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12 avril 2010

Noah : le joueur indispensable des Bulls

L'actualité la plus brûlante en NBA ne concerne pas les top-spot de chaque conférence, mais bien les dernières places qualificatives pour les playoffs. A l'Ouest, trois équipes (Oklahoma City, San Antonio et Portland) sont à égalité à deux matchs de la fin de saison. Côté Est, le 8ème et dernier strapontin pour les playoffs se dispute entre Chicago et Toronto comme je vous en ai parlé dans mon dernier article. Cette nuit LE match a eu lieu. Et Noah a montré qu'avec lui, Chicago est une toute autre équipe.

Ce duel entre ces deux équipes attire en ce moment toute l'attention des médias, et la France espère pouvoir voir à nouveau Joakim Noah en playoffs, là où il s'était révélé pour sa première participation à l'après-saison NBA. Le français est actuellement l'un des joueurs les plus en vue de son équipe, et cette course effrénée aux playoffs a permis de révéler une statistique des plus intéressante.

On le sait, les américains sont friands des statistiques les plus étranges. Capables de vous dire qu'une équipe gagne 64% de ses matchs quand son meneur est entre 2,8 et 3,6 passes tout en ayant eu trois matchs les 8 derniers jours et en ayant fait moins de 4h de vol pour venir jouer à l'extérieur au mois de décembre. Mais certaines fois, certaines statistiques sont assez éloquentes. Notamment celle-ci : 0-10.


Et là, je vous intrigue ! 0-10 correspond à une très belle série qu'ont connu les Bulls. Dix matchs sans victoire. Et à quoi a t-elle correspondu ? A l'absence de Joakim Noah. Des Bulls incapable de gagner sans leur intérieur. Alors que Brad Miller faisait l'intérim et que Taj Gibson s'est petit à petit révélé en tant qu'ailier fort, les Bulls ont été incapables de gagner sans leur frenchie. Certes, cette blessure a été combiné à l'absence de Rose, Deng ou Hinrich parfois pour diverses raisons (le dernier n'a pas été blessé mais suspendu). Mais Noah est devenu en l'espace de trois saisons l'un des joueurs majeurs de cette équipe.

On ne dit pas des Bulls que c'est Derrick Rose qui les porte sur ses épaules. Il partage le leadership. Noah est plus un travailleur de l'ombre, mais il a encore réussi à étoffer son jeu. Infatigable au rebond, capable de rentrer ses shoots, altruiste et intelligent (il a signé 7 passes décisives cette nuit). Si c'est Derrick Rose qui illustre la victoire des Bulls sur le site de la NBA, c'est bien la performance de Noah qui est mise en valeur.


Un message sur le tableau du vestiaire de Chicago : "How bad do we want it?". A quel point voulaient-ils cette victoire ? Sûrement plus que des Raptors diminués par l'absence de Bosh. Si Turkoglu était de retour (et quel retour : 6 points et... 19 rebonds, soit autant que Noah), le collectif des Bulls a fait le boulot. Et Noah a surnagé. 18 points, 19 rebonds et 7 passes décisives. Pas loin d'un splendide triple-double.

Il reste maintenant deux matchs pour les Bulls. Et ils ont leur destin entre les mains. Si ils gagnent tout ils joueront les playoffs. Si ils gagnent autant de match que les Raptors aussi. Mais gare à la défaite, et à cette fin de saison où les mal-classés semblent se rebiffer (New Jersey a fait tomber quelques têtes, Indiana aussi). Un objectif reste encore pour Noah : remonter au classement des rebondeurs dont il a longtemps tenu la tête, mais son retour de blessures lui a coûté quelques places. Il semble en tout cas de retour à son plus haut niveau, prêt à qualifier son équipe in-extremis pour les playoffs. Et à recommencer comme l'an dernier à nous offrir une série palpitante où Cleveland (qui finit la saison en roue libre) va trembler. En face, ce seront les 147 kilos de Shaq et les 2m21 d'Ilgauskas. Du lourd. Mais contre Cleveland cette saison, Noah tourne à 10 points, 12 rebonds et 2 contres. Et les Bulls ont fait 2-2 contre la bande à Lebron. Ça promet...

8 avril 2010

Chicago / Toronto : le dernier duel

Alors que la saison touche à sa fin et que presque toutes les équipes accédant aux playoffs sont connues, une toute dernière interrogation subsiste du côté de la conférence Est. Il reste moins de 5 matchs à jouer pour toutes les équipes, mais deux d'entre elles vont jouer ces matchs avec leur vie en jeu, et avec surtout un match décisif en vue dimanche prochain.

Car si la plupart des équipes luttent encore pour grapiller une ou deux places dans la hiérarchie de leur conférence, Chicago et Toronto ne sont pas encore certains d'y participer. Cela se jouera à peu de choses,et si pour l'instant Toronto a l'avantage, les choses pourraient aller très très vite.


Cette nuit encore, Toronto a grillé l'un de ses rares fusibles. Le peu d'avance qu'ils avaient sur Chicago a fondu (les Bulls ne sont plus que 0.5 match derrière) lors d'une défaite contre Boston à domicile. Une défaite qui a vu s'agrandir la liste des mauvaises nouvelles que subit Toronto depuis une semaine.

La liste des blessés vient en effet de s'allonger cette nuit, puisque Chris Bosh qui ratera au moins une semaine à cause d'une fracture du nez, a vu Hedo Turkoglu le rejoindre à l'infirmerie pour... un coup de tête en plein nez de Tony Allen reçu hier soir. Les Raptors n'ont pas le nez creux en ce moment, et Turkoglu a laissé ses partenaires sans star sur le terrain, entraînant leur défaite.


Une défaite qui fait les affaires de Chicago. Les Bulls ne jouaient pas, mais il leur suffit maintenant d'une victoire pour revenir à hauteur de leurs rivaux. Si ils venaient à finir à égalité, il faudrait les départager grâce notamment aux confrontations directes. Ce qui nous emmène au véritable choc de dimanche : les Raptors vont reçevoir les Bulls dans un match où l'équipe de Chicago ne pourra pas décrocher le "tie-breaker" (car Toronto a gagné les deux premières confrontations) mais pourrait tout simplement passer devant leurs rivaux du moment en ramenant une victoire du Canada.

En attendant, il faudra être solide, et les deux équipes doivent l'emporter à chacun de leurs matchs si ils veulent ne pas avoir à suivre avec anxiété les résultats de leurs adversaires. Toronto a au moins le mérite d'avoir son destin entre ses mains avec une victoire d'avance et aussi un calendrier beaucoup plus accessible.


Mais si la bande à Rose reçoit Cleveland cette nuit, ce sera avec une équipe des Cavs qui n'a plus rien à gagner, car sûre d'avoir l'avantage du terrain tout au long des playoffs. Les Cavs vont-ils fausser le jeu en laissant au repos Lebron ? Les Bulls enchaîneront avec New-Jersey (pas un gros défi) et un jour de repos avant leur "finale", puis finiront la saison en recevant Boston et en allant défier les Bobcats sur leur parquet. Deux équipes qui auront peut être encore des choses à gagner. De leur côté, les Canadiens iront à Atlanta (dur) avant le duel avec Chicago, puis enchaîneront en allant à Detroit et en reçevant New York, une fin de parcours plutôt cool donc.

Cette fin de saison pour les deux équipes promet donc d'être serrée. Calendrier beaucoup plus facile pour Toronto, mais une équipe au complet et de retour en pleine santé pour Chicago qui retrouve notamment un Noah comme on l'a connu plus tôt dans la saison. Je ne me hasarderai pas à faire un pronostic, mais ce final promet d'être plein de suspense pour les deux franchises !

12 mars 2010

Chicago : un festin sans apéritif ?

Hier, les Bulls ont perdu plus qu’un match. En plus d’avoir été sévèrement défait par le Magic d’Orlando, Chicago perd Derrick Rose sur blessure. Le meneur star rejoint Joakim Noah et Luol Deng à l’infirmerie, ce qui entrave les espoirs de post-season des Bulls.

Les pragmatiques n’en tiendront que peu rigueur. Déjà parce que l’écart est loin d’être irrattrapable ; et surtout parce que cet exercice 2009-2010 ne serait que le préambule d’une cavalcade bien plus folle. Là encore, les regards sont tournés vers l’été 2010.

Encore une fois, me direz-vous. Malheureusement, on y va tout droit. Les Bulls sont à un bilan de 31-33 après leur défaite face au Magic et leurs 17 derniers matchs vont être loin d’être tout repos, avec beaucoup d’adversaires qui sont actuellement au dessus des .500 de victoires. Il ne faut pas oublier que les Bulls ont encore relativement beaucoup d’affrontements avec des adversaires directs, pour des matchs en mode quitte ou double, les obligeant au quasi sans-faute. Le tout avec Luol Deng, Joakim Noah et Derrick Rose sur le flanc.

L’absence du frenchy est particulièrement handicapante en défense. En effet, sa combinaison de vivacité et de taille fait cruellement défaut pour colmater dans la peinture des Bulls ; car il faut bien admettre que certains joueurs sont de piètres défenseurs au marquage individuel (Derrick Rose en tête, mais aussi Hakim Warrick ou Brad Miller). Même si ce n’est pas l’unique raison, la blessure de Jooks s’est particulièrement faite sentir au cours de ces derniers matchs, où les Bulls sont passés de la 6eme place en efficacité défensive à la 11eme.


L’attaque, la 27eme de NBA, ne se portera pas bien mieux. Les pertes de Luol Deng et Derrick Rose retirent de l’effectif les deux seuls joueurs capables d’apporter constamment du décalage en un-contre-un. Quand on sait que l’attaque des Bulls a d’ordinaire un manque criant d’adresse longue distance, une difficulté sans nom à aller gratter des points sur la ligne des lancer-francs et doit faire la croix et la bannière pour marquer en prenant position poste bas, forcement on s’attend à une sacrée catastrophe.

Dans un tel climat hostile, Vinny Del Negro n’est pas le coach que vous aimeriez voir sur le banc. Car force est de constater qu’il n’a pas fait ses preuves en 1 an et demi sur le banc ; encore moins depuis que Del Harris n’est plus à ses côtés. Alors certes, les Bulls ont encore deux matchs contre Miami et deux matchs contre Charlotte (dont un lors du season ending), sans oublier les réceptions de Milwaukee et Toronto. Ces quatre équipes sont des concurrents directs pour accrocher la fin du wagon des PO, donc tout peut aller très vite. Mais l’on ne peut pas dire que les Bulls dégagent un karma serein au moment d’aborder une partie cruciale de leur calendrier. L’attitude dominante pendant une bonne partie de la saison était que Chicago allait au pire accrocher le premier tour des PO, ce dont tout le monde se permet de douter aujourd’hui.


Mais Chicago dispose de quelques contrats à expirations, de jeunes talents reconnus, aux postes de meneur et de pivot, souvent difficiles à pourvoir. Après l’échec des Baby Bulls, le front office attend beaucoup de la free agency 2010 pour pouvoir enfin franchir un palier. En outre, Chicago, troisième ville des Etats-Unis, jouit de l’aura intarissable de cette franchise mythique que sont les Bulls.

Cependant, de nombreux couacs viennent gâcher ce son de trompette. Tout d’abord se pose la question de Luol Deng. Censé être le pilier de la renaissance des Bulls, l’on s’était réjouit ici même de son retour en forme en début de saison. Mais voilà, le britannique a encore connu une saison rythmée par les blessures et l’on commence à se demander s’il peut assumer le calendrier fou de la NBA. Une sacrée épine dans le pied, vu que son contrat est relativement imposant. Autre point à relativiser, c’est l’apparat des Bulls. Certes, devenir le maître des lieux après vous-savez-qui, ça a de la gueule. Mais le prochain Mvp des Finales pour les Bulls, surtout si c’est un arrière-ailier, ait condamné à vivre dans l’ombre du maître, ou tout du moins à supporter la comparaison avec le #23. On l’a déjà dit, mais la diffusion de la technologie et de la société de l’information font qu’il est quasi impossible de développer le même côté mystique que celui qui a entouré Jordan.

Donc pour moi, un gars de la trempe de Lebron James ou Dwayne Wade, même si ce dernier est natif de Chicago et est ambassadeur de la nouvelle marque de pompes du maître, sera plus hésitant à venir se frotter à la Légende qu’à tenter l’aventure dans une autre franchise, avec des aînés moins pesants. Le cap space ne leur permet pas non plus de faire des combinaisons audacieuses dans le recrutement et je crains qu’un Amar’e Stoudemire ne soit pas suffisant pour amener les Bulls sur le toit du monde. La seule solution crédible que je vois serait d’arriver à faire signer Chris Bosh. Nous ne développerons pas plus loin ces plans sur la comète pour nous contenter d’attendre pour voir ce qui va vraiment se passer.

Car le plus embêtant avec cette saison et cette possible non-qualification pour les PO, c’est que cela attaque Chicago sur ces certitudes. Et que le passé récent de cette franchise est plein de désillusions. Ce qui n’incite pas à l’optimisme quant au futur de la franchise. Généralement, quand les amuse-gueules ne sont pas fameux, on craint pour le plat principal.

12 décembre 2009

Des Bulls bien déçevants...

Aujourd’hui encore, nous allons nous intéresser à une équipe annoncée très haut et qui déçoit énormément cette saison, il s’agit bien évidemment des Chicago Bulls. Si le beau début de saison de Noah a été énormément couvert par la presse française, dur de ne pas se rendre compte que l ‘équipe de Chicago souffre en ce moment.

Alors à quoi est dû ce début de saison très moyen pour une équipe que l’on attendait encore meilleure que l’an dernier ? Derrick Rose a t-il perdu son talent ? Le départ de Ben Gordon a t-il fait tant de mal que ça ? Décryptage...

Quand on perd l’un de ses joueurs vedettes, c’est sûr que cela créé un décalage dans une équipe au collectif bien rodé. Gordon parti pour Detroit, les Bulls ont comptés sur deux choses pour compenser : tout d’abord l’éclosion de Derrick Rose au plus haut niveau. Le rookie de l’an passé avait éclaboussé de tout son talent la saison des Bulls. Deuxième espoir : le retour de Luol Deng, grand absent de la saison dernière. Avec ces deux joueurs, les Bulls gardent des arguments de choix en attaque et en terme de leadership. Difficile en effet de parler de Rose sans évoquer la maturité du joueur après seulement une saison NBA. Et puis n’oublions pas que Ben Gordon sortait le plus souvent du banc pour jouer un rôle de joker à envoyer au front en deuxième vague.


Et ce qui frappe donc en premier lieu, c’est que Derrick Rose n’a pas semblé hausser pour autant son niveau de jeu, nécessaire pourtant pour assumer encore plus de leadership. Pire, ses stats sont en légère baisse et son scoring est en deçà de ce que l’on pouvait attendre d’un sophomore. Que ce soit les points, les rebonds, les passes ou l’adresse, aucun domaine n’enregistre de progression à part... les ballons perdus ! La pression est-elle trop forte pour les Bulls ? Le numéro 1 de Chicago ne sait-il s’épanouir que dans un climat positif et une équipe qui roule ? Un manque de mental qui peut faire du jeune le plus prometteur une déception sur le long terme !

Luol Deng de son côté réalise une jolie saison sans pour autant s’assumer comme un leader offensif de son équipe. Toujours aussi complet et polyvalent, il sait se consacrer à la défense, et son jeu respire l’efficacité comme nous le montre son adresse à 3 points (53% !). Noah est lui aussi bien sûr la bonne surprise de ce début de saison. Second meilleur rebondeur de la NBA , il a prouvé à tous qu’il était capable d’étoffer son jeu et montre même parfois des qualités techniques que l’on ne lui connaissait pas. Reste que comme tout le reste de l’équipe, il est actuellement dans une mauvaise passe qui voit les Bulls dégrigole les marches de la conférence Est une par une.


Car les Bulls ont quand même subi l’affront de perdre à domicile contre une équipe des Nets qui venait chercher là sa deuxième victoire de la saison. Avant d’enchaîner le lendemain par une très lourde défaite face aux Hawks. Cette nuit, les Bulls se sont enfin réveiller pour battre une faible équipe des Warriors dont l'infirmerie est bien remplie, pas une énorme performance, surtout après prolongation... Les Bulls vont devoir se réveiller sous peine de voir leur saison tourner à la corrida et les équipes rivales venir achever l’animal blessé pour plonger à nouveau la franchise de l’Illinois dans une crise dont elle n’a vraiment pas besoin. Il y’a quelques semaines on voyait en cette équipe jeune construite autour de Noah et Rose une des plus prometteuses de la ligue aux côtés des TrailBlazers. Portland fait le boulot, les Bulls savent au moins quel exemple suivre.


11 novembre 2009

La métamorphose de Noah

Il faut l'avouer, quand on parle de joueurs français en NBA, on est très facilement chauvin. Forcément, voir nos bleus s'imposer dans la grande ligue américaine fait plaisir à voir. Joakim Noah a fait un saison rookie plutôt correcte mais sans faire de vague (mis à part extra-sportive), mais s'est révélé en playoffs à un niveau d'intensité qu'on ne lui connaissait pas. Continuant sur sa lancée, il régale tous les fans des Bulls cette saison.

Car Noah est en train de faire un début de saison époustouflant : meilleur rebondeur des Bulls (il est actuellement le 2ème meilleur rebondeur de la NBA !), il a travaillé tout l'été son jeu afin de devenir une arme offensive efficace pour son équipe. Joueur assez frustre, il a l'an dernier compensé avec son agressivité. Se pourrait-il qu'une bonne dose de talent se cache derrière l'un des meilleurs intérieurs français de ces dernières années ?

Noah est aussi un atout en or pour l'équipe de France. Bouffé par les frères Gasol lors de la défaite à l'Euro contre l'Espagne, les Bleus auraient bien eu besoin de sa présence au rebond et en défense sur Pau. Mais les Bulls ont tenus à ce qu'il soit à Chicago cet été afin de préparer au mieux sa saison. Objectif : prendre du muscle, beaucoup de muscle. Il faut dire qu'avec le peu de bagage technique de Noah, autant faire de lui un monstre de puissance. Et pourtant... et pourtant en ce début de saison, ce n'est pas la puissance de Noah qui impressionne. Certes il est en train de devenir l'un des tout meilleurs rebondeurs de la ligue, mais c'est surtout les nouveaux moves qu'il semble s'être découvert. Capable enfin de jouer au panier et de mettre un petit hook-shot main gauche, d'emmener son adversaire ligne de fond et de le passer d'un reverse, on se demande si le fils de Yannick a appris tout ça cet été ou si il se lâche enfin dans cette équipe jeune et prometteuse ?


Il est indéniable qu'outre l'aspect sportif, Noah apporte une énergie et surtout une joie de vivre à ses coéquipiers. Il suffisait de le voir il y a deux nuits lors de la victoire façe à Charlotte : sur une belle passe de Brad Miller il allait arracher l'anneau d'un dunk tout en puissance. Une fois retombé sur ses pieds il poussait un de ses cris rageurs qu'on lui connaît, provoquant l'hilarité de Miller. Il est un de ces joueurs qui assure la cohésion d'un groupe et qui montre le chemin en terme d'intensité, et ses coéquipiers semblent unanimes sur le sujet. Les observateurs aussi, et notamment Scottie Pippen qui lui a rendu un bel hommage dernièrement.


Avec encore une superbe performance cette nuit : 12 points mais surtout 21 rebonds, Noah montre qu'en plus d'être impressionnant il sait être régulier : 11 points et plus de 12 rebonds de moyenne, il sera à coup sûr à la lutte pour le titre de meilleur rebondeur de la saison. Sa réputation de défenseur solide est maintenant bien établi, il peut sereinement travailler son jeu offensif et viser haut, très haut. Sam Smith, le principal expert concernant les Bulls aux Etats Unis l'imagine déja All Star, plus rapidement que Derrick Rose ! Avec les deux Superman assurément sélectionné, pas sûr qu'il ait sa place cette année, mais on devrait le voir très souvent dans le classement des joueurs récoltant le plus de votes.


Le meilleur dans tout ça, c'est que Noah semble être tout ce qui manque à l'équipe de France : un vrai pivot dominant. On a plus qu'à attendre avec impatience les championnats du monde pour voir Noah se mesurer aux meilleurs à son poste. Et vus sa marge de progression et ses performances actuelles, gageons que d'ici là il sera l'un des tous meilleurs pivots de la NBA !


4 novembre 2009

Luol Deng se rappelle à notre bon souvenir

Star naturalisée de la sélection britannique qualifiée d’office pour les prochains JOs, on avait presque oublié que Luol Deng était un pur joueur, capable de performances de haute volée. Son début de saison nous rappelle qu’avant deux saisons de galère à cause de pépins physiques, Luol Deng fait parti de ces joueurs qui comptent dans le paysage NBA.

2006 – 2007 : Luol Deng emmagasine près de 19pts, 7rebs, 2.5asts et 2stls à plus de 50% de réussite. S’en est suivi une saison un peu plus terne, mais couronnée par un contrat juteux sur 6 ans. Luol Deng est le symbole de la réussite de la génération des Baby Bulls, celle qui a sweepé le Heat de Miami alors champion en titre pour évincer le fantôme pesant de Michael Jordan derrière qui les Bulls avaient gagné leur dernière série de PO.

Ce fameux contrat a été long à se dessiner. Il a d’ailleurs gonflé les distractions extra-sportives entourant Chicago pendant la saison 2007-2008. Et l’an dernier, entre une mise en place longue à se faire autour du meneur rookie Derrick Rose et du coach néophyte Vinny Del Negro et donc des blessures gênantes persistantes, Deng n’a pas vraiment pu se mettre en lumière. A tel point qu’autant on a parlé, à juste titre, de l’absence de Kevin Garnett pour la passionnante série Bulls-Celtics, autant la non-présence de Deng sur le parquet est presque restée anecdotique. Mais il ne faut pas se méprendre, le retour en forme de Luol Deng pourrait bien être un apport considérable et compenser le calme relatif des Bulls pendant la off season.


Certes, l’on ressent encore que Deng n’a pas fait parti de la dynamique incroyablement positive de la fin de saison dernière. Il est anormalement faible au niveau des passes décisives : il n’en cumule que 3 en 4 matchs. Par contre, il semble déjà en chauffe en ce qui concerne le scoring, avec une moyenne de 17pts. Et même, il se révèle particulièrement boulimique aux rebonds avec plus de 10 prises de moyenne. Alors certes il n’est pas encore vraiment intégré et imprégné des schémas de l’équipe, il n’est pas encore au diapason en défense ; mais Luol Deng a clairement remis en route, comme on dit dans le jargon.

Ce qui est frappant, c’est son plaisir affiché de fouler de nouveau les parquets. Ca a été particulièrement visible lors du dernier match, face aux Bucks. Deng a su se transcender pour élever son niveau de jeu pour permettre à Chicago de combler un déficit de près de 20pts à la mi-temps et ainsi éviter une défaite qui aurait fait assez mal au bilan comptable des Bulls. Au final, Deng se paie 24pts et 20rebs – son records en carrière. Cela arrive en point d’orgue d’un début d’exercice qui nous rappelle les bonnes dispositions préalablement affichées par le numéro 9 de Chitown. Luol Deng a réussit à laisser ses soucis (de contrat ou de santé) de côté et peut dorénavant croquer le jeu à pleines dents. Ca risque de faire mal.

29 octobre 2009

Preview de la nuit

Ca y est, la saison est bien lancée, et avec elle les premiers gros chocs arrivent. Après une soirée où presque toutes les équipes ont jouées voici venir le premier "double-header" comme disent les américains. Un double choc entre des équipes aux profils différents qui devrait amener un bon lot d'enseignements pour la saison à venir.

Et comme Marrh vous l'avait fait pour la reprise de la saison, c'est maintenant mon tour de vous présenter une journée particulière de la clinquante ligue de basketball. Une journée qui verra deux beaux duels : San Antonio rend visite au Bulls qui commenceront leur saison face aux texans. A l'autre bout des Etats Unis Portland accueillera Denver dans un duel entre les rivaux de la conférence Northwest. Deux matchs excitants que nous vous présentons !


Denver Nuggets @ Portland TrailBlazers


Un beau gros choc à l'Ouest, comme on les aime. En ce début de saison, on imagine facilement que les deux équipes connaîtront des trajectoires radicalement opposées. Après avoir lutté jusqu'au dernier moment pour le titre pour la division Northwest l'an dernier, Denver renvoi l'image d'une équipe qui aura du mal à refaire le même exploit cette année. Du côté de Portland, l'équipe semble avoir un tel potentiel qu'on s'attend à une montée en puissance par rapport à l'an dernier. Ce qui est sûr, c'est que les deux équipes se battront pour le titre de division. Elles ont toutes les deux connues la victoire lors de leur premier match : les Blazers l'ont emportés face à Houston avec un Oden en petite forme offensive mais royal dans la raquette (12 rebonds, 5 contres) ; de leur côté les Nuggets ont battus Utah avec un Carmelo Anthony déja très en forme (30 points) et le rookie Ty Lawson qui a fait de très grands débuts (17 points 7 passes). Autrement dit les deux équipes partent avec une bonne dynamique et auront envie de montrer à leurs rivaux ce dont ils sont capables. Un duel qui va sûrement faire des étincelles !

San Antonio Spurs @ Chicago Bulls


Après un premier test rempli avec succès par les Spurs face aux Hornets, voilà la bande à Duncan opposée à une équipe du même gabarit : les Bulls. L'équipe de Chicago début sa saison face à un candidat au titre déjà bien lancé et au collectif bien rôdé. En effet, les Spurs ont dominés la Nouvelle Orléans sans donner l'impression de forcer leur talent : Duncan limité à 22 minutes sur le parquet, TP sorti dès le milieu du 3ème quart-temps (la faute à une lourde chute, certes). Le rookie Dejuan Blair a déja marqué les esprits avec une belle première prestation (14 points, 11 rebonds) tandis que Jefferson la recrue tant attendue est passé à côté de son match. Au final les Spurs ont semblés en dessous de leur potentiel mais ont fêté dignement le retour de Manu Ginobili aux affaires. Oui, ça fait peur ! Du côté des Bulls, on récupérera avec soulagement Derrick Rose qui a raté presque toute la pré-saison. Le sophomore et sûrement futur All Star de Chicago donne le ton quand aux performances des Bulls mais peut être sera t-il un peu juste. Les Bulls vont souffir à l'intérieur façe à l'armada intérieure des Spurs, mais devrait s'en remettre à Luol Deng et John Salmons pour apporter le scoring qui manquera du fait du départ de Ben Gordon. L'occasion pour eux de démontrer à tous que ce départ n'amputera pas les chances des Bulls d'accéder à nouveau aux playoffs. Un autre beau duel qu'on a hâte de pouvoir suivre !



12 octobre 2009

Preview Chicago Bulls 2009/2010

Histoire de vous tenir en haleine jusqu'à la reprise de la saison NBA, nous avons mis à contribution nos partenaires. Aujourd'hui, c'est All About Chitown qui va tout nous dire sur la saison à venir des Bulls. Ecoutons donc religieusement :

Ville d'adoption du président Obama, Chicago la sulfureuse a eu la chance d'assister aux prouesses d'un des meilleurs athlètes de tous les temps. Forcemment, dur de passer après. Mais à force de travail, l'on se prend de nouveau de passion pour une nouvelle génération de Bulls.

Now you're gone
Les dirigeants des Bulls n'ont même pas essayé de le retenir. Ben Gordon est passé chez l'ennemi. Meilleur scoreur depuis 6 saisons de la franchise qui l'a drafté en 2004, l'un des meilleurs shooteurs de la ligue est parti à Detroit, laissant maintenant Derrick Rose comme seul maître à bord.

Cependant, les Bulls n'ont pas jugé nécessaire de considérablement modifier le roster. Seuls Jannero Pargo et les rookies James Johnson et Taj Gibson sont venus renforcer l'effectif. Et cela se comprend. En effet, les Bulls comptent sur le retour Luol Deng qui débutera enfin la saison à 100%. Et sauf catastrophe, il devrait retrouver son niveau de la saison 2006/2007 ou au moins de janvier 2009. Mais il y a aussi et surtout John Salmons. Arrivés à la deadline en février, Salmons est une vraie révélation. Capable de shooter de n'importe où avec réussite, Salmons tourne à 18.3 pts (47% aux tirs - 42% à 3 pts) en 37.7 min par match au poste 3. Cependant, cette saison Salmons devra sûrement évoluer au poste 2 pour palier au départ de Ben Gordon et ainsi laissé le poste 3 au revenant Luol Deng. La lenteur de Salmons pose donc problème et risque de le pénaliser en défense face à des arrières rapides tels que Wade ou Iverson. Heureusement pour ce genre de joueurs, le cauchemar des arrières de la ligue Kirk Hinrich sera toujours là.


Revenons-en aux nouvelles têtes. Pas si nouvelle que ça pour Jannero Pargo d'ailleurs, ce dernier ayant évoluer à Chicago de 2003 à 2006. Il a surtout été recruté pour sa qualité de tir et son instinct de scoreur. C'est le genre de joueur qui pense que chacun de ses tirs rentrera. Ce n'est d'ailleurs pas forcément la meilleur mentalité qu'il soit, mais entre Rose, Salmons et Deng, les Bulls auront bien besoin qu'un joueur sorte du banc pour scorer sans se poser de questions.
Les fans sont plutôt partagés concernant le rookie James Johnson. Ce joueur possède un talent indéniable, cependant son comportement et le fait qu'on ne sache pas vraiment s'il évolue au poste 3 ou 4 laisse quelques doutes. En effet, JJ est un joueur plutôt dissipé qui a un peu tendance à prendre du poids. De plus, il est un peu lourd pour évoluer au poste 3 mais pas assez fort physiquement pour évoluer au poste 4 en NBA (du moins pour l'instant). Cependant son touché et son instinct de scoreur font de lui un joueur tout à fait intéressant.

Les fans sont partagés pour Johnson, mais ne le sont pas du tout au sujet de Taj Gibson. Tout le monde est déçu et se demande pourquoi ce joueur a-t-il été drafté au premier tour ? En effet, ce Tyrus Thomas bis (mêmes points forts, même taille et un an plus vieux que TT) n'est absolument pas ce dont nous avions besoin. Ce dont nous avions besoin était un arrière car avec seulement Rose, Hinrich, Pargo et Salmons partagé entre les postes 2 et 3, le backcourt est un peu limité. Cependant, les dirigeants voulaient apparemment un autre intérieur. Gibson sera donc toujours connu pour être celui qui n'est pas DeJuan Blair.


Derrick Rose sera cette saison LE franchise-player de l'équipe. Gordon étant parti, il n'a plus le choix et il devra prendre ses responsabilités, ce qui ne l'effraie pas. Ce n'est pas surprenant car Derrick Rose est un futur grand joueur. Il a tout, le talent, le physique ainsi que la tête sur les épaules. Certains matchs comme celui à Golden State en novembre dernier qu'il a gagné à lui tout seul dans les deux dernières minutes du match ou encore face à Houston en février dernier où il a très largement contribué à un come-back insensé des Bulls en toute fin de match et sa campagne de playoffs montrent qu'il est capable de prendre les choses en main quand il le faut.

Ce que l'on reproche le plus souvent au rookie de l'année 2009 sont ses lacunes défensives. Et c'est normal, Rose est tout simplement l'un des pires défenseurs à son poste. Cependant il ne faut pas être très inquiet à ce sujet. C'est ce que Rose travaille le plus (avec le shoot) et il possède toutes les qualités pour devenir un bon défenseur. Et n'oublions pas que Rose fêtera ses 21 ans le 4 octobre prochain, il a encore tout le temps d'apprendre... Et en attendant, Kirk Hinrich se fera un plaisir de décourager les arrières les plus entreprenants.

Le Monsieur Plus
Joakim Noah : La plupart des fans des Bulls étaient tout simplement découragés au sujet du français en début de saison dernière. En effet, encore un peu de cannabis dans l'organisme faisait de lui un vrai boulet. Incapable de jouer plus de 10 minutes d'affilée, il fallait faire quelque chose. Et il l'a fait. Au fur et à mesure, Joakim Noah retrouvait sa condition physique et commençait à prendre une autre dimension. Noah est au top pour la plus grande série de l'histoire d'un premier tour de playoffs et est probablement l'un des meilleurs joueurs de la série. 10.1 pts, 13.1, rebs, 2.3 assists et 2.1 contres en 38.7 min par match avec à la clé, l'action de la victoire lors d'un game 6 tout simplement hallucinant en 3 prolongations.
Cet été, Noah avait pour mission de prendre du muscle. Et il s'est concentré là-dessus avec déjà plus de 8 kg en plus sur la balance. Tout ce que l'on peut espérer, c'est que Noah joue comme en janvier, dès le début de la saison.
Avec Derrick Rose, Joakim Noah représente l'avenir de la franchise et les dirigeants ne s'y trompent pas, ces deux joueurs sont les seuls qui sont intransférables.

Les actions que l'on aimerait voir
-Derrick Rose qui progresse en défense, qui attaque le cercle et qui obtienne des coups de sifflet de temps en temps.
-Tyrus Thomas au niveau du mois de décembre 2009 toute la saison.
-Jannero Pargo en réussite mais pas trop en mode fou de la gâchette.
-Vinny Del Negro qui gère mieux les temps-morts, histoire d'en garder quelques-uns pour les fins de matchs.

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30 juillet 2009

Noah pourrait-il rester en Bleu ?

C'est une règle systématique qui s'applique chaque année pour les sélections nationales : à moins d'avoir un statut suffisant pour imposer leur point de vue ou de disposer de dirigeants compréhensifs un joueur NBA aura beaucoup de mal à rejoindre sa sélection sans rencontrer de réticence, surtout en cas d'absence de compétitions majeures.

Et après le cas Boris Diaw l'an passé, c'est cette année notre ami Joakim Noah qui a rencontré des problèmes pour se joindre à ses compatriotes pour les matchs de repêchages pour le prochain Euro. Les Chicago Bulls souhaitaient en effet le retour de leur joueur avec un objectif... qu'il prenne 8 kilos de muscles. Un bel objectif qui empêche sa participation aux matchs de l'équipe de France. Mais les bleus veulent négocier sa présence, y arriveront-ils ?


Une chose est sûre : après les performances qu'a réalisé le français lors des matchs amicaux des Bleus, le staff de l'équipe de France semble enfin avoir trouvé un intérieur dominant, choque qui lui manquait depuis... longtemps en fait, puisqu'on peut difficilement dire que Weis, malgré sa taille, était un modèle de combativité et d'explosivité. Jim Bilba semble être le joueur le plus proche de nous qui correspondent à cette description.

Dans la continuité de sa saison avec les Bulls, le fils du célèbre chanteur pieds nus sur scène a rendu des copies très sérieuses lors du tournoi de Strasbourg. Sa pige à 16 points 9 rebonds et 3 interceptions contre l'Autriche lors du match d'ouverture du tournoi a donné le ton. Il a finit ce même tournoi sur le banc, pour laisser la place aux joueurs qui restent, avec 11 points et 4 rebonds en 18 minutes de jeu). Une solidité dans la raquette, qui va de pair avec la sympathie que dégage le bonhomme qui est devenu la coqueluche du vestiaire français. Performances, cohésion, Noah apporterait beaucoup à cette équipe de France.

D'autant plus que nos tricolores traînent un drôle de fardeau depuis quelques temps : annoncée comme l'une des meilleure sélection au monde (avec le plus gros contingent de joueurs NBA), la France peine à montrer son talent et son potentiel, et semble passer à côté de chacune des grandes compétitions auxquelles elle participe... et encore faut-il qu'elle y participe, comme cet Euro où il va falloir batailler sec contre des équipes comme l'Italie pour pouvoir se qualifier.

Alors, si Petro arrive enfin à se dépasser, le jeu intérieur français pourrait enfin être à la hauteur des joutes internationales et permettrait aux extérieurs des bleus de jouer avec plus de confiance, de rentrer plus de shoots, et de tenter plus de choses. Après tout, TP n'est-il pas au sommet de sa forme quand il a un point de fixation comme Duncan pour fixer la défense dans la raquette ?



Une chose semble toutefois acquise, nous ne verrons pas Noah avec les Bleus cet été. Les Bulls veulent le voir prendre de la masse musculaire pour pouvoir s'imposer sous les paniers face aux pivots adverses afin de compenser sa taille. Et quand une franchise NBA dit non, c'est rare qu'elle cède. D'ailleurs, le staff tricolore semble avoir abandonné cette idée et ne fera pas le forcing. Le précédent TP (rentré blessé pour le début de saison à cause des sélections estivales) ne plaide pas pour un été en bleu. Mais cela ouvre toutefois le débat à un sujet plus large : à quand une vraie convention entre la FIBA et la NBA pour la libération des joueurs NBA pour leurs sélections nationales, et à quand une mise en adéquation du calendrier FIBA avec la NBA ?