une menace extérieure soit en combinant avec l’un des « Tres Amigos » sus-cités. Connu pour sa défense, Boston devrait devenir tout aussi imprenable en attaque.