La saison arrive à grand pas ! Cet exercice 2010-2011 est particulièrement attendu, compte tenu de la redistribution des forces en présence lors d’un été totalement fou. Il est donc normal de se poser de nombreuses questions. Dans notre série de previews, retrouvez des pistes pour y répondre.
Derrière cette question se cache un mal plus profond du côté de Portland : le souvenir de l’exercice précédent gâché par les blessures. Et comme un symbole, Greg Oden –le plus touché par les pépins physiques- peut signer une extension de contrat d’ici au 31 octobre, pour ce qui semble être plus que jamais une période charnière décisive pour la franchise.
82 matchs, c’est la longueur d’une saison NBA. C’est aussi le nombre de rencontres dans lesquelles Greg Oden a pris part au cours de ses 3 premières années de contrat. Ca fait jazzer et l’on parle d’un beau gâchis de #1 pick de draft, à la Bill Walton. D’autant plus que c’est un certain Kevin Durant qui a été second de promotion.
Mais derrière cet exemple (trop) souvent raillé, on peut constater que beaucoup de joueurs majeurs de l’effectif de Portland sont assez « injury prone ». Dont Brandon Roy, franchise player, n’a joué que 57 matchs lors de sa saison rookie. 65 l’an passé après des exercices à 74 puis 78.
Certes il a été un warrior pour faire un retour fracassant lors des derniers playoffs, deux semaines seulement après une intervention chirurgicale. Mais tourner à 68 matchs/saison nous fait nous rappeler que s’il n’a été sélectionné qu’en 6 eme position de draft, c’était parce que certains mettaient en doute sa capacité à éviter les blessures.
Alors que les deux piliers, Brandon Roy et Lamarcus Aldridge, ont été prolongés sur la longue durée, la nouvelle équipe dirigeante peut se poser la question concernant l’avenir d’un roster qui a été particulièrement frustrant.
On a vu naître cette équipe de jeunes premiers, qui sont montés petit à petit dans la hiérarchie. Peut-être trop lentement, l’étiquette de Next Big Thing étant maintenant solidement attachée aux basques de OKC. Et il faut bien admettre que ça va maintenant faire plusieurs années qu’on considère les Blazers comme des jeunes…
Il serait temps de confirmer parmi les grands, chose qu’ils n’ont pas su/pu faire jusque maintenant. Mais est-on sûr que Portland a pris la bonne direction, finalement ? Le limogeage de Kevin Pritchard est-il annonciateur d’une certaine lassitude des dirigeants d’une équipe à qui on promet la lune depuis maintenant 2 ou 3 saisons ?
Ces interrogations peuvent paraître exagérées pour certains, qui ne manquerons pas de mettre en avant le fait qu’il y a peu de chances pour qu’autant de circonstances atténuantes que l’an passé ressurgissent simultanément l’an prochain. D’autres estimeront qu’il s’agit là d’un risque mal calculé par les dirigeants.
Toujours est-il qu’à l’heure de passer à la banque pour le moyen terme, il s’agit d’une question que devront se poser les responsables de la franchise. Greg Oden est une pièce maitresse de leur plan de développement et s’ils veulent changer de cap en vol, c’est quasiment maintenant ou jamais.
Les blessures à répétition du colosse font baisser sa valeur marchande et le front office saura en jouer lors des négociations. Mais néanmoins, il n’y a aucune pathologie récurrente dans toutes ses diverses blessures, qui pourraient donc être dûe à la malchance ou à un conditionnement douteux.
Greg Oden s’est récemment exprimé sur le sujet, affirmant haut et fort qu’il n’était pas un flop. Et c’est vrai que quand il est sur parquet, il a un impact assez énorme. Sur le PER ramené à 48mins, il a quasiment les même chiffres qu’un certain Dwight Howard. Cela reste un indicateur, mais cela témoigne un minimum de l’activité du bonhomme.
Le pivot des Blazers en a bien conscience et compte bien rappeler que les postes 5 de ce calibre sont une denrée particulièrement recherchée à travers la ligue. Comptons sur lui pour ne pas brader son prochain contrat, donc.
Il s’agira donc d’une négociation particulièrement stratégique, compte tenu du nombre d’éléments à considérer et du flou en entourant la plupart. Pourtant, nul doute que les deux parties aimeraient tomber relativement rapidement sur un accord, tant la saison à venir peut radicalement faire pencher la balance d’un côté comme de l’autre.
5 octobre 2010
Les Blazers doivent-ils proposer une extension de contrat à Greg Oden ?
18 juillet 2010
Bataille pour un poste de meneur à Portland
On le sait, les Summer League sont un formidable moyen de taper dans l’œil des recruteurs NBA. Chaque membre d’un roster souhaite être convoqué au training camp de l’équipe qui l’a invité montrer ses talents lors des tournois estivaux. Il en résulte des scénarios passionnels, dignes des meilleures séries dramatiques, puisque son coéquipier est également son plus grand rival.
Aujourd’hui, jetons un œil du côté de Portland. Le front office a eu le nez fin ses dernières années. Et malgré le limogeage de Kevin Pritchard, ancien GM, on s’attend à ce que cette cuvée 2010 soit de bonne facture. Il se pourrait bien que cette année, ça doit du côté du poste de meneur que l’on trouve la prochaine perle des Blazers.
Présentations
Deux garçons tiennent la corde au poste 1. Tout d’abord, Patty Mills, clairement dans les radars depuis un petit moment. Il est le meneur de l’équipe d’Australie et peut-être que certains se souviennent de ce virevoltant joueur lors des JOS 2008. Patty Mills est toujours aussi rapide, avec une pointe de vitesse défiant toute concurrence, avec ou sans balle en main. De plus, il a réussi à travailler son shoot extérieur. Et même s’il n’est pas encore une menace très fiable longue distance, les distances adverses doivent respecter son shoot un minimum sous peine que la sanction tombe assez vite. Les fans adorent son jeu haut en couleur et efficace.
Récemment, Armon Johnson est rentré dans la discussion, comme un challenger très sérieux pour un poste dans le roster des Blazers. Armon Johnson a pu montrer lors de cette Summer League un jeu très solide. Peu flashy, il affole rarement les compteurs. Mais sur l’ensemble de ses prestations, difficile de le prendre en défaut. Il a notamment fait preuve d’une belle agressivité défensive, tout en commettant très peu de fautes. Il a de plus été très calme dans sa manière d’aborder son rôle de meneur et a posé savamment le jeu pour mettre en place l’attaque des Blazers.
Retournement de situation
Cette attitude risque de lui faire gagner beaucoup de point dans l’optique de décrocher une place pour le training camp. En effet, Portland doit maintenant blinder son secteur défensif pour continuer à franchir des caps. Surtout, son profil très cérébral colle bien avec l’attaque particulièrement posée à la Nate McMillan. Souvenez-vous que les Blazers sont parmi les équipes qui marquent le moins de points sur contre-attaque.
Un joueur qui aurait besoin de lâcher les chevaux pour s’épanouir pleinement, comme Patty Mills, pourrait être frustré. D’autant plus que son jeu est certes efficace, mais n’est pas dénué de prises de risques. Patty Mills n’est pas avare en pertes de balle et l’on sait à quel point Nate McMillan met un point d’honneur à gâcher le moins de possessions possibles. Ce qui pourrait le freiner au moment de donner sa chance à ce beau talent qu’est Patty Mills.
Perspectives
Il se pourrait donc, étant plus adapté au style déjà bien établi des Blazers, que Amir Johnson vienne coiffer sur le poteau la coqueluche. Il se pourrait aussi que les deux soient conviés au training camp de rentrée, histoire de voir pour de vrai qui s’accorde le mieux avec l’équipe en place ; plutôt que de se baser sur un «il a un style qui correspondrait mieux ».
Autre solution évoquée : les deux pourraient gratter un billet pour le roster de l’an prochain. En effet, par ses qualités athlétiques, Amir Johnson à la capacité d’effectuer quelques piges en défense sur les arrières, même des un peu plus grands que lui. Très tanké, il pourrait poser des problèmes sérieux, en relai par exemple d’un Nicolas Batum. Surtout qu’il bosse bien son tir longue distance pour pouvoir apporter des deux côtés du terrain. Il pourrait alors constituer un remplacement à Rudy Fernandez, annoncé partant, dans un registre plus rugueux.
Surtout que l’on attend toujours le nouveau GM du côté de Portland. Donc on ne sait pas trop quels seront les plans de ce dernier. Par exemple, et je l’aspire de mes vœux les plus profonds, ce nouveau General Manager va-t-il faire un constat d’incompatibilité entre Brandon Roy et Andre Miller ? S’il se séparer alors du dernier cité, la porte sera grande ouverte pour nos deux rookies.
En tous cas, retenez bien ces noms : Patty Mills et Amir Johnson. Ils pourraient vite devenir des alternatives très intéressantes à la mène. La seule question est de savoir si cela se fera à Portland ou ailleurs.
25 avril 2010
Le Roy-effect
Brandon Roy a fait un inattendu come-back dans la série opposant ses Portland Trail Blazers aux Suns de Phoenix. Une semaine après une opération du ménisque, le capitaine des Blazers est revenu sur les parquets et a transcendé ses coéquipiers.
Après une année minée par les blessures, cela apparaissait comme la tuile de trop : Brandon Roy devra subit une opération à peine quelques heures avant le coup d’envoi des PlayOffs. Et pourtant, les Blazers ne s’étaient pas écroulés et se sont même payés le luxe de scalper les Suns dans l’Arizona pour le Game 1. Les deux matchs suivant ne relèvent pas du tout de la même mayonnaise, avec des Suns qui ont clairement déroulé leur basket. Voici donc venir le Game 4, à Portland, pour que l’espoir des Blazers puisse subsister encore un peu.
Après avoir été surpris lors du match 1, les Suns se sont remobilisés et ont envoyé un message fort à leurs adversaires. +29 à Phoenix et +19 à Portland quelques jours plus tard. La bronca commençait à gronder du côté du Rose Garden : cette année devait être celle de la confirmation, ce n’est pas pour être inexistant en PO. Les fans ont suivi cette équipe depuis trop longtemps pour faire l’impasse sur une post-season où l’on attendait les Blazers comme le gros poil à gratter de la conférence.
Du coup, on comprend les sifflets émanant des tribunes à la fin du Game 3. Ils résonnaient comme de la frustration, surtout que l’on sentait que les Trail Blazers n’y étaient pas. Et puis, un sms « Coach, I think I should play » de la part de Brandon Roy. Des heures interminables à se demander si refaire jouer son franchise player était le bon choix, compte tenu de sa récente opération et des risques sur le long terme que cela pourrait engendrer. Avec le retour de leur leader, c’est toute la passion qui est revenu dans les rangs des Blazers.
Un instant a été particulièrement symbolique. Peu après le milieu du 1QT, Brandon Roy se lève du banc pour signifier à la table de marque qu’il allait remplacer un coéquipier. Portland est alors mené 20-27. Le simple fait de voir le #7 se lever et se préparer à entrer sur le parquet à provoquer une certaine frénésie dans les travées du Rose Garden. Une poussée d’adrénaline qui s’est traduite sur le terrain : Jerryd Bayless a inscrit un panier à 3pts, s’en est suivi un dunk en contre-attaque de Nicolas Batum avant que le frenchie n’enchaîne avec un nouveau tir longue distance. 28-27 avant même que Brandon Roy ne pénètre effectivement sur le terrain.
Le simple fait d’enregistrer le retour de son leader a électrisé tout Portland. Après deux matchs désespérément plats, c’était le genre d’évènements qu’il fallait pour retrouver du momentum. On a senti les Blazers plus concernés, plus volontaires, comme entraînés dans un sillage que Brandon Roy leur avait à peine esquissé. Car nous sommes en PlayOffs, et malgré l’apport des vétérans comme Andre Miller et Marcus Camby, le bateau des Blazers a plus que jamais besoin de son capitaine. 
On a pu le constater notamment avec le rendement de LaMarcus Aldridge. Il n’a pas su prendre le relai de Brandon Roy lors de ces derniers matchs. Il a été montré du doigt par la presse locale pour ces prestations à peine bonnes alors que Portland avait besoin de plus. Le retour aux affaires de son capitaine lui a enlevé un poids. Certes, en premier lieu, sur le jeu, puisque les prises à deux furent bien moins saignantes avec la menace Roy dans les parages. Mais il semblerait que le déclic ait été surtout dans la tête. Toujours est-il que LaMarcus Aldrdige s’est montré comme l’un des meilleurs poste 4 de la ligue, comme on le connait. Ses 31pts (à 11/19), 11rebs, 3asts ont tenu la dragée haute à la peinture des Suns.
En bref, malgré une feuille de stats correcte pour un retour, 10pts à 4-10 1reb 1ast, l’impact de Brandon Roy a d’avantage été d’ordre passionnel. Un souffle conquérant a regagné Portland et l’on se retrouve bel et bien devant une série disputée. Preuve en est : il s’agit de la première fois que les Suns ne dépassent pas les 100pts dans cette série. Pas d’ajustements stratégiques, mais une volonté retrouvée qui a permis de maintenir Phoenix à 87pts, en provoquant des balles perdues et en étant plus agressifs sur la contestation du shoot.
Peut-être aussi que le problème venait des Suns eux-mêmes, démobilisés après avoir récupérés l’avantage du terrain. Mais le retour du Roy propulse les Blazers dans une nouvelle dynamique. Dynamique qui aurait été bien moins forte s’ils avaient gagné sans enregistrer le retour de leur capitaine, par exemple. Avec le come-back d’un des cinq meilleurs arrières de la ligue, Portland sent que son équipe peut de nouveau déplacer des montagnes.
20 avril 2010
Ils se transcendent pour leurs blessés

19 avril 2010
Portland peut-il le faire ?
16 mars 2010
Portland : Après la pluie de blessures…
La saison a été compliquée pour les Blazers. Depuis novembre, pas une seule éclaircie n’a percé du côté de Portland. Mais avec le mois de mars, le beau temps semble revenir au Rose Garden. De quoi faire souffler un vent de terreur sur les Play-Offs.
Alors qu’on attendait de cette saison qu’elle confirme les Blazers en haut de la hiérarchie NBA, nous les retrouvons en queue de peloton pour accrocher les PO. Conséquences et perspectives d’une saison agitée :
Le buzz avait tourné : l’équipe de la prochaine décennie allait être le Thunder avec en tête Kevin Durant, drafté en seconde position en 2007 par les Sonics de l’époque. Devant lui, les Portland Trail Blazers avaient jeté leur dévolu sur Greg Oden. Comme un symbole, le géant accumule les blessures et Portland se veut moins foudroyant cette saison que leurs compères dans la catégorie « jeunes talents ». Car on attendait beaucoup des Blazers : après une première qualification en PO l’an passé riche en expérience, la feuille de route voulait qu’ils passent un nouveau palier et s’inscrivent pleinement dans le top 4 de la conférence. Le bilan est cruel et les fans se sont alors vite tournés vers la nouvelle sensation du moment.
L’exercice a mal commencé pour Portland, avec d’entrée de jeu des couacs autour de la recrue estivale : Andre Miller. Le meneur vétéran devait aider cette jeune escouade à changer de dimension. Tout d’abord, la greffe n’a pas été facile : il s’agit d’un homme assez réservé, ce qui contrastait avec la camaraderie régnante. Andre Miller ne s’est pas intégré facilement au groupe, ce qui a été exacerbé par un début de saison juste moyen.
Car sur le terrain, il a aussi fallu s’apprivoiser. En effet, l’équipe doit apprendre à jouer avec un meneur plus classique. Son entente avec Brandon Roy n’a pas été immédiate, puisque les deux joueurs ont besoin de souvent porter la balle pour apporter leur contribution. De plus, Andre Miller a un plan de jeu tout aussi carré et il aime appuyer sur l’alternance intérieur-extérieur e ; ce qui est passé en début de saison par une plus grande implication de Greg Oden dans le jeu et qui a eu pour conséquence de ralentir l’exécution offensive des Blazers. Il a fallu s’adapter.
Et soudain, Greg Oden se retrouva une nouvelle fois sur le flanc, dès décembre. A peine le temps de rappeler une énième fois les noms de Bill Walton et Sam Bowie –deux anciens pivots stars des Blazers sujets à des blessures récurrentes- que Joel Pryzbilla l’a rejoint à l’infirmerie. La peinture de Portland s’est donc dépeuplée, laissant un trou béant dans l’effectif. On a ressorti Juwan Howard du formol pour le faire jouer dans la raquette parfois près de 30mins par match. On nuancera cette phrase assez acide par le fait que le bonhomme s’est très bien débrouillé avec les moyens du bord.
Le système D, c’est ce qui a prévalu chez les Blazers pendant tout le milieu de saison. Nicolas Batum a manqué 45 matchs, Rudy Fernandez a été sur la touche pour 19 matchs et Brandon Roy en a loupé 15. En tout, ce sont 8 joueurs de l’équipe qui ont squatté l’infirmerie pour au moins 10 matchs. Ces mois de décembre-janvier-février ont permis de constater combien Portland disposait d’un effectif riche, et l’on a pu observer tout un tas de combinaisons inédites. Chacun a vu son rôle changer d’un match à l’autre. Malgré tout, Portland a su ne pas lâcher la rampe, ce qui est un premier signe encourageant quant au potentiel de cette équipe pour viser les sommets.
Et puis, cela a permis de souder encore d’avantage l’équipe. En tout cas, ils ont du bon gré mal gré apprendre à se connaître et à savoir précisément comment, en équipe, tirer partie des qualités de chacun. Alors que certains bruits faisaient états d’altercations assez houleuses mettant en scène Andre Miller en début de saison, plus personne ne fait état aujourd’hui d’un quelconque manque de feeling du meneur avec le reste de ces jeunes troupes. Après 1 an d’absence, Martel Webster a eu un boulevard pour sa période de ré-adaptation, avec un max de temps de jeu et d’opportunités. Jerryd Bayless a su saisir sa chance et a prouvé qu’on pouvait clairement compter sur lui. Lamarcus Aldridge a dû tenir les rennes de l’équipe et assumer le leadership pendant l’absence de Brandon Roy, l’expérience n’a pas été une franche réussite personnelle avec des stats à peine meilleures, mais il est toujours intéressant d’avoir pu tâter d’une telle responsabilité et gageons que cela lui servira dans les futurs moments chauds.
Ce dernier a d’ailleurs bénéficié du trade qui a envoyé Marcus Camby du côté de l’Oregon. Avec l’émergence de Jerry Bayless et le bon retour de Martel Webster, les pertes des Steve Blake et Travis Outlaw paraissent digérables. Surtout que Marcus Camby apporte une nouvelle légitimité dans la peinture pour Portland. De par son gabarit et son envergure, il prend de la place dans la peinture, ce qui manque cruellement depuis que les deux ours sont en convalescence jusqu’à la prochaine saison. Son profil de défenseur répond à un besoin énorme : non seulement il peut rendre des coups poste bas, mais surtout il a un vrai sens de l’aide défensive et il pourra barrer de nombreuses routes jusqu’alors laissées ouvertes sous les panneaux des Blazers : au final, cela donne plus de 8rebs et 2blcks par match. En attaque, il sait se montrer discret et peu gourmant, preuve en est qu’il culmine à moins de 4pts de moyenne. Il joue le rôle de point d’appui qu’affectionne Andre Miller et qui permet à Lamarcus Aldrdige d’aller jouer au large où il peut mieux exprimer sa technique.
Il y en a un autre qui exprime sa technique : Nicolas Batum. Le public et la presse locale demandait ardemment son retour dans le starting line-up après son retour de blessure et le frenchy n’a pas déçu. Toujours aussi saignant en défense, Batman a fait plus que jamais parlé ses fondamentaux et son sens du jeu en attaque. Il a aussi peaufiné son tir, ce qui se traduit par des pourcentages incroyables : 57% aux tirs dont 47% à 3pts. Bref, on le répète, mais Nicolas Batum joue à merveille son rôle de facilitateur. Il est l’huile qui fait tourner le moteur des Blazers à plein. Maintenant que la plupart des pièces maitresses sont revenues en forme, cette équipe a l’air d’un vrai dragster. 9 victoires sur les 11 derniers matchs. 
A la vue de leurs récentes prestations, Portland n’a pas l’allure d’un 8eme ou 7eme de conférence. Les ténors de l’Ouest doivent d’ailleurs sérieusement prier pour éviter d’affronter ces jeunes Blazers dès le premier tour. Surtout qu’ils ont prouvé qu’ils savaient gagner à l’extérieur, avec derrière un Rose Garden survolté en guise de forteresse. Ce qui ne nous tue pas nous rend plus fort. La post-season qui va suivre pourrait bien confirmer cet adage.
29 octobre 2009
Preview de la nuit
Ca y est, la saison est bien lancée, et avec elle les premiers gros chocs arrivent. Après une soirée où presque toutes les équipes ont jouées voici venir le premier "double-header" comme disent les américains. Un double choc entre des équipes aux profils différents qui devrait amener un bon lot d'enseignements pour la saison à venir.Et comme Marrh vous l'avait fait pour la reprise de la saison, c'est maintenant mon tour de vous présenter une journée particulière de la clinquante ligue de basketball. Une journée qui verra deux beaux duels : San Antonio rend visite au Bulls qui commenceront leur saison face aux texans. A l'autre bout des Etats Unis Portland accueillera Denver dans un duel entre les rivaux de la conférence Northwest. Deux matchs excitants que nous vous présentons !
Denver Nuggets @ Portland TrailBlazers

Un beau gros choc à l'Ouest, comme on les aime. En ce début de saison, on imagine facilement que les deux équipes connaîtront des trajectoires radicalement opposées. Après avoir lutté jusqu'au dernier moment pour le titre pour la division Northwest l'an dernier, Denver renvoi l'image d'une équipe qui aura du mal à refaire le même exploit cette année. Du côté de Portland, l'équipe semble avoir un tel potentiel qu'on s'attend à une montée en puissance par rapport à l'an dernier. Ce qui est sûr, c'est que les deux équipes se battront pour le titre de division. Elles ont toutes les deux connues la victoire lors de leur premier match : les Blazers l'ont emportés face à Houston avec un Oden en petite forme offensive mais royal dans la raquette (12 rebonds, 5 contres) ; de leur côté les Nuggets ont battus Utah avec un Carmelo Anthony déja très en forme (30 points) et le rookie Ty Lawson qui a fait de très grands débuts (17 points 7 passes). Autrement dit les deux équipes partent avec une bonne dynamique et auront envie de montrer à leurs rivaux ce dont ils sont capables. Un duel qui va sûrement faire des étincelles !
San Antonio Spurs @ Chicago Bulls

Après un premier test rempli avec succès par les Spurs face aux Hornets, voilà la bande à Duncan opposée à une équipe du même gabarit : les Bulls. L'équipe de Chicago début sa saison face à un candidat au titre déjà bien lancé et au collectif bien rôdé. En effet, les Spurs ont dominés la Nouvelle Orléans sans donner l'impression de forcer leur talent : Duncan limité à 22 minutes sur le parquet, TP sorti dès le milieu du 3ème quart-temps (la faute à une lourde chute, certes). Le rookie Dejuan Blair a déja marqué les esprits avec une belle première prestation (14 points, 11 rebonds) tandis que Jefferson la recrue tant attendue est passé à côté de son match. Au final les Spurs ont semblés en dessous de leur potentiel mais ont fêté dignement le retour de Manu Ginobili aux affaires. Oui, ça fait peur ! Du côté des Bulls, on récupérera avec soulagement Derrick Rose qui a raté presque toute la pré-saison. Le sophomore et sûrement futur All Star de Chicago donne le ton quand aux performances des Bulls mais peut être sera t-il un peu juste. Les Bulls vont souffir à l'intérieur façe à l'armada intérieure des Spurs, mais devrait s'en remettre à Luol Deng et John Salmons pour apporter le scoring qui manquera du fait du départ de Ben Gordon. L'occasion pour eux de démontrer à tous que ce départ n'amputera pas les chances des Bulls d'accéder à nouveau aux playoffs. Un autre beau duel qu'on a hâte de pouvoir suivre !
27 octobre 2009
La tuile pour Batum !
Très mauvaise nouvelle en provenance de Portland pour les fans de Nicolas Batum. L'ailier français souffre d'une déchirure du cartilage de l'épaule droiter. Une blessure qui tombe au plus mauvais moment et qui devrait tenir éloigné le français des terrains pendant au moins trois mois. A l'orée d'une saison qui pouvait s'annoncer prometteuse pour Batum, voilà qui gâche la fête...C'est le genre de blessure que l'on traîne pendant des mois en attendant la pause d'été et la possibilité de se faire opérer. Sauf que quand on s'appelle Nicolas Batum et qu'on fait une entrée fracassante en équipe de France, son été on le passe à bosser et à mener son équipe vers une belle performance à l'Euro. Cette blessure il l'a subie pendant toute la fin de saison dernière, et elle s'était aggravée durant l'été. Un aller retour entre la France et Portland pendant les qualifications pour l'Euro avait fait craindre à Vincent Collet de ne jamais récupérer son nouvel ailier vedette. Mais Batum est revenu, les médecins de Portland semblant considérer que sa blessure était superficielle.

Sauf que pendant un entraînement avec son équipe dimanche, lors d'un contact avec son épaule droite, Batum a du arrêté de jouer à cause de la douleur. D'abord considéré comme absent seulement pour quelques matchs, l'estimation a été largement revue à la hausse. Bilan : une opération vendredi et une absence qui devrait durer au moins trois mois. Trois mois pour pouvoir rejouer, sûrement cinq pour revenir à un niveau d'agressivité qu'on connaît à Batum. Une belle tuile pour le joueur qui devait à nouveau être titulaire à l'orée de cette nouvelle saison.
Si il est assurément triste, ce scénario rappelle étrangement la situation de l'année dernière. Alors que Batum devait être le backup de Martell Webster, ce dernier s'était blessé lors du premier match de la saison, ce qui lui avait coûté son année, et avait surtout offert au français une place de titulaire inespéré. Sa réputation de défenseur hors paire avait fait le reste, même si son temps de jeu n'avait pas été énorme. Batum avait au final réalisé une saison plutôt prometteuse pour un rookie, qui laissait espérer des lendemains qui chantent, jusqu'à cette blessure...

Alors Nico arrivera t-il à faire un retour dans le roster des Trail Blazers d'ici quelques mois ? On pourrait en douter. Mais son coach, Nate McMillan semble plutôt l'apprécier : «(Batum) donnait le ton en défense. Il faisait un bon travail en apprenant à défendre sur Kobe (Bryant), LeBron (James) ou Carmelo (Anthony), en utilisant son énergie, ses capacités athlétiques et son amplitude» (traduction Lequipe.fr). Une déclaration d'amour pour le coach qui n'avait pas hésite à titulariser le français l'an dernier. Mais ce qui pourrait être une bonne nouvelle pour Batum, c'est que Webster a fait une pré-saison très moyenne, pas au niveau d'un titulaire, et surtout à peine supérieure à celle de Batum alors qu'il ne dispose pas des même atouts défensifs que le français. Webster va donc devoir lutter pour une place dans le cinq majeur. Et Batum pourrait trouver la porte ouverte pour son retour d'ici quelques mois. Reste qu'il va devoir travailler son physique et surtout apporter en attaque. Aux vues de ce qu'il a fait cet été en équipe de France, il en est largement capable. Mais la NBA est un autre monde, surtout pour un sophomore français...
19 octobre 2009
Preview Portland Trail Blazers 2009/2010
Histoire de vous tenir en haleine d’ici la reprise de la saison NBA, 24 secondes vous propose un tour d’horizon des différentes franchises de la ligue. Et ce, de manière totalement aléatoire ; une seule solution pour ne pas rater l'équipe dont vous êtes fan : nous suivre tous les deux jours jusqu'à la reprise de la saison ! On sait, on est fourbes.
Située en plein coeur de la Silicon Forest, Portland est un place forte en matière de recyclage, chose plutôt en vogue par les temps qui courent. Cerise sur le gâteau, la Cité des Roses voit éclore une jeune équipe de basket, prête à faire s'embraser l'ensemble des foules du Nord-Ouest des Etats-Unis voire plus.
L’heure de la confirmation est arrivée pour les jeunes Blazers. Cela va faire quelques mois que l’on suit leur évolution d’un œil presque paternaliste. Il faut dire qu’avec leur talent brut et leurs airs de gendres parfaits, comment ne pas les aimer ? Le plan de route est jusqu’à présent respecté avec brio, avec une qualification en play-offs l’année dernière. Mais le plus dur est à venir, à savoir confirmer ; avec sur le dos la lourde pancarte d’être l’un des challengers les plus sérieux à l’Ouest. Nul doute qu’ils seront attendus au tournant et qu’ils devront assumer leur statut, fort de leur expérience commune accumulée sur ces dernières années.
Et pour se faire, les Blazers ont du répondant. Pour commencer, un leader de haut niveau : Brandon Roy. Rookie de l’année puis All-Star l’année suivante, Roy est déjà bien lancé et risque bien d’aller titiller les plus hauts sommets de la ligue. Nous vous en avions déjà fait l’éloge dans un précédent billet, mais il faut bien comprendre que Brandon Roy est d’ores et déjà l’un des meilleurs all-around player de la NBA et est un formidable leader pour ce groupe. Il peut de plus compter sur un second larron tout aussi talentueux : Lamarcus Aldridge a tout pour devenir la prochaine référence au poste d’intérieur. Son tir et sa mobilité font déjà des ravages, il risque de devenir indomptable s’il peaufine ses mouvements près du cercle. Deux perles qui ont été savamment entourées, pour un jeu offensif bien léché, l’un des plus efficaces sur demi-terrain.
Là où les Blazers peuvent rogner un peu de marge, c’est au niveau des phases défensives, secteur où certaines jeunes individualités, comme Greg Oden ou (cocorico) Nicolas Batum, peuvent tirer leur épingles du jeu (surtout que les joueurs sus-cités sont loin d’être des manchots en attaque). Bref, l’effectif est beau, large, soudé et présente encore des marges de progression presque effrayantes. Néanmoins, ne tirons pas tout de suite des plans sur la comète. Portland doit encore apprendre. Aujourd’hui, c’est apprendre à être une grosse équipe ; avec l’obligation d’être consistant en PO qui va apparaître. Les Blazers ne sont encore qu’à quelques petits pas de basculer du côté des détenteurs du trophée O’Brien. Cette saison s’annonce excitante pour les fans, mais attention à ne pas trop en demander tout de suite. Mieux vaut attendre juin 2011 avant de mettre du champagne au frais du côté du Rose Garden.
Le Monsieur Plus :
Nicolas Batum : nous nions tout chauvinisme sur 24secs. Car il faut bien avouer que Nicolas Batum pourrait apporter beaucoup aux Blazers. Premièrement par sa défense, car il est assez unique dans cet effectif en tant que chien de garde officiel. Il s’est déjà coltiné de sacrés jojos comme Kobe Bryant ou Lebron James et a accumulé de fait une expérience des plus valorisante, qui couplée à la prise de muscle inhérente aux débutants en NBA, va faire de lui une sacrée peste pour les scoreurs adverses. De l’autre côté du terrain, il sait tout faire et son sens inné du jeu devrait apporter du liant aux exécutions de Portland. Le parfait lieutenant.
Ce que l’on aimerait voir :
-quelques bons dunks de l’ami Rudy Fernandez
-Oden éviter durablement les fautes
-Roy accrocher un triple-double
-le Rose Garden chavirer bruyamment de bonheur
20 août 2009
Trophée(s) pour 201X
De gros trades ont eu lieu cet été, qui vont avoir leur importance pour la course au titre. Mais l’on a assez peu parlé des signatures qui pourraient bien avoir un impact de l’ampleur d’une dynastie.
Il y a de grandes chances que l’on considère cet été 2009 comme le point d’ancrage d’une grande équipe. En effet, les Portland Trail Blazers ont resigné Brandon Roy pour 5 ans, en faisant de fait LE franchise player désigné. Cela apparaît dans la suite logique des choses, mais toujours est-il que ce contrat cimente l’avenir de Roy dans l’Oregon. Et donc la possibilité de bâtir solidement. D’autant plus, que les discussions avancent sereinement avec Lamarcus Aldridge, un second loustic tout aussi déterminant.
Avoir déniché ces perles était un très joli coup. Leur offrir un environnement propice à leur épanouissement a été bien fait. Savoir les conserver était tout aussi déterminant. Maintenant que les fondations sont bonnes, l’on peut commencer à construire efficacement. Vous vous en doutiez peut-être, mais je vais vous resservir la fameuse théorie du duo, comme quoi il faut associer deux superstars avec des joueurs de devoir pour arriver très près d’un titre. Nos deux gaillards sont des superstars en puissance. Malgré qu’il ait un peu d’intox –il allait affronter Bryant au tour PO suivant- Artest a quand même déclaré que Roy était le meilleur joueur sur qui il lui a été donné de défendre ; il a collé aux baskets d’un bon paquet de très bons joueurs et l’on peut de plus penser que Roy n’est pas atteint son summum à 25ans. De son côté, Aldridge semble prêt à assurer la relève des grands postes 4 comme Tim Duncan ou Kevin Garnett. Deux très grands joueurs, à n’en pas douter, qui ont sensiblement le même âge, commencent à accumuler de l’expérience commune et ont encore de belles années devant eux. Cerise sur le gâteau, ils apparaissent très complémentaires.
Mais cette fameuse théorie prend quand même du plomb dans l’aile, si l’on y regarde de plus près. Ou toujours est-il que l’alchimie est plus complexe que cela. Alors que le Heat de 2006 semble se rapprocher de ce schéma, des équipes comme les Lakers (que cela soit Horry pour Kobe-Shaq ou Odom pour Bryant-Gasol) voire les Bulls (Grant puis Rodman) disposent d’un socle binomial mais également d’un « monsieur plus » qui faisait souvent pencher la balance du bon côté dans les moments chauds. Tous les joueurs cités sont d’avantage que des « joueurs de complément » et des joueurs de cette trempe, Portland ne semble pas en disposer à ce jour. On passe alors aux tridents. Celui des Spurs ou plus récemment des Celtics. Ce qui aurait motivé les dirigeants à signer Turkoglu avant que celui-ci ne fasse faux bond.
Mais ces considérations restent abstraites et ne doivent pas masquer le caractère unique de chaque équipe victorieuse. L’effectif de Portland a des atouts à faire valoir. Surtout que maintenant, les deux leaders se détachent. La saison dernière, le roster ressemblait à un immense vivier de talents ; dont certains se dégageaient par leur complémentarité et leur efficacité aux côtés du fameux duo. Exit donc les Frye, Diogu,… dont la talent est indéniable, mais qui n’ont pas su s’accrocher au bon wagon. Le but n’est plus de faire une sorte de grand camp de jeunes potentiels mais bien de construire autour de ceux qui se sont détachés, maintenant que les lacunes ont été analysées. Les Blazers ont jeté leur dévolu sur Miller pour mener la danse au lieu d’un plus jeune Sessions. Le choix aurait sans doute été autre si Portland était dans la même situation que deux ans auparavant, mais témoigne d’un changement de logique quant à l’édification de l’équipe. Portland n’est plus l’équipe « jeune et talentueuse », c’est devenu une prétendante. Une forme de puberté. Ce n’est peut-être pas glamour, mais au sortir, l’on trouvera une équipe de Portland mature et prête à jouer véritablement dans la cours des prétendants. 
Dans ce cadre là, il faut sans doute s’attendre à ce que l’une des meilleures attaques de la ligue fasse quelques sacrifices pour densifier une défense pas vraiment au niveau. Personnellement, je ne serai pas surpris de voir Fernandez être échangé : malgré son indéniable talent, il est parfois dépassé physiquement en défense (pas assez costaud pour certains poste 2, pas assez rapide pour certains poste 1) ; son talent et son intelligence de jeu lui confèrent une belle valeur marchande et je pense qu’il sera échangé contre un pur défenseur, pour les rares minutes où Roy ne sera pas sur le parquet. En revanche, Batum a une belle carte à jouer. Même s’il risque de perdre son fauteuil de starter, sa défense sur l’homme devrait être un atout. D’autant plus qu’en attaque, il fait preuve de choix pertinents avec un volume de ballons joués minime. Oden, d’avantage dans l’ombre –ce qui pourrait lui convenir, vu la timidité du garçon- serait délesté d’un poids et de la pression ; nul doute qu’il va pouvoir se révéler très précieux en complément du duo, que ce soit en attaque avec ses moves près du cercle ou en défense avec sa grande carcasse dissuasive, pour peu qu’il arrive –enfin- à s’épargner des fautes.
Les Blazers ont acquis des certitudes, avec un noyau talentueux. Le temps est fini de parler des Portland comme un groupe de jeunes, il est grand temps pour eux de passer à la dimension supérieure. Celle de la confirmation, parfois la plus difficile. La machine est dotée d’une force de frappe énorme, il faut encore trouver les quelques rouages qui iront parfaitement avec le projet de jeu, ancré dans les signatures sur le long terme de Roy et LMA. Portland est à deux doigts de la poignée qui leur ouvrirait bien grande une fenêtre d’opportunité pour gagner un ou plusieurs titres.
5 août 2009
Rendez-vous pris pour le 27 octobre
Il a enfin été annoncé. Le calendrier des 1230 rencontres de NBA pour la saison 2009-2010 est tombé. Un sacré marathon, qui va commencer le 27 octobre prochain. La NBA aura pour l’occasion mis les petits plats dans les grands et attaquera directement par quelques plats de résistance bien fournis.
Presque 6 mois d’intense compétition, rythmés par des affiches savamment distillées tout au long de l’année. Quelques buzz orchestrés, que l’on prendra plus pour des clins d’œil aux fans que comme des vrais évènements ; comme Kobe Bryant qui ira fêter ses 81pts sur le parquet du Madison Square Garden où il avait pris feu l’an dernier. Une façon comme un autre de contourner le problème d’un si long calendrier.
Car, d’un point de vue purement sportif, il est impossible de prévoir autant à l’avance quelles affiches seront intéressantes et donc comment les répartir à l’avance pour disposer d’un calendrier équilibré avec de beaux duels chaque semaine. C’est donc sur des oppositions symboliques (joueurs qui reviennent sur leurs anciennes terres, rivalités,…) que la NBA table pour son calendrier. Les grandes chaînes TV n’ont d’autres alternatives que de suivre, puisqu’elles s’arrangent déjà pour réserver leurs soirées NBA. Avant donc que le saison commence, se basant sur des analyses l’état de forme supposée des équipes au moment de la draft et les performances de l’année précédente. C’est pourquoi la saison dernière, les Pistons jouissaient d’une exposition indécente par rapport au jeu proposé.
Exit donc les poulains, quand on ne diffuse que 15 matchs comme ABC voire 96 pour NBA TV, l’on mise sur des valeurs sûres. On notera que Houston, New Jersey, Sacramento, Milwaukee et Charlotte n’auront aucun de leurs matchs diffusés sur Espn ou ABC, à savoir le plus grand réseau nord-américain de diffusion de sport à la TV. Oklahoma et Toronto n’auront les honneurs de cette diffusion nationale qu’une fois. Ses équipes sont pourtant loin d’être inintéressantes, et nombreux sont les amateurs qui ne rechigneraient pas à voir des joueurs comme Durant, Turkoglu, Harris et compagnie plus souvent. Cela pourrait être un autre argument en faveur de la réduction de la longueur de la saison (82 matchs !).
Comme nous ne sommes pas annonceurs, nous n’allons pas vous pointer d’ores et déjà les quelques gros duels qui risquent de parsemer la saison. Durant cette période, nous vous ferons un point hebdomadaire sur les matchs de la semaine à regarder en priorité ; nous tenterons de mélanger les affrontements symboliques portés par le buzz et les matchs qui pourraient s’avérer intéressants vis-à-vis du jeu et des solutions proposées par les équipes en présence. Comme l’on est entre nous, je peux vous dire qu’il y a moyen de télécharger un grand nombre de matchs, via Internet, quelques heures après leur diffusion sur les chaînes locales. Vous devriez donc pouvoir vous procurer les matchs que nous conseillerons, mais nous allons vérifier que nous puissions faire ça dans la légalité avant de vous proposer les liens directement sur ce blog.
Mais « comme il faut bien s’occuper durant cette période estivale », voici un détail des rencontres programmées pour l’Opening Night. Traditionnellement un joli feu d’artifice. Cette année encore, l’on risque d’être heureux que la NBA reprenne :
Wanna be Starting Somethin’
Washington Wizards @ Dallas Mavericks
Deux équipes dont on pourrait attendre beaucoup. Qu’on attend de voir pour les classer dans la hiérarchie. Côté Washington, l’on attend bien évidemment beaucoup du retour de Gilbert Arenas. L’addition de Foye et Miller rend le secteur extérieur des Wizards plutôt impressionnant. Certes, la peinture apparaît toujours aussi friable, à l’heure où les prétendants bétonnent la raquette. Mais le trio fantastique de Wash' pourrait toujours faire quelques étincelles et devenir un sacré poil à gratter à l’Est. Pour les Mavericks, personnellement, je ne les voyais pas réussir à ce point leur saison dernière. Leur recrutement (Marion, Gooden) laisse à penser que la fameuse fenêtre d’opportunité n’est pas encore complètement fermée pour Dallas. Surtout avec un Nowitski encore stratosphérique.
En bref, nous avons à faire avec deux équipes qui pourraient bien être des outsiders surprises. A la condition que l’alchimie collective fonctionne bien. Ce premier match pourrait nous donner de précieuses indications de l’état d’esprit de ces équipes à l’entame de la compétition. Un bon début pour l’une de ces franchises pourrait la faire subitement monter dans la hiérarchie supposée et ses match-ups particuliers mis en valeur.
Houston Rockets @ Portland Trail Blazers
Ces équipes semblent aller vers un futur proche tellement diamétralement opposé qu’on en oublierait presque qu’elles se sont affrontées au premier tour des derniers PO. Et que c’est Houston qui a gagné. Portland est sensé suivre son carnet de route cette saison et franchir un nouveau cap – à savoir au moins un tour de PO. Andre Miller est arrivé pour montrer la voie, on attend d’Oden qu’il joue plus relâché et que Roy et Aldridge soient encore un peu plus phénoménaux. Après avoir été fébriles l’an dernier au début de l’exercice (la calendrier n’aidant pas), les Blazers doivent assumer d’entrée.
Cela passe par exemple par gagner ce premier match à domicile. Face à une équipe de Houston que l’on sent de l’extérieur un peu perdue et déboussolée par la perte de Yao Ming pour toute cette saison. McGrady se veut rassurant dans ses déclarations, mais c’est uniquement son rôle de capitaine qu’il joue. Yao n’étant plus là, il faut que McGrady soit comme un phare. Car après plus d’un an sans véritablement jouer, l’on ne peut pas savoir si le talent se serait quelque peu dilué. D’autant plus qu’il ne devrait pas être présent lors de cette Opening Night. Houston se présentera alors sans véritable leader. Bien que Houston soit doué d’un collectif brillant et bien huilé, Portland devra saisir l’opportunité et faire preuve d’un certain killer-instinct. Gage de maturité pour entamer cette saison où la pression et les attentes autour de cette équipe n’en seront que plus grandes.
LA Clippers @ LA Lakers
La guerre des voisins, comme se plaisait à le filmer Julien Courbet. Les Lakers auront à cœur de célébrer comme il se doit leur 15ème bannière de champion. Les Clippers voudront gâcher la fête, pour rappeler qu’il y a une autre franchise à Los Angeles. Traditionnellement dans l’ombre des Lakers (vous vous rappelez vraiment qu’ils étaient allé plus loin en PO que LAL en 2006 ?), les Clips aspirent à un peu plus de notoriété. Non pas grâce à la venue d’Iverson (les rumeurs semblent se tarir à ce sujet), mais bien avec leur #1 de draft, Blake Griffin. On nous le promet, ce joueur est plus proche d’un Karl Malone que du flop Olowokandi.
Retransmis à la TV, ce match sera surtout une affaire d’ego. LAL voudra montrer d’entrée qu’ils sont bien favoris à leur propre succession, tant qu’à faire en imposant une rouste au voisin peu farouche. LAC voudra prouver qu’ils méritent d’avantage de considération et qu’il faudra vraiment compter avec eux ; une telle victoire d’entrée de jeu pourrait donner du baume au cœur et une vraie âme collective à cette équipe qui semblait en manquer cruellement l’an passé. A part ça, l’on aura juste le temps de constater si Artest s’intègre bien à ce collectif si bien huilé des champions en titre ; et si l’arrivée de Blake a été couplée avec celle d’un vrai projet de jeu côté LAC.
Boston Celtics @ Cleveland Cavaliers
Chronologiquement, cela sera le match qui va ouvrir les hostilités. Après une série PO en 2008 du genre dantesque, la NBA avait programmé une revanche dès l’entame de la saison 2008-2009. Brouillonne, mais intense. La revanche n’a pas été du même tonneau, mais peu importait vu qu’on se languissait déjà de leurs retrouvailles en finales de conférence. Dommage pour eux, Orlando se la joue en mode renard et remporte la mise. Qu’à cela ne tienne ! L’on aura notre dose de melo-drame le 27 octobre pour une rencontre au sommet.
Car justement, entre le retour annoncé de Garnett et les arrivées de Sheed et Shaq, ce match risque d’être plutôt musclé. Les intérieurs des Celtics auront la bave aux lèvres pour débuter cette saison de reconquête, Shaq a affronté des catcheurs cet été. Ca promet du grabuge. Bien sûr, pour chapeauter le tout, l’on nous promet déjà un mano-a-mano entre Pierce et James pendant l’intégralité du money time. Aucune de ces deux équipes ne semble accorder à Orlando la légitimité de son titre de conférence ; ce duel apparaît donc, tant pour les C’s que les Cavs, comme un moyen de marquer l’Est de son empreinte. Ca va saigner, on vous dit !
28 juillet 2009
Quelles perspectives pour Greg Oden ?
Oden a – enfin – pris part à sa première saison NBA. A l’heure du bilan, les sceptiques font entendre leur voix. Tâchons de voir le soleil derrière les nuages.
Un gros bébé de 2.13m pour 128kgs, c’est le genre de bonhomme qu’on repère vite. Il devient encore plus immanquable dès lors qu’il joue au basket-ball et qu’il truste les récompenses individuelles au lycée et à l’université : Mr Basketball de l’Indiana en 2006, McDonald’s All-American Team, All-American Team de l’Associated Press. Ca peut avoir des airs de classements en bois vu de loin, mais il s’agit vraiment de distinctions fortes.
L’avènement arrive. Draft 2007, sous les projecteurs et le regard bienveillant de David Stern, Greg Oden est sélectionné #1 par les Portland Trail Blazers. Roy vient d’être élu Rookie de l’année précédente, Aldridge n’a pas encore explosé. On n’attend du géant qu’il bouche un trou béant dans la raquette des Blazers. On découvre ce personnage atypique, drôle et décalé à la Shaq, qui colle parfaitement à cette équipe de jeunes gens talentueux et sympathiques.
L’engouement est tel qu’on passe rapidement sur une summer league pas forcément très solide. Mais tout cela, c’était avant le drame, bien entendu. Oden se blesse pendant la pré saison et manque l’intégralité de l’exercice 2007-2008. Pendant ce temps, Aldridge se révèle, l’équipe se défend mieux que prévu et récupère à la draft suivante quelques joueurs intéressants comme Fernandez, Bayless ou Batum. Cette fois-ci, c’est décidé, ça sera en 2009 que les Blazers vont vraiment éclore.
Match d’ouverture, face à des Lakers revanchards et favoris de l’exercice. L’affiche est belle. Oden se blesse à nouveau, sans relations de causalité avec sa précédente blessure. Le spectre de Sam Bowie apparaît de manière insistante. Pour rappel, il s’agit là d’un joueur dont la carrière a été minée par des blessures récurrentes. Perspectives plutôt angoissantes. Au final, Oden aura joué 61 matchs la saison dernière. Il n’aura pas eu le temps de convaincre, ça serait même plutôt l’inverse. A peine 9pts et 7rebs pour le messie de la raquette. Ce ne sont pas des statistiques très glamour, de surcroit pour un ancien #1 de draft.
Too shy shy / Hush hush, eye to eye
Ce colosse a pour mission première d’apporter du poids à la défense et d’être une force dissuasive par ses talents au contre. Il a souvent été limité dans son action par les fautes. Ca a souvent été son pêché mignon. Face à des roublards professionnels, il est d’autant plus sujet aux fautes que face à des universitaires ; surtout s’il l’on considère que les arbitres sont toujours plus sévères envers les rookies. En moyenne, il culmine à 4 fautes pour un temps de jeu d’à peine plus de 20mins. Il en découle un temps de jeu plutôt haché, ce qui complique la façon qu’on a de rentrer dans son match.
Cela pourrait expliquer pourquoi l’on voit un Oden assez emprunté sur le parquet. D’autant plus qu’il doit s’adapter au mode professionnel. En face, même si ils ne sont pas aussi grands que lui, les intérieurs adverses seront plus acharnés et fourbes qu’une bande de jeunes universitaires qui auraient pour le coup préférés avoir examen de maths que de devoir se coltiner le géant. Oden ne peut donc plus tirer profit de son physique hors-norme de la même façon qu’il avait l’habitude de le faire ; surtout qu’il doit gamberger pas mal à cause de sa série de blessures et il se peut qu’il se livre avec un peu de retenue. Ca reste toujours un sacré morceau, à lui de trouver comment en tirer profit efficacement chez les pros. Cela peut prendre du temps.
De plus, le jeu offensif est moins centré sur lui. Ce qui est tout à fait compréhensible avec des talents comme Roy, Aldridge ou Outlaw à ses côtés. Cela doit modifier son approche du jeu : il dispose de moins de tickets shoots, il doit adapter son placement et participer d’avantage à la mise en place offensive. Passer d’un one-man show à une comédie musicale ne se fait pas forcément facilement. Il avait des impératifs de production chez les jeunes, il se retrouve avec des obligations d’efficacité chez les pros. La valeur d’un shoot pris est différente, il faut savoir quand il est pertinent de prendre un tir ou quand on doit passer outre. La peur de gâcher semble le ronger.
Car il a beau avoir un visage de centenaire, Greg Oden n’en reste pas moins un garçon. Du genre timide. Un sacré lascar marrant quand il est en confiance, mais la coquille est dure. Il s’est sans doute replié encore plus sur lui-même face à la pression. Il ne s’est pas encore adapté au jeu pro qu’on lui demande de faire ses preuves de manières fracassantes. Ses problèmes de faute l’empêchent d’entrer totalement dans le flow du match. Il veut prouver sa valeur, mais manque de confiance.
Dans la jungle de la raquette, la bataille est si intense qu’il faut aller au cercle avec une conviction maximale. Greg Oden est encore hésitant et c’est ce qui l’empêche de faire la différence. Parce que le talent est là. Il a une certaine intelligence de jeu et a relativement de bonnes mains. On sent qu’il y a quelque chose mais qu’une bride en empêche l’expression.
On ose espérer que la pression médiatique retombera. On attend souvent avec impatience le premier match NBA d’un #1 de draft, alors l’effet cocotte-minute est amplifié quand ce premier match est finalement reporté d’un an. Il sera sans doute plus tranquille pour travailler son attitude défense, pour limiter ses problèmes de fautes. Mais le facteur décisif, il viendra de Roy. Le co-capitaine de cette jeune escouade a déjà prouvé toute l’étendue de son talent. Maintenant, il doit se révéler être un vrai leader. A lui (entre autres) de permettre à Oden de se lâcher pour pouvoir franchir un pallier de décompression et jouer sur sa vraie valeur. C’est un peu tôt, mais ce gamin a déjà fait preuve d’une telle maturité que rien ne parait impossible dans ce domaine. On espère en tous cas, car il n’y a rien de plus triste dans le sport que de voir un potentiel comme celui d’Oden rongé par le doute et l’anxiété.
