On aime toujours recevoir des cartes postales pleines de bisous ensoleillés de nos connaissances. En l’occurrence, il est temps pour nous de prendre des nouvelles de ce bon vieux Stephon Marbury, parti en Chine tel un mercenaire.
Nostalgie ? Pitié ? Moquerie ? Information ? Difficile de dire ce qui a motivé l’écriture de ce billet. Toujours est-il que le All-Star Game vient ponctuer la fin de la saison régulière en CBA. Il s’agit donc d’un moment particulièrement opportun pour faire le bilan sportif de la venue de Starbury en Chine.
Le numéro 33 a été une vraie attraction dans cette seconde moitié de saison. Preuve en est son indiscutable sélection au All-Star Game local. Starbury s’est senti comme un poisson dans l’eau et a été élu Mvp de ce show. Dans la victoire du Nord sur le Sud, Stephon Marbury a inscrit 30pts et a su électriser la foule avec des paniers (très) longue distance, des passes acrobatiques et même quelques mises sur orbite en mode alley-hoop. Dans son habit d’or et de lumière, Starbury a resplendi de mille feux. 
C’était comme le beau bouquet final d’un feu d’artifice raté. Car son club, Shanxi Zh., manquera les PO. Alors que le 8eme, Bayi affiche un bilan morne de 15-17, Shanxi n’a pas pu faire mieux que 10-22. Certes, il serait idiot d’attribuer le mauvais début de saison du club à Stephon Marbury ; mais l’on notera qu’avec lui aux commandes, l’équipe affiche un bilan de 6-9. Ce qui est bof, pour un messie venu du pays du basket.
On trouvera quelques motifs de satisfaction dans l’aventure nippone de Starbury. Par exemple, il domine de la tête et des épaules le classement des meilleurs passeurs, avec 9.5asts. Ce à quoi il faut ajouter 23pts et 6rebs. Il a même frôlé le quadruple-double lors d’un match, et ce sans avoir le mauvais esprit de vouloir compter les To : en effet, un match à 26pts, 12rebs, 13asts et 7stls, ça ne laisse quand même pas indifférent. Par contre, beaucoup iront volontiers chipoter sur le pourcentage de 80% aux lancers-francs, pas vraiment digne d’un joueur professionnel de sa trempe. 
Et puis surtout, on pondèrera tout ceci par le niveau de la CBA, que l’on qualifiera d’exotique pour essayer d’être un minimum diplomate. Nous sommes dans une ligue où Stromile Sift tourne à 22pts et 12rebs et où Smush Parker atteint les 18pts par match. Autre exemple : Maurice Taylor, qui est coéquipier de Stephon Marbury. Ce bon vieux Maurice Taylor a une moyenne de 18pts et 7rebs en CBA. Le week-end dernier, sa saison chinoise étant terminée, il est allé faire une pige du côté de Trevise, pour aller se frotter au championnat italien. En 10mins, il a eu le temps de louper 3 shoots, de prendre 1reb et surtout de prendre 5 fautes. Et ceci à peine 15 jours après son dernier match avec Shanxi : il n’était donc pas particulièrement hors de forme, c’est juste que la CBA est ronronnante.
Dans un tel contexte, et même si l’on continue de répéter que le basket est un sport collectif, l’on s’attend à ce que Stephon Marbury survole les débats. Il a été bon, le bonhomme a trop de basket dans les doigts pour en être autrement, mais ce n’est pas la rédemption attendue. On se consolera en se disant que ce séjour lui a permis de vivre pleinement sa passion et qu’on sent cet amoureux du basket plus épanoui ici que sur le banc des Knicks ou en train de manger de la vaseline.
23 mars 2010
Bilan de la saison de Stephon Marbury en Chine
20 janvier 2010
Stephon Marbury à la conquête de la Chine
Starbury est encore vivant. Le meneur va tenter l’aventure en Chine. Un périple qui ne s’annonce pas sans danger pour la NBA ni pour le basket chinois en général. Tour d’horizon des enjeux qui découlent de cette signature, qui s’avèrent être bien peu d’ordre sportif au final.
Stephon Marbury qui va aller jouer en Chine, cela sonne de prime abord comme un épilogue au feuilleton Starbury. Mais le personnage a tant d’ampleur qu’il pourrait créer une onde de choc non négligeable. On le sait, le basket, et la NBA en particulier, font face à de gros enjeux en Chine. Après l’avoir regardé manger de la vaseline et pleurer à chaudes larmes sur du Celine Dion, peut-on laisser Stephon Marbury être le nouvel ambassadeur du basket en terres chinoises ?
Alors bien sûr, les chinois resteront toujours admiratifs devant les exploits de Yao Ming et les performances de Yi Jianlian. Mais toujours est-il que la présence d’une star tel Stephon Marbury a de quoi impacter sérieusement la CBA (Chinese Basketball Association). Les influences du consumérisme occidental sont encore fraîches et les habitudes relatives pas encore arrivées à maturité. Il y a encore ce qu’on pourrait appeler une période d’adaptation culturelle. Les chinois sont des vrais mordus de NBA, il n’y a qu’à se rappeler l’accueil triomphal réservé à Team USA lors des derniers JOs et plus particulièrement au #10. Bref, l’arrivée d’un pur NBAer en CBA doit être vue là-bas avec beaucoup d’enthousiasme. 
De notre côté, l’histoire va sans doute être assez vite dissoute. Autant ses frasques estivales ont créées un vrai buzz, autant ses stats feront l’objet d’un simple tweet à peine relayé. Pour information, il a été recruté par l’équipe de Shanxi. L’an passé, cette même équipe s’était attachée les services de Bonzi Wells : ce dernier avait claqué 48pts 11rebs 7stls, pour sa première apparition. D’entrée des records, au point qu’il n’en reviendra pas lui-même. Au sens propre : après les vacances relatives au nouvel an chinois, Bonzi Wells ne pointera plus son nez à Shanxi. On en a à peine entendu parler. Nul doute qu’avec son intelligence et son jeu plutôt physique, Starbury pourra claquer ce genre de grosses performances régulièrement sans que l’on en tienne rigueur. Surtout au moment de rentrer dans la seconde partie de la saison NBA et les PO des différents championnats (la NBA pour ce qui nous concerne sur 24secondes, mais l’actualité en Europe laissera encore moins de place pour caser quelques mots sur le championnat chinois…).
De toutes façons, la déclaration du président du club de Shanxi est très révélatrice : la venue de Stephon Marbury est faite pour récompenser les fans voire pour remonter au classement. La tournure originale est plus subtile, mais l’idée est là : le deal pour Stephon Marbury est motivé pour des raisons d'avantage économiques que sportives. Il en va de même pour l’intéressé. Même s’il a diminué substantiellement ses exigences salariales, le pèlerinage du bonhomme en terres chinoises est plus une affaire d’image et de business. Il a refusé une offre timide des Celtics, en étant persuadé qu’il allait décrocher un contrat juteux, quitte à aller se faire voir en Europe. Au final, il s’en tire avec $25.000, ce qui reste énorme pour vivre de sa passion, mais bien en-deca de ses exigences de star. Mais au-delà, il y a cette formidable pénétration dans le marché nippon, ce qui constitue une opportunité colossale pour les marques de vêtements et de chaussures du sieur Marbury. 
Au final, lorsqu’on essaie de s’imaginer ce que cela va donner, l’on pense facilement à une farce burlesque. Un marginal qui part tel un conquistador. Et quand on sait le côté fantasque du garçon, l’on a peur de son opération d’évangélisation. Plus sérieusement, la présence de Stephon Marbury pourrait détériorer les relations entre la NBA et la CBA. Des relations naissantes où le premier y trouve son compte financier et le second en termes de crédibilité sportive. La présence récurrente de parias pourrait rendre plus frileuse la NBA quant à la légitimité sportive d’un tel rapprochement. Pour faire une correspondance, l’Uefa n’est pas prête de considérer sérieusement le Qatar. Un marché qui fait tourner toutes les têtes, un fanatisme des chinois envers la NBA, la CBA repose déjà sur de nombreux excès. L’arrivée de têtes d’affiche comme Starbury en est un de plus. Espérons que ça ne sera pas celui de trop.