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3 avril 2010

Que dire sur le cas d’Hasheem Thabeet ?

Il reste une poignée de matchs à jouer, mais malheureusement Memphis est déjà écarté de la course aux PO. Il est donc déjà opportun de se retourner sur la saison des Grizzlies. On a parlé sur 24 secondes de l’affaire Allen Iverson, de la renaissance de Zach Randolph, de la cohérence de ce jeune groupe,… Bref, Memphis a été particulièrement intéressant à suivre cette saison.

Mais il y a encore un point que nous n’avons pas encore développé : le rookie Hasheem Thabeet. Ce grand gaillard a été sélectionné en seconde position derrière l’inévitable Blake Griffin. La pertinence de ce choix a souvent été remise en cause par de nombreux observateurs. Avec le recul d’une première saison pro, voyons ce que l’on peut en dire.

Au soir de la draft 2009, il y avait de quoi être surpris : au lieu de miser sur un des nombreux arrières-meneurs en vogue disponibles, les Grizz ont préféré jeter leur dévolu sur Hasheem Thabeet. Il est vrai qu’il s’agissait du seul pivot qui sortiat du lot cette année-là. Mais il faut dire qu’il se distinguait surtout par sa taille : un grand gaillard de 2.21m, forcement, ça attire l’œil. Ce grand garçon a de plus des bras tentaculaires, ce qu’il fait qu’il jouit d’une envergure énorme. Très pratique pour prendre de la place dans la peinture et contester les petits shoots et autres layups. D’ailleurs, ça vaut ce que ça vaut, mais il a été élu NABC Defensive Player of the Year 2008, ce qui témoigne de son impact en défense.


Mais le garçon est loin d’être un foudre de guerre en attaque. Et l’on va commencer à lui tomber dessus dès les summer leagues. Dans ces rencontres estivales de mise à niveau, nombreux sont ceux qui veulent cartonner pour taper dans l’œil des recruteurs pour pouvoir tenter leur chance dans une équipe professionnelle. Le problème est que cela rend le tout décousu – voire indigeste pour n’importe quel spectateur n’y ayant pas un intérêt personnel fort- car on est en mode « chacun pour soi » et l’étalage de ses qualités propres prend souvent le pas sur l’entraide basique. Un pivot défensif comme l’est Thabeet ne peut pas tirer son épingle du jeu et a été complètement effacé. Malheureusement, ce n’est pas ce que veulent les fans et les médias d’un numéro 2 d’une Draft.

La scène n’était pas adaptée pour le géant tanzanien. Normalement, il devrait être plus à l’aise dans une rotation collective. Mais il lui faut du temps et l’on ne peut lui offrir qu’une dizaine de minutes par match pour s’exprimer. Il doit trouver sa place, s’habituer au rythme,… Tant de facteurs qui font que ses feuilles de stats resteront très médiocres. 3pts 3rebs 1 blk en 10mins avant le All-Star Game. Il faut aussi dire que la doublette Zach Randolph – Marc Gasol tourne à plein régime.


D’ailleurs, on s’interroge de plus en plus sur la pertinence du choix de front office : pourquoi un pivot, alors qu’il n’est un secret pour personne que Mike Conley n’a pas les qualités de distributeurs pour justifier son poste de meneur titulaire ? On notera néanmoins qu’il a progressé dans ce qui est sa troisième saison pour culminer à 11pts et 5asts. On peut même jouer au jeu du « et si… » en précisant que la cohabitation entre un Tyreke Evans ou un Stephen Curry avec OJ Mayo est loin d’être évidente. Qu’il fallait quelqu’un qui sache lâcher rapidement le ballon pour contenter tout le monde et qu’il est ardu de parier qu’un rookie aurait pu faire mieux qu’un Mike Conley avec deux ans d’expérience dans cet environnement.

Hasheem Thabeet, lui, est un profil. Un profil atypique, qui plus est. Son grand gabarit le rend parfaitement complémentaire du duo Zach Randolph – Marc Gasol, deux joueurx un peu plus trapus. Dans le cadre d’une rotation à 8 joueurs, Thabeet apporte des nouvelles possibilités grâce à son envergure. Memphis l’a pris dans cette optique-là. Il avait un profil tellement rare et qui répondait tellement bien à certains de leurs besoins qu’ils l’ont choisi très haut pour s’assurer de l’enrôler.

Ce qui s’est passé récemment confirme cette vision : Memphis a envoyé Hasheem Thabeet en D-League (ligue de développement) pendant 2 semaines. Traditionnellement, cela est vu comme une punition voire un camouflet. Mais les dirigeants et le joueur ont pris cette opportunité dans le sens premier du terme : un peu étouffé dans les obligations de la rotation du coach Lionel Hollins, il a été donné la chance à Hasheem Thabeet d’avoir un max de temps de jeu, afin d’emmagasiner de l’expérience et de la confiance. Ajoutons que le bon état d’esprit dans lequel il a plongé dans cette péripétie témoigne de sa motivation. Il ne faut pas oublier qu’il n’a commencé le basketball qu’à 15 ans et donc que le meilleur moyen pour qu’il progresse est d’enquiller les matchs.


Cet épisode est d’avantage une marque d’affection pour le joueur, puisqu’il était le troisième joueur en terme de temps de jeu dans la rotation sur les deux postes intérieurs ; il aurait s’agit d’une sanction ou d’une rétrogradation pure, Memphis aurait sans doute d’avantage envoyé Hamed Haddadi ou DeMarre Corroll. De plus, il se murmure que les dirigeants sont en discussion avec Dikembe Mutumbo pour servir de mentor au jeune tanzanien, preuve qu’ils ont conscience d’un potentiel à développer.

Depuis, Hasheem Thabeet a rejoint l’équipe première et une place dans la rotation. Il a réussi a gratter d’avantage de temps de jeu, puisqu’il tourne maintenant à plus de 15mins sur le parquet. La blessure de Marc Gasol lui offre l’opportunité en cette fin de saison de se montrer encore un peu plus. Dans le dernier match, il affiche 3 modestes points, tous cherchés au lancers-francs, mais aussi 11rebs, 1stl, 1blk et une seule faute, le tout en 27mins. Des stats d’un beau role player, comme l’est sa vocation. Un role player tellement précieux qu’il a été choisi en seconde position de la Draft, au-dessus de ceux qui ont pour destinée d’être franchise players ou assimilés.

17 janvier 2010

Memphis: Le transfert de Gasol a été un diesel

Deux ans après le départ de Pau Gasol, Memphis passe au-dessus des 50% de victoires. Ce qui constitue une première depuis 4 ans. Aujourd’hui, les Grizzlies tiennent une place honorable dans la hiérarchie de la conférence Ouest. Au point de se dire que lâcher Pau Gasol a peut-être été un mal pour un bien.

On ne refera pas le monde, mais l’on se dit que les perspectives des Memphis Grizzlies sont meilleures aujourd’hui qu’elles auraient pu l’être s’ils avaient poursuivi avec leur star espagnole. Finalement, Memphis aurait donc trouvé son compte dans cet échange hautement contesté.

Aujourd’hui, Memphis est loin d’être une équipe à la dérive. Au contraire, elle présente dans son évolution des signes de solidité. La récente victoire contre les Timberwolves en est un beau symbole. Tout d’abord, ils ont disposé, sans avoir été particulièrement inquiété, d’une équipe supposée plus faible. Les titulaires se sont même payer le luxe de se reposer pendant le dernier quart-temps. La saison est longue et le secret pour espérer atteindre les PO est notamment de perdre le moins de plumes possibles face aux équipes de bas de tableau. Cela témoigne d’une belle maturité : l’équipe a su gérer et accélérer au moment opportun, sans connaître de réelle baisse de tension. Autre symptôme de cette solidité mentale : leur série de 8 victoires à domicile, un record pour la franchise. Commencer par être maître chez soi est un premier pas vers les PO.


Cette maturité est d’autant plus louable que l’équipe est relativement jeune, avec très peu de joueurs au-dessus des 25 ans. Une cure de jouvence, venant en grande partie des drafts des dernières années. Rudy Gay, OJ Mayo, Marc Gasol et Mike Conley n’ont endossé que le maillot des Griz’ et donc ont connu des mois difficiles avec la franchise. Ce qui semble les avoir endurci et a poussé leur détermination. Ces quatre-là constituent l’ossature du roster. Derrière les highlights de Rudy Gay, le talent brut de OJ Mayo ou la médiatisation de l’ « autre » Gasol, force est de constater que leur jeu s’est développé de façon conjointe. Dans une osmose sans doute meilleure que si ils avaient été asservis à un franchise player clairement désigné.

Car il se dégage de ces Grizzlies, c’est bien la notion d’équipe. Il n’y a qu’à voir ce match contre les Wolves qui nous sert de référence où la marque a été impeccablement répartie, pour une menace offensive venant des quatre coins du terrain. Ne croyez pas qu’il s’agisse d’un match isolé : Memphis est la seule équipe avec 3 joueurs à plus de 18pts de moyenne. Derrière, il se dessine une belle complémentarité dans la rotation. Avec en point d’orgue Marc Gasol, obtenu via le trade de vous-savez-qui, qui est besogneux et sert de formidable liant à ce collectif Un exemple frappant est le choix d’avoir sélectionné Hasheem Thabeet avec le second choix de la dernière draft. Certes le bonhomme n’est pas le plus talentueux de sa promotion, mais son profil de grand gaillard dissuasif complète plutôt bien les munitions dont dispose l’effectif des Grizzlies.

On pensait qu’après avoir donné Pau Gasol, les évènements de cet été allaient ranger définitivement Chris Wallace dans la catégorie des GMs suicidaires. En effet, il a repris en main la franchise en 2007, avec pour principal fait d’arme d’avoir bradé l’icône de la franchise. Mais voilà que l’été dernier, ce bon Chris se rappelle au bon souvenir des amateurs de NBA en absorbant le gros contrat de Zach Randolf, en provenance des Los Angeles Clippers. Outre laisser de la place au futur prodige Blake Griffin, cet échange permettait à LAC de se délester d’un poids tant financier que dans l’équipe fragile d’une équipe. En effet, avec ses passages à Portland, New York et donc Los Angeles, Zach Randolf laisse l’image d’un bouffeur de ballon pas tenté, doublé d’un paresseux en défense.


A Memphis, il continue de poster des stats impressionnantes : 20pts et 11rebs par match. Il rentre dans le cercle très fermés des 20-10 de cette saison. D’ailleurs, ces seuls compagnons sont Chris Bosh et Tim Duncan. Ca vous place le niveau de production du bonhomme. Mais il a toujours eu l’habitude d’avoir des chiffres du genre costaud. Mais aux Grizzlies, c’est son attitude qui a changé. Il est plus impliqué. Ce qui se traduit par une meilleure présence défensive mais surtout par une plus grande vivacité qui fait qu’il prend plus rapidement de bonnes décisions. Quand la prise à deux arrive sur lui, il trouve plus facilement ses coéquipiers. Par contre, il ne donne toujours pas sa part au chien et il n’hésite pas à prendre le jeu à son compte. Il a notamment sorti de gros matchs contre des cadors comme Denver, Dallas ou Cleveland pour des victoires de prestige. Ce qui contraste fatalement avec Pau Gasol, souvent critiqué pour ne pas savoir élever son niveau de jeu dans les moments importants (et qui n’a véritablement franchi un pallier dans ce secteur-là que récemment).

Bien sûr, derrière ça il y a la maestria de Lionel Hollins, qui dirige cet équipage avec talent. Ce n’était pas évident pour ce coach de fédérer ses troupes avec le fiasco Allen Iverson en début de saison. Mais il a réussit un vrai tour de force et peu auraient misé sur une telle réussite. C’est un des paramètres baignant dans l’incertitude du sport : le départ de Pau Gasol n’a pas induit mécaniquement la situation dans laquelle se trouve Memphis actuellement ; mais il y a contribué. Il a permis d’enclencher une nouvelle dynamique, alors que l’équipe était moribonde depuis quelques saisons. Les critiques émanant contre le fameux trade pointaient que celui aboutissant au transfert de Kevin Garnett était plus réglo, puisque les Celtics se séparaient d’un grand espoir en la personne d’Al Jefferson. Certes, il y a eu des blessures, là encore témoignages de la part d’incertitude inhérente, qui ont mis des bâtons dans les roues des dirigeants. Mais des rumeurs de transfert naissent et certaines personnes pointent un éventuel manque de complémentarité entre Al Jefferson et Kevin Love. Les Wolves ont maquillé leurs problèmes avec un jeune prometteur, mais ils n’ont fait finalement que déplacer les problèmes qu’ils avaient depuis quelques années avec Kevin Garnett. Les Grizzlies ont fait table rase pour rebâtir sur quelque chose de plus solide. Bien sûr qu’il leur manque quelques éléments pour être crédibles au plus haut niveau, comme pourquoi pas un vétéran à la mène pour solidifier le tout ou encore un artilleur pour écarter les défenses (Memphis a l’une des adresses à 3pts les plus basses de la ligue). Mais il n’empêche que l’on regarde maintenant cette franchise avec curiosité voire un certain enthousiasme. Les fans peuvent se réjouir, Memphis est au jour d’aujourd’hui une place qui compte en NBA.

13 octobre 2009

Preview Memphis Grizzlies 2009/2010

Histoire de vous tenir en haleine d’ici la reprise de la saison NBA, 24 secondes vous propose un tour d’horizon des différentes franchises de la ligue. Et ce, de manière totalement aléatoire ; une seule solution pour ne pas rater l'équipe dont vous êtes fan : nous suivre tous les deux jours jusqu'à la reprise de la saison ! On sait, on est fourbes.

Comment évoquer Memphis sans introduire par son incroyable passé musical. Berceau du blues et ponctué de nombreux clubs réputés tout le long de la mythique Beale Street, Memphis a également abrité Graceland, la fabuleuse demeure où Elvis Presley a finit ses jours. Malheureusement, avec ses Grizzlies, Memphis n’est pas prêt de voir des lendemains qui chantent.

Y a-t-il un pilote dans l’avion ?
A la fin de la saison dernière, Memphis apparaissait comme une brave équipe de jeunes pousses. L’effectif comportait des joueurs comme Rudy Gay, Marc Gasol ou OJ Mayo. Le premier est un aillier athlétique dans la pure tradition de la NBA, le second est un intérieur besogneux et talentueux et enfin le troisième est une véritable pépite avec notamment un arsenal offensif dévastateur. De plus, Memphis a utilisé son second choix de draft pour jeter son dévolu sur Hasheem Thabeet. Ce grand gaillard manque peut-être de fondamentaux, mais sa belle envergure rend de fiers services en défense. Un choix qui se pose dans un soucis de complémentarité. Et tant bien même l’on ne se dirigeait pas vers une sucess story à la Blazers, il se dessinait une équipe prête à faire quelques étincelles et à tenir un rang décent dans cette conférence Ouest.


Et puis, il y a les recrutements estivaux. Zach Randolf et Allen Iverson. Deux cas assez massifs, dont le recrutement est lourd. Lourd en termes d’impact sur l’équipe. Loin de moi l’envie de dire, comme on le lit trop souvent, que ce sont deux « cancers » pour leurs franchises. Juste que ce sont des joueurs qui ont besoin d’une organisation assez centrée pour pouvoir s’exprimer. Les Memphis Grizzlies n’apparaissent pas configurés pour les accueillir ; ne serait-ce qu’au niveau du volume de shoots, déjà bien pris par les besoins d’expérimentations des jeunes cités plus haut.


On peut voir des avantages à ces signatures : financières tout d’abord ; ou encore peut-être éducatrices. Car les jeunes Grizllies seront dans l’ombre des deux mastodontes, il devront alors faire quelques tâches ingrates, bosser leur rentabilité et s’arracher pour consommer quelques miettes de plus. Et puis l’on pourra dire ce que l’on veut de ces deux cas, mais ce sont quand même de sacrés passionnés, qui vont sans doute essayer de galvaniser leurs troupes. Ils ont de plus un énorme talent et l’on doit pas mal apprendre à leurs côtés. Bref, même si cela risque de s’avérer pénible et laborieux, les apports futurs de cette saison pourraient bien se révéler meilleurs qu’une saison « tranquille ». Encore faut-il que tout ceci n’explose pas en cours de route…

Le Monsieur Plus :
Marc Gasol : le frère cadet a lui aussi du basket plein les mains. Il devrait pouvoir s’en servir pour tirer son épingle du jeu dans la raquette des Memphis Grizzlies. En attaque, il pourra apporter du liant au jeu et bien marquer l’alternance intérieur-extérieur quand le ballon passera par lui. En défense, sa pugnacité devrait dynamiser une peinture où un duo Randolf-Thabeet est physique mais peut-être pas assez agressif. Pour juger de la saison de Marc Gasol, il risque de bien falloir savoir lire entre les lignes.

Ce que l’on aimerait voir :
-OJ Mayo avoir encore de la place pour exprimer son énorme talent offensif
-la femme de Marko Jaric assister aux matchs
-Iverson redevenir un pur leader, et Randolf se mettre au diapason
-The Answer affoler les compteurs, pour le plaisir des fans.

15 septembre 2009

Iverson sur la route de Memphis

Le feuilleton aura duré tout l’été. Allen Iverson cherchait une terre d’exil pour se rappeler au bon souvenir des fans de NBA. Après un jeu de pistes médiatique, c’est finalement à Memphis qu’il ira poser ses valises.

L’an prochain, Allen Iverson sera donc un Grizzlie. Un sacré coup médiatique pour la franchise, dont la seule star par le passé a été Pau Gasol, qui était de quoi intéresser les amateurs mais pas de quoi faire se lever les foules. On peut même se mettre à rêver de voir des jeunes fans porter dans la rue un jersey des Griz’, hors de Memphis. En plus, cela nous donne l’occasion de consacrer un billet entier sur cette franchise, en plus de notre prochaine preview.

Et pourtant, médiatiquement, ce choix est loin d’être le plus glamour. Tellement que nous sommes rapidement passé dessus lors d’un précédent billet. A peine le temps de dire que c’était une idée ridicule sur le plan sportif. Mais nous voilà donc devant les faits accomplis, ce qui va nous pousser à creuser d’avantage l’analyse. Mais l’on a beau retourner le problème dans tous les sens, le bien fondé de cette signature nous échappe.


Même d’un point de vue médiatique, ce qui semble être la première motivation de cette transaction, le vase est plus qu’à demi-vide. Allen Iverson aux Memphis Grizzlies, ça sonne quand même footeux pré-retraité en exil au Qatar. Oui, c’est un grand nom, oui il a toujours cette vista et son aura ; mais y aura-t-il un impact majeur dans un marché plutôt moribond ? Memphis ne pourra pas créer un engouement au niveau national et la présence d’Iverson dans l’équipe deviendrait presque anecdotique. Alors qu’un marché plus porteur (New York, Miami) aurait été plus à même de faire vibrer les foules au rythme des prestations du génial lutin, quelque soit le bilan comptable.

Mais soit, Allen Iverson est déterminé à prouver sur le terrain ce dont il est capable ; peu importe finalement le glamour de sa nouvelle franchise. Ca va au-delà de la simple image, c’est une véritable rédemption qui le motive. Et c’est là que les ennuis commencent. Car si l’opération marketing est discutable, les perspectives sportives s’annoncent clairement mauvaises. Allen Iverson n’est pas ici pour se laisser vivre ; les derniers mois l’ont beaucoup marqué et il prend personnellement les remarques sceptiques sur sa valeur réelle.


Cela fait caisse de résonnance avec sa volonté affichée d’être dans le 5 majeur et de ne pas changer de moule sur simple demande de son entraîneur. Allen Iverson semble plus que jamais obnubilé par « faire du Iverson », ce qui n’aurait pas été une mauvaise chose en soi, à considérer qu’il ait pu signer dans une équipe faite pour l’accueillir. Car même si la complémentarité d’une association entre Iverson et Mayo/Conley/Jaric peut se révéler pertinente sur certaines séquences, nul doute qu’ils devraient finir par se marcher sur les pieds. Car Iverson n’est pas du genre à faire dans la mesure, et ces déclarations pleines de flamme et de détermination tendent à indiquer que ça ne sera pas cette année qu’il va jouer avec le frein. Des OJ Mayo, des Rudy Gay voire des Marc Gasol risquent de ne pas avoir l’opportunité de s’épanouir totalement ; alors qu’au contraire, l’on devrait gaver ces talents de schémas dédiés pour leur faire engranger un maximum d’expérience. Avec un contrat d’un an, Iverson devrait avoir plutôt le rôle d’éducateur. Nul doute qu’il sera un modèle d’engagement pour ses coéquipiers, mais saura-t-il les mettre dans les meilleures dispositions sur le terrain ? Cela n’a jamais été son jeu, où il excelle avec une équipe bâtie autour de lui. Au final, l’expérience pourrait même être vécue comme une bride par ces jeunes joueurs et non comme une incitation au dépassement. D’autant plus quand il y a déjà un gaillard comme Zach Randolf, pas du genre à laisser sa part au chien.

Mais Allen Iverson reste ce grand joueur que l’on connait. Cela aurait été une grande perte de le voir tirer sa révérence si tôt. Autant le voir dans ces conditions que de ne pas le voir du tout. Plus de la moitié du roster actuel des Griz a moins d’une année NBA dans les jambes ; et pour ceux-là en particulier, jouer aux côtés de The Answer sera quand même une sacrée dose d’adrénaline. Les fans de Memphis vont voir jouer sous leurs couleurs l’un des arrières les plus prolifiques de tous les temps. Alors, certes, l’on a passé tous les précédents paragraphes à dire que ce transfert est rationnellement infondé. Mais la NBA, et le sport en général, se nourrit de ces affects pour se sublimer. Donc pourquoi pas, l’impact sur la communauté pourrait bien se révéler plutôt positif.