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26 octobre 2010

Le choc des trios

Ca y'est, ça commence ! Enfin la saison reprend, et avec elle le premier vrai gros choc dont on rêve depuis des semaines. Coup marketing de la ligue... Hasard du calendrier, les Heats de Miami vont connaître les joie de commencer la saison sous le feu des projecteurs contre le tenant du titre à l'Est.

Les fans s'en pourlèchent déjà les babines, les supporters des deux camps oscillent entre hâte et stress, les joueurs n'ont qu'une envie : en débattre sur le terrain ! Qui sera la meilleure équipe de la conférence Est ? Qui dominera l'autre et prendra un ascendant dès le premier match dans ce qui ressemble à duel de titan, et surtout à un combat entre deux trios très différents ?


18 juillet 2010

Erik Spoelstra a la pression

Si il y a 1 en NBA qu’on imagine bien sur un siège éjectable, c’st bien le coach des Miami Heat. Car malgré toute la bonne volonté du monde, le Biggest Three de Miami aura besoin d’un bon entraîneur pour les guider vers les sommets.

Le trident magique suscite beaucoup d’interrogations sur sa faculté à jouer en équipe sur toute une saison et à réussir à se répartir efficacement les tâches pour aller très loin en PlayOffs. Celui qui aura la charge d’orchestrer le plus enthousiasmant trio de stars jamais vu en NBA s’appelle Erik Spoelstra et n'a que 39 ans.

En effet, c’est plutôt jeune pour un head coach en NBA. Il est d’ailleurs le second plus jeune de la ligue actuellement. C’est à peine plus vieux que Zydrunas Ilgauskas, 35 ans, qui vient de signer au Heat. Erik Spoelstra est confronté à un vrai dilemme. Il devra être le pote un peu plus âgé, car il ne faut pas oublier que l’amitié que se portent les Tres Amigos a visiblement été décisive au moment de signer. Il devra aussi être l’aîné, presque le sage, derrière lequel tous vont devoir adhérer au projet sportif.

Car il y a un beau projet sportif du côté de Miami. Un projet qui a su convaincre la plus grande promotion de free agents de l’histoire. Un projet qui a été mené par Pat Riley, fort de toute sa stature. Et quand c’est une telle légende qui vous fait adhérer à un tel programme, vous pourriez vous sentir déçu que ça ne soit «que » Erik Spoelstra qui est censé vous mener.

D’ailleurs, à l’époque des rumeurs et déclarations en pagaille, on se souvient que Pat Riley a dit qu’il allait tout mettre en œuvre pour accueillir Lebron James. Rajoutant explicitement que si King James voulait qu’il revienne aux affaires, il sera sur le banc pour le coacher.

Et évidemment, cette situation n’est pas sans nous rappeler 2006. Après 1 an et demi à la tête d’une équipe menée par Dwyane Wade et Shaquille O’Neal, Stan Van Gundy s’en va pour des raisons personnelles. Pat Riley s’empresse de reprendre les rennes de l’équipe. Personne n’est dupe. Tout le monde voit bien que ça a pas mal discuté en coulisse et que, malgré le bon départ du Heat, SvG est prié de s’en aller. Après un été assez chargé en transactions (arrivées de Gary Payton, James Posey, Jason Williams et Antoine Walker, notamment), Pat Riley veut être sûr que son équipe arrivera à garder la tête froide au moment d’aller glaner le titre.

A l’époque, un tel retour de Pat Riley était moins évident qu’aujourd’hui. Déjà parce que Stan van Gundy était déjà un coach très reconnu et parce qu’on sentait moins de «pression » autour d’un retour de Pat Riley aux affaires. On se dit qu’il serait bien moins choquant que le jeune Erik Spoelstra saute.


Surtout que Pat Riley construit cette équipe. Avec sans doute des idées précises derrière la tête. Par exemple, on voit arriver du côté de Miami une bonne dose de larges intérieurs : Zydrunas Ilgauskas, Jamal Magloire, Joel Anthony et le rookie Dexter Pittman sont tous voué à se succéder au poste de pivot, tant le poste 4 semble blindé par les présences de Chris Bosh et Udonis Haslem. Une telle force de frappe sous la raquette, c’est une signature de Pat Riley. Preuve que quand il bâti une équipe, il n’oublie pas ses réflexes de coach. Donc que la prise de fonction en tant que coach n’en sera que plus facile voire naturelle.

Erik Spoelstra en a bien conscience. Il était dans l’organisation du Heat quand Pat Riley a repris les commandes du banc. Il sait aussi que cette équipe hors-normes suscite des attentes extraordinaires. Et que faire se conjuguer efficacement trois énormes talents comme ceux-là, ça requiert un doigté énorme. Il ressent une pression médiatique comme très peu de coach avant lui. Aucun n’avait aussi peu d’expérience du head coaching que lui. Sur toutes les photos de présentations officielles, on voit un Erik Spoelstra très crispé, comme en témoignent de très nombreux rictus nerveux.

D’ailleurs, ces trois-là se sont quand même réunis par choix. Loin d’une tentative en désespoir de cause (cf Gary Payton et Karl Malone aux Lakers ?) ou même d’un trade. Ces gars voulaient jouer ensembles à la base. Ca ne s’est d’ailleurs pas trop mal passé en All-Star Games ou Team USA. Si Miami piétine, tous les regards vont vite se poser sur le coach.

Mais Lebron James a dit qu’il était prêt à aller au combat sous les ordres du philippin. Certes, il l’a dit vite. Mais bon, il faut dire aussi qu’il a du se coltiner Mike Brown pendant de nombreuses années, donc un coach aussi prometteur qu’Erik Spoelstra, ça doit séduire. Et puis, il a en entendu le plus grand bien de la part de Dwyane Wade.

Car en deux ans à la tête d’un Heat en reconstruction, Erik Spoelstra a mené son équipe en PlayOffs. Malheureusement à chaque fois éliminé au premier tour. 52.4% et même 57.3% de victoires en saison sur les deux derniers exercices. Regardez un peu le roster que se payait le heat et vous verrez qu’on peut aisément dire que le coach a tiré quasiment le maximum de l’équipe qu’il avait à disposition.


On a pu également voir qu’il avait bâti une certaine relation avec D-Wade. Oh, pas de grand complicité non plus, mais suffisamment pour maintenir le leader impliqué et impliquant ses équipiers. Dwyane Wade semble avoir le plus grand respect pour son coach et c’est un premier grand pas pour susciter l’adhésion de tout un nouveau roster. Dans cette optique, Erik Spoelstra va rencontrer tous les nouveaux membres du Heat cet été, individuellement, pour bâtir sur des bases relationnelles fortes.

Pat Riley avait également parlé de cet aspect lors de l’intronisation du philippin comme nouveau head coach. Les joueurs allaient se donner à 100% pour Erik Spoelstra car ils le respecteront beaucoup. De ce qu’on a vu sur les deux dernières saisons, c’est en effet une affaire qui roule. Reste bien évidemment à voir si les trois compères sont parfaitement amis ou s’il va falloir gérer une guerre des égos.

En tous cas, les quelques exemples des années passées laissent augurer du meilleur pour un vestiaire version Spoelstra. Par exemple, sa gestion du cas Michael Beasley. Sans vouloir brimer un gamin qui avait l’air à la base pas forcement à l’aise dans ses baskets, Erik Spoelstra a mis des conditions et s’est servi du temps de jeu comme d’une carotte pour le forcer à s’impliquer en défense. Dur mais juste, en très bon éducateur. Avec les quelques interrogations que peut susciter le Biggest Three sur le plan défensif, ce genre d’exemples pourrait rassurer les fans de Miami.

Autre chose pour laquelle Erik Spoelstra a été salué lors de son arrivée à la tête du banc du Heat, c’est sa maîtrise des nouvelles technologies. En tant qu’assistant coach, il avait compilé de nombreuses vidéos de manière ludique. Cela rendait les briefings plus participatifs, plus vivants, plus intéressants pour les joueurs.

Il apporte clairement un nouveau souffle, de nouvelles idées et des nouvelles méthodes. Peut-être est-il plus adapté pour diriger une équipe bâtie après une free agency où les NTIC (Internet –dont Tweeter,…) ont été omniprésentes.

Bref, comme beaucoup de choses avec le Heat, on ne peut pas en dire plus avant le début des hostilités. La chose que l’on peut dire, comme avec beaucoup de choses avec le Heat, c’est qu’Erik Spoelstra a les cartes en main pour faire un coup fumant. On espère juste qu’il aura le temps de mettre en œuvre son projet, avant que la pression (des médias comme de son organisation) ne devienne trop pressante.

D'autant plus que l'ombre de Doc Rivers se fait très pressante. Il a montré à Boston qu'il était un génial meneur d'hommes et qu'après avoir mis le Big Three de Boston sur orbite, la suite logique serait de prendre en main celui de Miami. Surtout que dès cet été, Doc Rivers a clairement fait savoir sa volonté d'aller du côté de la Floride, pour voir grandir ses gamins dans les rangs universitaires d'Orlando. Nota bene : il ne reste plus qu'un an de contrat qui lie Doc Rivers à Boston. Ce qui nous fait penser qu'Erik Spoelstra doit faire ces preuves dès cette année.

Mais bon, ma maman l’adore, alors…

12 juillet 2010

Rendons à Riley ce qui lui appartient

Après un petit week-end off, 24 secondes revient de plus belle. Que c’est-il passé ces dernières 48 h ? Quelques trades sur lesquels nous n’allons pas tarder à revenir, et surtout une déferlante médiatique concernant L’évènement en NBA : le Biggest Three en place du côté de Miami.

Cette association unique est le chef d’œuvre de Pat Riley. C’est le résultat de 3 ans de travail du génial directeur du Heat et de toute son équipe. Un travail de longue haleine mais mené de main de maître. Ce qui nous fait dire, avec le recul, que l’annonce de The Decision n’était pas si surprenante que cela.

L’apothéose a donc eu lieu vendredi dernier, pour Pat Riley. Assis dans les loges en compagnie de sa femme et du propriétaire du Heat, il assiste à la présentation officielle du plus beau trio que la NBA n’ait jamais associé. Des milliers de fans sont venus acclamer The Biggest Three, dans une ambiance aussi hystérique que pour un concert de rock.


Pat Riley a mené les Knicks lors des plus belles heures de la franchise, en organisant un jeu particulièrement rugueux autour de Patrick Ewing. Il a aussi été à la tête de l’escouade qui a ramené l’unique titre du palmarès du Heat de Miami. C’est également Mr.Showtime, le coach qui a su mettre Magic Johnson dans les conditions optimales. L’impact de Pat Riley a donc été énorme sur la ligue. Il l’est d’autant plus depuis vendredi. Coach et manager d’exception, Pat Riley s’est assuré que son nom sera écris en grosses lettres dorées dans la légende de la NBA.

Car ce qui vient d’arriver à Miami, aucun autre dirigeant n’aurait pu le faire. Il a fallu toute la vista de Pat Riley et de son équipe pour mener à bien ce recrutement exceptionnel. Un recrutement commencé il y a de cela plus de 3 ans.

Il y a 3 ans, les Tres Amigos étaient au terme d’un contrat. Sauf que celui-ci les plaçait, lors de l’été 2007, en position de restricted free agents. Ce qui signifiait que leur club d’origine pouvait les garder à la seule condition de matcher la plus grosse offre proposée. A ce moment là, nos trois lascars ont signé une prolongation qui les emmenait jusqu’en 2010.

Ce genre de contrat, vu leurs statuts et leur âge est assez incongru. On pouvait légitimement s’attendre à quelque chose d’un poil plus long. Au moins à la Carmelo Anthony. 3 saisons, dans les circonstances de l’époque, il est vrai que ça peut faire un peu court. Mais à la fois suffisamment long pour que l’on ne sente pas venir le coup de Trafalgar et que les trois clubs de nos Tres Amigos continuèrent leur bonhomme de chemin.

Car les garçons avaient de la suite dans les idées. Cela remonte à 2006, lors du stage commando de Team USA, organisé pour préparer les JOs 2008 en vue de récupérer l’or. Le courant passait bien entre ces 3-là. Tellement qu’ils ont parlé de l’idée de jouer ensemble. Rien de particulièrement concret, mais suffisamment pour qu’ils signent 1 an plus tard le même type de contrat, qui leur permet d’avoir toute la visibilité possible en 2010.


Parmi le staff de Team USA lors de ce camp en 2006, on trouvait Nick Arison. Il s’avère qu’il est le fils du proprio du Heat et a aujourd’hui un rôle important dans la direction de la franchise.

Le front office a eu vent de ce désir commun. Et plutôt que de reconstruire en vol, Miami a tourné carrément la page après le désastre post-championnat. De façon plus subtile que New York, qui balourdait ses meilleurs éléments contre des cacahuètes. De cette façon, Miami restait quand même sportivement crédible.

Avec de l’argent à disposition et un cadre particulièrement accueillant, Pat Riley avait une belle main. Il a décidé d’aller au turn en novembre. Rappelez-vous quand Lebron James avait sorti son baratin à propos du #23, qui ne devrait plus être porté par quiconque. Cette idée est le fruit d’une longue conversation entre Pat Riley, Michael Jordan, Lebron James et Dwayne Wade. Pat Riley a pu juger de son influence sur l’esprit de LBJ. C’était bon.

Le coup fatal vient évidemment lors du speech de présentation, dans la cour royal de Lebron James. Ses 7 bagues, ses 1 151 victoires en saison régulière, sa confiance en lui. Il n’avait rien besoin d’autre. A la rigueur, les études financières faisant les louanges des taxes floridiennes ou encore le discours plein d’émotion d’Alonzo Morning n’étaient pas nécessaires. Car Pat Riley est un homme qui a de grands projets, "think big" comme disent les nord-américains.

Car il aurait été plus sensé de construire solidement autour d'un axe Dwyane Wade - Chris Bosh plutôt que d'inviter Lebron James a la dance qui, sur le papier, pose plus de problèmes au niveau de l'alchimie de jeu qu'il ne propose de solutions. Mais c'est dans la mentalité de Pat Riley d'aller chercher l'exceptionnel. Et il faut bien avouer qu'en terme d'impact, avoir bâti une équipe aussi folle que celle-ci est la chose la plus imposante réalisée par un front office depuis des lustres.


Il s'agit donc là de la consécration de la carrière de Pat Riley. C'est le résultat de tous ses accomplissements. De joueur à dirigeant, il a su saisir la quintessence de tout ce qu'il a réussit dans sa carrière pour mettre à bien son plan. Alors qu'un Jerry Reinsdorf a du batailler avec le fait qu'il avait peut-être précipitamment dissoult la fabuleuse équipe des Bulls qui venait de remporter son second three-peat. Une chose que Dwyane Wade, par exemple, étant natif de Chicago, ne lui a pas pardonné aux moments des négociations.

Dwyane Wade a été sans doute le meilleur promoteur et allié de Pat Riley. C'est là que le bas blesse et que l'on peut penser que toute cette machinerie a flirté avec la limite. En effet, on sait qu'il est interdit pour un dirigeant de franchise de faire des avances à des joueurs sous contrat. Mais Flash a-t-il pu jouer un rôle en amont ? Aurait-il été auprès de ses potes le porte-parole de son patron ?

Après l'officialisation de leur réunion à South Beach, les trois intéressés ne cachent que péniblement qu'ils parlent de cette éventualité depuis "des mois". En 3 ans, ce qui était une idée lancée un peu en l'air a du germer. N'a-t-elle refait surface que la semaine dernière ou sont-ils rentrés dans des discussions plus concrètes entre eux ?


Et donc les fans de la théorie du complot montent au créneau. Et si l'hypothèse de former le Biggest Three était très forte dans leurs esprits avant même la fin de la saison ? Cela mettrait en perspectives beaucoup de chose. Comme par exemple l'engagement très modéré de LBJ lors du Game 5 face à Boston, qui s'est donc révélé être son dernier à la Q Arena en tant que Cavalier.

Outre donc les franchises concernées, ce sont aussi les lésés de la free agency qui se mettent à gueuler. Jouer l'avenir d'une franchise sur un coup de poker comme l'a été cette période estivale n'a de sens que si ces franchises avaient effectivement les moyens d'en convaincre un voire deux. Mark Cuban, jamais avare en sorties médiatiques, est allé jusqu'à demandé une enquête.

Du coup, cette histoire prend une tournure "petits arrangements entre amis". De quoi nous faire encore vibrer avec cette free agency, bien que toutes les signatures importantes vont bientôt toutes être sur papier signé. Une ambiance limite mafieuse, où chacun des amis des trois stars a essayé de se placer pour avoir sa part du butin. Mais le fait est que le seul Parrain crédible dans cette histoire, c'était Pat Riley.

9 juillet 2010

Miami Heat : la guerre des egos a déjà commencé ?

Lors d'une émission TV sans précédent, Lebron James a annoncé du haut de toute sa majesté qu'il avait choisit Miami comme prochaine destination. Il y a tellement à dire. C'est vrai que cette annonce est tellement folle qu'il faut se pincer pour vraiment y croire : les 3 meilleurs joueurs de leur génération (grosso modo, hein) vont jouer dans la même équipe. Situation inédite. Car pour voir autant de superstars réunies sous le même maillot, il faut remonter au trio Jerry West - Elgin Baylor - Wilt Chamberlain aux Lakers, et ces trois-là avaient déjà bien attaqué la trentaine.

The Biggest Three investit Miami. Chacun de ces 3 membres pourraient être le franchise player d'une équipe visant le titre. C'était le cas de Lebron James l'an dernier. Ca aurait très bien pu être le cas de Chris Bosh si ses dirigeants avaient été un peu plus finauds. Idem pour Dwayne Wade avec son front office résolument tourné vers cet été. On a déjà connu des associations des stars. Mais des comme ça, jamais. Mais ce sont les même questions qui reviennent.

On ne va pas vous faire l'historique des "Big Three" et autres pactes de grosses stars (type Four Midable à LAL). Mais comme lors de tout assemblage du type, on se demande si une seule balle sera suffisante pour contenter tout le monde. Les trois ont toujours été le centre de leurs équipes respectives, avec donc un gros volume de shoots et de responsabilités. Et sans être particulièrement gourmand, quand on vous réduit soudainement votre gamelle de deux tiers, vous criez forcement famine.

Certes, par le passé, ces garçons se sont plutôt bien entendus, que cela soit en All-Star Game ou en sélection nationale. Mais là, il ne s'agit pas d'une mission ponctuelle. Il s'agit de leur full-time job, pour sans doute les 3-4 prochaines années à venir. Et vu leur âge, leurs plus belles années et celles qui vont définir leur place dans la hiérarchie des meilleurs joueurs de ce sport.


Évidemment, ils savent que le nombre de championnats sera l'élément déterminant pour essayer de les situer objectivement dans un classement des meilleurs joueurs NBA (bien que cela soit impossible, mais soit). On parle de gamins qui ont grandi avec les 6 titres de Michael Jordan, en écoutant les aînés parler de ces deux franchises mythiques qui se battaient à coup de trophées lors des 80's.

En tant que joueurs, ils ont grandi dans un contexte où l'apport des Scottie Pippen et Dennis Rodman était largement salué. Plus nos neo-Heat ont développé leurs talents, plus la voix de la raison se faisait forte comme quoi on ne pouvait pas gagner un titre tout seul. Qu'il fallait des partenaires de très haut calibre pour pouvoir soulever le trophée O'Brien.

Quitte à jouer avec des bons et à ne pas être le seul basketteur de haut niveau dans l'équipage, autant jouer avec les meilleurs. Ca ne fait qu'augmenter ses chances. D'autant plus que là encore, ils ont été influencé. L'exemple de Kobe & Shaq leur a montré que deux "alpha males" qui ne s'aimaient pas particulièrement pouvaient gagner des titres, et même aller en Finales en les lestant de deux Hall of Famer sur le déclin mais loin d'être des anges dans les vestiaires. Donc, entre 3 potes, ça devrait être jouable, non ? Et même s'ils ont tous les trois le pédigrée de mâles dominants.

Bien entendu, le cas des Celtics se pose en exemple. Particulièrement pour Lebron James, qui s'est fait sortir par deux fois par ces diables verts de la course au titre. On se rappelle alors comment il a semblé perdu et désemparé lors du Game 5 de cette année face aux Celtics, déchainant les critiques (on y reviendra dans un autre billet, sans doute). Mais on a senti un LBJ presque penaud, presque las de devoir tout tenter tout seul pour mettre à mal le collectif des Celtics. Cette série est peut-être un tournant dans l'histoire de la NBA : c'est sans doute à ce moment là que Lebron James s'est convaincu de la nécessité d'un recrutement top niveau pour espérer aller glaner une bague de champion. C'est sans doute le souvenir de cette série qui a permis à Lebron James de donner plus de considération au grandiloquant projet du Heat.


Les Celtics. Le dernier Big Three en date et donc l'exemple pour le Biggest Three. Surtout quand on voit comment cette assemblage estival est devenu une équipe totalement soudée et que la mayonnaise a pris terriblement vite. Tous les trois était en quête de breloque. Leur première.

Et c'est là que l'on peut commencer à voir des failles. L'objectif de cette super-association est d'accumuler les championnats. Certes, mais comment les deux autres vont vivre le fait que Dwayne Wade en a déjà un et donc que son total sera toujours supérieur au leur, tant qu'ils resteront au Heat ? Surtout que cette bague, Flash est allée la chercher. Preuve en est son titre de MVP de la Finale.

Dans l'optique d'une Finale gagnée par le Heat, ce titre de MVP sera très convoité. Ce sera le symbole que c'est celui qui le reçoit qui a mené les deux autres vers la terre promise. Regardez un peu comment, lorsque l'on parle du bilan de Kobe Bryant, l'évocation de ses trois premiers titres est irrémédiablement accompagné du rôle énorme qu'a tenu Shaquille O'Neal dans leur acquisition. En gros, celui qui sera le MVP des Finales sera le Jordan, tandis que les deux autres ne seront "que" des Pippen.

Peuvent-ils ravaler leurs ego pour dépasser tout cela, à la manière des Celtics ? On peut difficilement le penser, tant cette aventure s'était construite via moult concessions, puisque c'était pour eux l'ultime chance d'aller chercher un premier titre de champion. L'esprit d'équipe motivant le Big Three de Boston s'est construit dans l'urgence et le fait qu'ils mettaient tout trois le bilan de leur carrière dans la balance.

Le Biggest Three ? Ils mettent surtout leur image dans la balance. Oh bien sûr, s'ils ne sont pas capables de gagner avec de tels coéquipiers, leur bilan sportif va prendre du plomb dans l'aile. Mais rien ne leur interdit de retenter leur chance plus tard, ailleurs. Les Celtics n'avaient pas le choix : ils devaient gagner dès l'année où le Big Three s'est constitué; ils ont ensuite surfé sur la dynamique crée grâce à leur titre pour continuer à rester soudés.


Et ne croyez pas que ça va être la mega-fiesta au W toutes les semaines. Chris Bosh a bien senti qu'il ne devait pas trop s'éloigner des deux autres pour vraiment exister médiatiquement. Mais va-t-il supporter, à terme, d'être clairement le 3eme larron ? On rappellera qu'il n'avait pas hésité à déclarer en interview qu'il n'était pas un lieutenant, mais bien le genre de mecs autour duquel on peut bâtir une équipe solide. Et puis, à moins d'une autre signature démentielle, le Heat sera court au poste de pivot. Et l'on voit gros comme une maison que Chris Bosh devra, au moins pour de longues rotations, assurer le poste 5, alors qu'avoir une place durable au poste 4 était visiblement l'une de ses priorités estivales. Il devra aller se frotter durement dans la raquette alors qu'il en a un peu marre après de longs mois à faire cela à Toronto, avec pour collègue Andrea Bargnani. Peut-être que de devoir assurer de longues minutes en pivot, Chris Bosh trouvera qu'il fait plus de concessions dans le jeu que ces deux camarades; et il pourrait, à un moment ou un autre, le faire savoir.

Revenons à l'émission The Decision. Lebron James annonce royalement qu'il accepte de rejoindre le Heat, dans un show d' 1h qui lui est entièrement consacré sur ESPN. Pas d'apparition de ses futurs coéquipiers. L'émssion donnait l'impression que Lebron James décidait, dans sa grande bonté, de venir aider le projet séduisant du Heat. Avec toute cette mise en scène, il a donné l'impression d'être au-dessus de ces deux comparses. Ce qui témoigne de la volonté d'avoir quand même la main. Dans une ville où pourtant, Dwayne Wade est roi puisqu'au Heat depuis quelques temps.

Bref, on est loin d'un trident où aucune tête ne dépasse.

Alors peut-être aussi que ces jeunes hommes se complaisent dans la facilité et les plaisirs faciles de la vie. Remarquez que Miami est déjà un cadre accueillant pour ce genre de mentalité. Peut-être qu'après des années de désillusions sportives, ces trois-là en avaient marre d'être le métronome de leur équipe. Peut-être que Lebron James était sincère dans son ras-le-bol après le fameux Game 5 face aux Celtics. Il l'a exprimé face aux journalistes, disant qu'il pouvait bien se permettre de passer à coté de son match de temps en temps. Peut-être que Chris Bosh sera suffisamment ravi de passer enfin un tour de PO qu'il acceptera que le prix à payer est d'être besogneux la plupart du temps. Peut-être que Dwayne Wade préfère l'ivresse de plusieurs titres faciles plutôt que la satisfaction d'avoir été stellaire lors de son titre de MVP des Finales.

Peut-être que la seule façon pour que cela marche, c'est que Lebron James, Dwayne Wade et Chris Bosh soient d'immenses talents, mais pas des champions. Finalement, on serait presque déçu que l'alchimie prenne au Heat.

8 juillet 2010

Un transfert suffit à être champion

C'est officiel, Miami sera en finale NBA l'an prochain. Opposés aux Lakers, les Heats devront sortir une série de haut niveau pour remporter un nouveau titre et prouver que leur recrutement était parfait en tout point. Recrutement ? Quel recrutement ? Ah oui, voilà là un petit problème...

Partout sur le net et dans les journaux, c'est la folie. La signature de Chris Bosh offre la certitude aux Heats de viser les finales NBA sans aucun problème. Personne ne remet en doute que les Heats seront LA force dominante à l'Est et qu'il faudra compter sur eux en juin prochain.

17 avril 2010

Boston sera en danger

Suite de notre tour d'horizon des playoffs à venir, nous nous intéressons à la série la plus disputée (sur le papier) de la conférence Est. Logiquement, il s'agit de la série opposant l'équipe placée 4ème à celle classée 5ème et donc la plus serrée en terme de classement. Mais c'est surtout une opposition entre deux équipes qui ont une trajectoire diamétralement opposée.

Pourtant, peu donnaient cher de la peau de la bande à Wade après une saison catastrophique il y'a deux ans. Mais Miami a su rebondir l'an dernier et se trouve à nouveau dans la position du 5ème de conférence, et face à une équipe des Celtics qui sur le papier a tout d'une armada invincible. Sur le papier...

9 octobre 2009

Preview Miami Heats 2009/2010


Histoire de vous tenir en haleine d’ici la reprise de la saison NBA, 24 secondes vous propose un tour d’horizon des différentes franchises de la ligue. Et ce, de manière totalement aléatoire ; une seule solution pour ne pas rater l'équipe dont vous êtes fan : nous suivre tous les deux jours jusqu'à la reprise de la saison ! On sait, on est fourbes.

On a pris l'habitude de vous parler des Heats, mais principalement pour leur équipe de danseuse. Aujourd'hui, c'est l'équipe de basket qui nous intéresse beaucoup plus. Une équipe des Heat championne NBA 2005/2006 et qui pourtant a depuis perdu son lustre. Dwyane Wade est l'un des meilleurs joueurs de la ligue, mais arrivera t-il cette saison à mener à nouveau les Heats vers les sommets ?


L'association Wade-Shaq n'aura finalement été que de courte durée. 4 saisons où mis à part leur titre NBA, les blessures auront eu raison de cette équipe si prometteuse. Alors forcément, il a fallu tourner la page. Les Heats ont lâchés hipoposhaq et on du se tourner vers l'avenir. Mais sans intérieur dominant, dur de faire quelque chose. Et c'est ainsi que Jermaine O'Neal a rejoint Wade comme deuxième vedette de l'équipe. Une vedette qui n'a malheureusement pas eu l'occasion de montrer son véritable niveau dans sa nouvelle équipe, puisqu'il n'aurai joué que 27 matchs la saison dernière pour seulement 13pts de moyenne. Et cette saison semble confirmer sa fragilité puisqu'il a raté le premier match de la pré saison pour cause de blessure.


Alors les Heats ont-ils de quoi assurer en l'absence de Jermaine O'Neal ? Son remplaçant au poste de pivot, Jamaal Magloire n'est clairement plus à la hauteur de ses meilleures années. Au poste 4 Michael Beasley a fait une bonne saison rookie mais peine à confirmer son statut de numéro 2 de la draft. Pas un titulaire indiscutable et une grosse marge de progression. Il pourrait dominer la raquette malgré sa taille moyenne (2m08). Son concurrent n'est autre qu'Udonis Haslem solide mais pas particulièrement talentué. Il assure sa place, mais les Heats recherchent un remplaçant possible.

Bien sûr, Wade est une des forces majeures de la NBA, il est un joueur très complet, bon shooteur mais surtout capable de battre n'importe qui en un contre un et de rentrer les tirs les plus improbables. Ses capacités athlétiques en font un athlète formidable et surtout un formidable showman. Il mérite assurément d'être sérieusement entouré, surtout qu'il sera agent libre l'an prochain. Au rythme où vont les choses il aura sûrement des envies de départ dans un club où il serait mieux entourer, et nombreux sont ceux qui aimeraient le récupérer.

Et comme toute équipe de bas de tableau, les Heats ont du compter sur la draft. Mais avec des tours qui ont été échangés pour récupérer certains joueurs dans le passé, pas moyen d'avoir un tirage du premier tour. Et forcément, il ne reste plus que quelques miettes. Un meneur, Patrick Beverley, honnête mais pas spécialement talentueux. Pas de quoi espérer pour l'avenir...

Alors côté trades, les Heats ont semblés aussi assez timides et n'ont recrutés que Quentin Richardson en échange... d'un pivot (certes, Mark Blount est mauvais mais tout de même). Alors oui Richardson n'est pas mauvais mais ce n'est qu'un bon joueur de complément. Un joueur de plus pour apporter en attaque mais pas une foudre de guerre ni un grand défenseur. Un recrutement décevant et qui manque sérieusement de vision d'avenir, et surtout qui fait réfléchir : avec quoi Miami espère garder Wade ?

Le facteur X

Michael Beasley

Numéro 2 de la draft, forcément ça met la pression. Beasley a été auteur d'une jolie saison. Pas au niveau de Derrick Rose ou aussi surprenant que OJ Mayo, et surtout peu d'influence sur le jeu de son équipe. Beasley va devoir s'imposer comme l'ailier fort titulaire des Heats et assumer la pression qui pèse sur ses épaules. Il a le potentiel pour, encore faut-il que le mental suive !

Les actions que l'on veut voir

- Wade marquer un panier en total déséquilibre après un salto arrière et trois fautes sur ses bras

- O'neal suivre le chemin de son homonyme au sein de l'équipe

- Beasley assumer son statut et cartonner

- Les Heats tout faire pour garder Wade

- Toutes les autres équipes faire des offres mirobolantes pour le prodige floridien

18 septembre 2009

Tim Hardaway honoré

Le retrait du maillot d'un joueur NBA est toujours une cérémonie pleine d'émotions, une récompense pour une carrière pleine de talents et de dévouement pour une équipe, et une manière de se rappeler de joueurs qui ont pris leur retraite quelques années auparavant, mais qu'on ne voudrait pas oublier.

Les Miami Heats ont annoncés leur intention de retirer le maillot de Tim Hardaway lors d'une cérémonie en début de saison. Un bel hommage pour l'ex all star qui a maintenant pris sa retraite depuis plus de 6 ans. Si il a joué plus longtemps pour les Warriors que pour les Heats, il s'est bel et bien inscrit dans leur légende...


Tim Hardaway a commencé sa carrière NBA en 1989. Drafté par les Golden State Warriors il s'intègre très vite dans leur jeu, et fait partie du "Big Three" local, avec Chris Mullin et Mitch Richmond. Un trio redoutable et complémentaire : Hardaway pour passer la balle, Mullin pour le shoot extérieur et Richmond pour sa capacité à aller dunker sur la tête de n'importe qui. C'est là qu'il a pu faire admirer au monde entier son talent pour le cross-over, en étant l'un des pionniers à casser les chevilles de ses adversaires en deux dribbles.

Après 7 ans de bon et loyaux services, il quitte les Warriors pour les Heats. C'est là qu'il entrera dans le coeur des fans de la franchise en rejoignant Alonzo Mourning pour ce qui allait être les plus belles années des Heats. Si les deux compères n'ont jamais atteint les finales NBA, ils auront été une fois en finale de conférence, battus par les Bulls de Jordan. Ils auront surtout fait naître la rivalité avec les Knicks, en les rencontrant 4 années consécutives en playoffs, pour 3 éliminations, souvent dans des séries houleuses avec des joueurs suspendus.


La saison 96-97 sera la meilleure pour lui sur le plan des performances : nommé dans la All-NBA First Team, il sera l'un des prétendants malheureux au titre de MVP. L'un des meilleurs shooteurs de la ligue, et l'un de ses meilleurs passeurs. En 91 il deviendra le septième joueur seulement de l'histoire à accomplir une saison à plus de 20 points et 10 passes. Il détient aussi un autre record beaucoup moins glorieux : celui de la pire performance au shoot de l'histoire, avec un 0/17 en 1991.

Mais l'âge venant petit à petit détériorer son jeu, il finira sa carrière avec des piges à Dallas, Denver (où il se distinguera en envoyant un écran de télé sur le terrain), et les Pacers. Sans grand succès, il décidera de prendre sa retraite et de devenir consultant. Il s'est investit dans des franchises ABA et CBA, mais ses problèmes personnels (il a notamment annoncé publiquement son homophobie et a été licencié de son club) ou des problèmes économiques (faillit de son club ABA) ne lui ont pas permis de continuer sur cette voie.


Alors on peut comprendre que les Heats aient voulus l'honorer. Même si il n'y a pas passé l'essentiel de sa carrière, c'est là que ses performances ont été les plus remarquables. Et puis, Miami peut parfois être originale quand aux maillots retirés : celui d'un certain Michael Jordan est notamment suspendu au plafond de la salle des Heats, Pat Riley ayant décrété qu'aucun joueur de sa franchise n'avait le droit de porter le numéro d'une telle légende, faisant des Heats la seule équipe à avoir retiré le maillot d'un joueur d'une autre équipe. Hardaway ira rejoindre son ex-coéquipier Alonzo Mourning en tant que 2ème maillot du club retiré. La cérémonie aura lieu le 28 octobre, juste avant le match contre l'équipe qui l'aura tant privé de bonheur : les Knicks de New York. Un dernier clin d'oeil du destin ?