20 août 2009

Trophée(s) pour 201X

De gros trades ont eu lieu cet été, qui vont avoir leur importance pour la course au titre. Mais l’on a assez peu parlé des signatures qui pourraient bien avoir un impact de l’ampleur d’une dynastie.



Il y a de grandes chances que l’on considère cet été 2009 comme le point d’ancrage d’une grande équipe. En effet, les Portland Trail Blazers ont resigné Brandon Roy pour 5 ans, en faisant de fait LE franchise player désigné. Cela apparaît dans la suite logique des choses, mais toujours est-il que ce contrat cimente l’avenir de Roy dans l’Oregon. Et donc la possibilité de bâtir solidement. D’autant plus, que les discussions avancent sereinement avec Lamarcus Aldridge, un second loustic tout aussi déterminant.



Avoir déniché ces perles était un très joli coup. Leur offrir un environnement propice à leur épanouissement a été bien fait. Savoir les conserver était tout aussi déterminant. Maintenant que les fondations sont bonnes, l’on peut commencer à construire efficacement. Vous vous en doutiez peut-être, mais je vais vous resservir la fameuse théorie du duo, comme quoi il faut associer deux superstars avec des joueurs de devoir pour arriver très près d’un titre. Nos deux gaillards sont des superstars en puissance. Malgré qu’il ait un peu d’intox –il allait affronter Bryant au tour PO suivant- Artest a quand même déclaré que Roy était le meilleur joueur sur qui il lui a été donné de défendre ; il a collé aux baskets d’un bon paquet de très bons joueurs et l’on peut de plus penser que Roy n’est pas atteint son summum à 25ans. De son côté, Aldridge semble prêt à assurer la relève des grands postes 4 comme Tim Duncan ou Kevin Garnett. Deux très grands joueurs, à n’en pas douter, qui ont sensiblement le même âge, commencent à accumuler de l’expérience commune et ont encore de belles années devant eux. Cerise sur le gâteau, ils apparaissent très complémentaires.



Mais cette fameuse théorie prend quand même du plomb dans l’aile, si l’on y regarde de plus près. Ou toujours est-il que l’alchimie est plus complexe que cela. Alors que le Heat de 2006 semble se rapprocher de ce schéma, des équipes comme les Lakers (que cela soit Horry pour Kobe-Shaq ou Odom pour Bryant-Gasol) voire les Bulls (Grant puis Rodman) disposent d’un socle binomial mais également d’un « monsieur plus » qui faisait souvent pencher la balance du bon côté dans les moments chauds. Tous les joueurs cités sont d’avantage que des « joueurs de complément » et des joueurs de cette trempe, Portland ne semble pas en disposer à ce jour. On passe alors aux tridents. Celui des Spurs ou plus récemment des Celtics. Ce qui aurait motivé les dirigeants à signer Turkoglu avant que celui-ci ne fasse faux bond.



Mais ces considérations restent abstraites et ne doivent pas masquer le caractère unique de chaque équipe victorieuse. L’effectif de Portland a des atouts à faire valoir. Surtout que maintenant, les deux leaders se détachent. La saison dernière, le roster ressemblait à un immense vivier de talents ; dont certains se dégageaient par leur complémentarité et leur efficacité aux côtés du fameux duo. Exit donc les Frye, Diogu,… dont la talent est indéniable, mais qui n’ont pas su s’accrocher au bon wagon. Le but n’est plus de faire une sorte de grand camp de jeunes potentiels mais bien de construire autour de ceux qui se sont détachés, maintenant que les lacunes ont été analysées. Les Blazers ont jeté leur dévolu sur Miller pour mener la danse au lieu d’un plus jeune Sessions. Le choix aurait sans doute été autre si Portland était dans la même situation que deux ans auparavant, mais témoigne d’un changement de logique quant à l’édification de l’équipe. Portland n’est plus l’équipe « jeune et talentueuse », c’est devenu une prétendante. Une forme de puberté. Ce n’est peut-être pas glamour, mais au sortir, l’on trouvera une équipe de Portland mature et prête à jouer véritablement dans la cours des prétendants.




Dans ce cadre là, il faut sans doute s’attendre à ce que l’une des meilleures attaques de la ligue fasse quelques sacrifices pour densifier une défense pas vraiment au niveau. Personnellement, je ne serai pas surpris de voir Fernandez être échangé : malgré son indéniable talent, il est parfois dépassé physiquement en défense (pas assez costaud pour certains poste 2, pas assez rapide pour certains poste 1) ; son talent et son intelligence de jeu lui confèrent une belle valeur marchande et je pense qu’il sera échangé contre un pur défenseur, pour les rares minutes où Roy ne sera pas sur le parquet. En revanche, Batum a une belle carte à jouer. Même s’il risque de perdre son fauteuil de starter, sa défense sur l’homme devrait être un atout. D’autant plus qu’en attaque, il fait preuve de choix pertinents avec un volume de ballons joués minime. Oden, d’avantage dans l’ombre –ce qui pourrait lui convenir, vu la timidité du garçon- serait délesté d’un poids et de la pression ; nul doute qu’il va pouvoir se révéler très précieux en complément du duo, que ce soit en attaque avec ses moves près du cercle ou en défense avec sa grande carcasse dissuasive, pour peu qu’il arrive –enfin- à s’épargner des fautes.



Les Blazers ont acquis des certitudes, avec un noyau talentueux. Le temps est fini de parler des Portland comme un groupe de jeunes, il est grand temps pour eux de passer à la dimension supérieure. Celle de la confirmation, parfois la plus difficile. La machine est dotée d’une force de frappe énorme, il faut encore trouver les quelques rouages qui iront parfaitement avec le projet de jeu, ancré dans les signatures sur le long terme de Roy et LMA. Portland est à deux doigts de la poignée qui leur ouvrirait bien grande une fenêtre d’opportunité pour gagner un ou plusieurs titres.

19 août 2009

Heat Dancers Madness : Episode 2

Après un premier épisode haut en couleur, je sens que vous trépignez d’impatience de goûter à un nouvel épisode très sucré de notre feuilleton du mois d’août. Rendons-nous une nouvelle fois dans la fournaise des vestiaires endiablés des Heat Dancers.



On ne vous avait pas menti : les premiers huitièmes de finale ont été d’une rare intensité. Du sang, des bikinis et des larmes, voilà un cocktail qui a du vous tenir en haleine. Autant vous prévenir tout de suite : cette seconde fournée s’annonce encore plus relevée. La lutte est acharnée et la victoire se gagnera à la sueur de leur si joli front. Un document à archiver, sans aucun doute, tant l’intensité est déjà au summum. Trèves de palabres, entrons dans le feu de l’action !




Karelix vs Cassandra















C’est désormais un classique, on entame par une traditionnelle opposition brune – blonde. Comme citer de nouveau la féministe Lio ferait redondant, il va falloir trouver une nouvelle accroche pour passionner les foules. Après tout, quelqu’un lit-il vraiment les textes qui accompagnent les photos ?



Cassandra représente la blonde typique des universités américaines. On dirait Britney Spears à ses débuts : Sexy et faussement naïve quant à la petitesse de ses bouts de tissu lui servant de vêtement, elle traite son corps avec le plus grand respect, consciente du pouvoir de serpent charmeur qu’il peut avoir. Elle est également quelqu’un dont on apprécie la présence, outre pour le plaisir des yeux : elle a le rire facile, elle aime la pop et son film préféré est Rocky. Avec de telles références, comment ne pas la trouver agréable ? En face, son adversaire affiche clairement son multiculturalisme, jusque dans son prénom.

















Et finalement, ça a payé pour Karelix. Elle ne dance pas pour le simple plaisir d’aguicher mais parce que la musique a eu une place centrale dans son éducation. Elle adore assister à des cours de lecture de poésie et aux représentations de théâtre. Tout en cultivant un double visage de fêtarde pas tentée. Le profil à priori plus profond de Karelix lui a valu de nombreux votes : 80-20 au détriment de la bimbo blonde « classique ». Les codes ont semble-t-il changé.




Sherina vs Jenny















Voici un duel entre deux taulières du club : 7 saisons chez les Heat Dancers en cumulé. C’est comme si elle faisait parti des meubles, mais en plus sexy qu’Ikea. Deux valeurs sûres, qui n’ont pas spécialement été les stars de leurs effectifs, mais sont de solides danseuses. Du talent incontestable, au service de l’effectif, comme en témoignent le nombre impressionnants de titres de championnes qu’elles collectionnent à travers leurs années à travers le Heat.



Sherina est une sacrée tête de bois. Sa force de persuasion est l’un de ces principaux atouts. Quand elle veut qqch, elle l’obtient généralement. Une sacrée arme pour ce concours à mort. Surtout qu’en face, Jenny semble d’avantage se laisser porter par le flow des vagues : elle avait tenté l’audition pour être une cheerleader parmi les Heat Dancers avec une expérience quasi-nulle comme pom-pom, juste pour tenter l’affaire. Elle a finalement été prise, et a enchaîné pendant 4 ans. Autant dire qu’elle est presque surprise d’apparaître dans cette grande bataille.
















Elle a sans doute du s’en contenter. Bien qu’elle mette du cœur dans tout ce qu’elle fait, il manque incontestablement de la passion pour que cette candidature. Le parcours est donc resté au point mort pour la blonde platine (en dédicasse à Diam’s), elle aura donc enfin du temps pour lire les livres qu’elle se plaint de voir accumuler depuis qu’elle a commencé sa carrière de danseuse, faute de temps. 66-34, une belle victoire pour Sherina, qui doit lui ouvrir son appétit de gloire et avoir envie d’en découdre en quart de finale.



Jamie vs Kenya















La première se fait surnommer PG, la seconde aimerait visiter l’Afrique comme par hasard. Autant dire que l’on a du mal à trouver un angle d’attaque pour ce duel entre la pulpeuse Jamie et la féline Kenya. Un drôle de match, tant les points communs apparaissent rares et que les points de confrontations sont peu pertinents.



Et pourtant, des détails apparaissent semblables. Bizarrement, des personnes qui sont fondamentalement différentes se rejoignent sur des points de détails. Comme l’aspect religieux, bien qu’elles se pavanent sans trêve au lieu d’aller se faire confesser. Mais Jamie confie lire religieusement la Bible alors que Kenya adresse régulièrement des prières. De même, elles raffolent du style « trendy » pour aguicher sévère. Mis à part cela, c’est quand même le grand flou artistique pour séparer ces deux demoiselles : l’une veut nous emmener visiter Cleveland (wtf ?) alors que l’autre nous entraine en Espagne, dans l’espoir secret de pouvoir y croiser Zeze faire bronzette.
















Comment les départager alors ? Objectivement, il n’y apparait aucune piste de lecture pour déchiffrer le scrutin. L’expérience personnelle, les convictions profondes, de sombres lobbys aux intérêts financiers colossaux ? On serait même prêt à envisager les magouilles. Car face à une Jamie qui a tout tenté niveau coiffure, la brune sensuelle Kenya doit laisser sa place. Via quelques anciennes teintures, Jamie apporte un peu de blond dans les quarts de finales. 54-46 et plein de mystères.



Ashley vs Natalie
















Bon j’avoue, j’ai un petit pincement au cœur en ce qui concerne ce duel. En effet, ce match oppose mes deux chouchoutes, dès le premier tour ! J’ai trouvé cela cruel. Mais je suis un professionnel et je passerai outre ce crève-cœur qu’est de devoir départager mes deux favorites d’entrée de jeu.



Si il y en a une qui pourrait être associée au succès des Heat Dancers, c’est bien Ashley. Elle a été de toutes les campagnes victorieuses, et généralement pas cachée derrière ses camarades. Elle se sublime sous le feu des projecteurs. C’est bien pour ça qu’outre danceuse, elle a fait quelques piges en tant que mannequin, actrice et même chanteuse. Elle est très fière de tout ce qu’elle a accompli, et on la comprend, surtout vu le travail acharné qu’il y a derrière. Bref, c’est LA superstar de l’époque dorée que connait les Heat Dancers.

















En face, ça serait une célébrité montante. Présente pour la seconde année dans l’équipe, Natalie prend du galon et de l’assurance. Malheureusement, pas encore assez pour prétendre faire de l’ombre à Ashley, qui s’en sort admirablement avec un 62-38. J’en suis profondément peiné pour cette mignonne petite Natalie, à la fois rêveuse (elle veut voyager sur la Lune et son film préféré est Le Magicien d’Oz) mais qui sait vivre dans l’instant. Elle méritait vraiment d’aller plus loin, mais ce sont les dures lois d’une jungle aussi densément peuplée de jeunes naïades prêtes à tout pour conquérir le titre suprême. Car des aussi jolis sourires que ceux de Natalie, l’on va en perdre beaucoup, dès les quarts de finale, où l’on va encore monter d’une division en ce qui concerne la densité et le talent de l’opposition.

17 août 2009

Ode à Magic

Earvin Johnson Junior a fêté ce week-end ses 50 ans. L’occasion de célébrer cet homme qui est un véritable symbole sur et hors des parquets.



J’avoue que j’ai longuement hésité à faire un tel article, ce qui explique pourquoi il arrive si tard. En effet, pour moi Magic Johnson est le meilleur joueur que la NBA ait connu et pour un tel article, ça sera principalement le cœur qui va parler. Mais soit, allons-y. Voici donc un éloge du célèbre numéro 32 des Lakers de Los Angeles.



D’ailleurs, commençons par la fin. Quand il est alors le numéro 15 (d’où mon numéro plus tard en club) de la Dream Team des USA. Il n’a plus joué au niveau professionnel depuis plus d’1 an, mais cette sélection fait office d’hommage : pour redorer le blason de Team USA et montrer que les yankees sont bien les rois du basket, une icône comme Magic se devait d’y être. D’autant plus que sportivement, cela se justifiait d’autant plus avec la horde de talents au scoring qui composait cette équipe, qu’il fallait alimenter équitablement et dans les meilleures conditions histoire d’assurer le show. Faire parti de la meilleure équipe de tous les temps, tous sports confondus, voilà qui contribue à l’aura l’entourant (comme pour la dizaine de stars l’entourant).



Enfin, quand j’ai dit 1 an sans jouer, ça serait éluder le All-Star Game en février 1992. Magic y a pris part alors qu’il a pris sa retraite à l’aube de la saison 1991-1992. Cela témoigne de la popularité et du respect qu’inspire Magic Johnson. Surtout que cerise sur le gâteau, il en est élu meilleur joueur, après des 1-contre-1 épiques face à Jordan puis Thomas. Une grande fête en hommage à Magic. Et quel meilleur théâtre pour célébrer le roi du showtime ?



Car quand on le parle d’Earvin Johnson, on pense immédiatement au showtime. On pense aussi aux shorts courts, certes ; d’ailleurs a-t-on trouvé quelqu’un qui porte ces choses immondes avec autant d’élégance que Magic ? Quand on arrive à dégager de la classe en portant des shorts aussi courts, c’est bien qu’on jouit d’une aura extraordinaire. Sans oublier non plus le sublime qui se dégageait de sa rivalité avec Bird. Bref, revenons au showtime ; ce style si caractéristique des Lakers de Magic. Cela consistait principalement à insuffler une cadence folle aux rencontres, avec des relances incessantes, que cela soit sur rebond ou panier encaissé. Se créaient alors des failles dans les défenses adverses, à exploiter pour des dunks ou des shoots ouverts.




Le maestro maniait tout ceci avec un style débridé, voire fou, qui collait parfaitement avec le strass et les paillettes d’une ville comme LA. Du basket-champagne, selon l’expression consacrée. Beau, frais, léger, exaltant,… vous pouvez y aller de vos superlatifs préférés. Avec ses feintes et passes acrobatiques (dans le dos, sans regarder,…), autant pour aguicher le public que pour faire perdre la tête à ses adversaires, Magic distillait avec précision LA passe. Cela venait principalement du fait qu’il voyait les choses avant qu’elles arrivent. Le fameux dixième de seconde en plus ou en moins, qui peut faire la différence au plus haut niveau. Son timing et sa vision du jeu étaient et sont encore aujourd’hui incomparables, c’est comme si il avait vu par avance la séquence qui va se dérouler.



Bien entendu, le Showtime tel qu’on l’a connu doit beaucoup aux coéquipiers de Magic, comme Jabbar, Worthy ou Scott. Mais il se dégage de Magic cette impression qu’il aurait pu exceller dans n’importe quelle autre situation. Pour toutes les autres grandes stars, il faut un minimum bâtir autour d’elles pour qu’elles puissent s’épanouir au mieux et délivrer tout leur talent (« une supporting cast » comme on dit souvent). J’ai vraiment la sensation qu’en ce qui concerne Magic, c’est une opération beaucoup plus naturelle, qu’il aurait pu se fondre dans n’importe quel moule et le porter vers les sommets. C’est comme si le jeu venait à lui. Bien sûr, cette sensation se crédibilise avec la polyvalence époustouflante de Magic. Avec bien entendu, comme symbole, cette finale 1980 où il joue, en l’absence de Jabbar, aux 5 postes pour finalement être élu MVP des Finales en tant que rookie.
Toutes ces raisons font que, pour moi, Magic Johnson EST le jeu. Ce n’est pas qu’il l’aime passionnément, c’est beaucoup plus transcendantal que cela. Son impact sur la façon de jouer est énorme. Si Jordan a eu cette reconnaissance à travers le monde, c’est parce que Magic a sillonné les fondements. On arrive alors à la Finale 1991 entre les Bulls et les Lakers, en guise de passation de pouvoir. Entre un MJ au visage fermé et au volume de shoot conséquent et un Magic phénomène à la passe, avec son traditionnel sourire.



Ce sourire ! Magic, il filait la patate, indéniablement. Cela colle bien avec le style de jeu. Mais cela va bien au-delà. Un vrai modèle hors des parquets, avec sa tristement célèbre séropositivité. Sa détermination et son optimisme ont montré qu’il n’y avait pas de fatalité dans la maladie. Il a donné espoir aux gens malades, comme il a donné du rêve aux fans de basket. Au-delà de la simple dédicace à un grand champion pour son anniversaire, célébrer les 50 ans de Magic est émotionnellement fort alors que l’on le pensait condamné lors de sa conférence de presse en 1991 quand il a révélé sa maladie.



Il a révolutionné le jeu et marqué de son empreinte la NBA pour encore de nombreuses années. Qu’importent alors les stats ? Il s’est fait dépossédé de titres individuels (celui de meilleur passeur absolu, notamment), mais son niveau lors de son come-back en 1995 a montré qu’il aurait largement pu aller gratter certains records. Surtout que son jeu ne s’est pas fondamentalement basé sur ces capacités physiques, il aurait pu avoir une longévité incroyable. Et pourquoi pas un 6ème titre. Mais au final, le chiffre le plus important, c’est celui de 50.



16 août 2009

Preview : NBA Live 2010

Le jeu vidéo est le secteur du divertissement qui génère le plus grand chiffre d’affaire. Deux mastodontes se disputent chaque année la couronne de « référence de l’année » en matière de simulation de basket-ball. Aujourd’hui, tour d’horizon du prochain NBA Live.



Ca a beau être un sport d’équipe, ça aide pas mal quand on a un leader particulièrement talentueux. Cette année, NBA Live mise beaucoup sur son transfuge : Mike Wang. Ancien mentor de la saga adverse (NBA 2K), il a supervisé de loin l’opus 09 avant d’être le producteur de ce nouvel épisode. Couplé à la puissance de frappe des équipes d’EA Sports, on attend beaucoup de cette association.



Car il faut savoir que EA lésine rarement quand il s’agit d’aligner le chéquier. Vous retrouverez bien entendu toutes vos stars préférées, avec un mimétisme poussé à l’obsession : que cela soit au niveau de leurs tatouages fidèlement reproduits ou de leur style savamment calqué, l’on reconnait nos athlètes favoris au premier coup d’œil. De plus, le fan retrouvera tout un tas de petit plus qu’il saura apprécier. On citera par exemple l’imposante collection de maillots rétro, tous plus kitchs les uns que les autres.



C’est une tradition, NBA Live saisit l’essence du show que propose la NBA. Cela passe par des commentaires dynamiques et une mise en scène quasi-hollywoodienne. Notez que l’on retrouvera de nombreuses « entrées en scène » caractéristiques des plus grands showmen de la ligue : James et son talc, Garnett et son coup de boule au panier,… En match, cela passe par un public très présent et dont le degré d’intervention dépendra de l’intensité et de l’importance du match joué. Les fans donnent de la voix, on les voit s’agiter dans les gradins,… Cet aspect a été un peu plus poussé que dans la réalité, histoire de vraiment sentir l’importance du support de la salle. Salles bien entendues toute reproduites fidèlement et dont les développeurs s’attachent à rendre compte des ambiances particulières ; de ce que l’on en a vu, le pari semble plutôt réussi.



Pour pimenter le tout, vous aurez bien sûr tout le loisir de voir les bancs s’agiter, du remplacent avec sa serviette au coach attentif sur le bord du terrain. Chaque coach aura sa philosophie propre, avec un système DNA encore plus poussé. Ce sigle désigne en anglais l’ADN et ce système a été expérimenté dans le dernier NBA Live. Comme vous l’avez deviné, il s’agit là de donner une véritable identité à chaque entité. Les joueurs ont leurs spots favoris et mouvements caractéristiques, les équipes se retrouvent avec le même projet de jeu que dans la réalité. Tout ceci a été digéré et permet donc de rendre les affrontements virtuels aussi vrais que nature ; les analyses des commentateurs en deviennent que plus pertinentes, en donnant les clefs de la rencontre et les duels à suivre tout particulièrement. Pour ajouter à cela, sachez que via le net, les données sont peaufinées en fonction des tendances du vrai championnat NBA (blessures, transferts, progression fulgurante,…)via Synergy Sport, la référence en matière de données d’analyses ; le Dynamic DNA vous assure un rendu proche des vraies forces en présence, malgré que le soft sorte avant l’entame de la saison NBA.



Pour ce qui est du jeu plus spécifiquement, les développeurs ont travaillé sur la fluidité. Les mouvements s’enchaînent avec un réalisme bluffant. L’on n’a vraiment plus cette désagréable sensation que l’on dirige des robots qui reproduisent parfaitement les mouvements en soi mais les enchaînent sans harmonie. Pour les tirs, une simple pression du bouton suffit, l’environnement (position par rapport au panier, défense,…) influant sur quel type de shoot sera tenté par votre joueur. Le tout s’accompagne de toute une pléiade de nouvelles animations, comme des dunks encore inédits et assez spectaculaires. L’on regrettera que les paniers encaissent sans trop broncher. Pour finir, la durée de vie s’annonce exceptionnelle, si bien que l’on se demande si l’on en aura fait le tour avant la sortie du 2011. Les modes traditionnels seront présents, dont un mode dynasty amélioré. A noter que la récente initiative de proposer des compétitions internationales Fiba a été conservée.



En conclusion, NBA Live semble s’être bien remis en question et a bien peaufiner son projet de jeu ; tout en gardant une mise en scène des plus flashy. Le cocktail pourrait bien s’avérer explosif manette en main. Pour vous aider à patienter, voici quelques vidéos des améliorations les plus marquantes de ce nouvel opus. Pour info, sachez que la partie a été configurée pour être la plus permissive possible afin de bien cibler les mouvements à exhiber, bien entendu que vos coéquipiers seront plus à l'affut et que vos adversaires plus hargneux. Enjoy, comme on dit outre-Atlantique :







15 août 2009

Le 5 de Georges Eddy

Comme il faut bien s’occuper pendant cette période estivale, nous avons demandé à des personnalités de composer leur 5 idéal. Aujourd’hui, c’est Georges Eddy, commentateur impartial, qui s’attèle à la tâche :



Bonjour messieurs daaaaames ! J’adore faire des 5. Je concocte des équipes de folie, capables d’entrer dans la 8ème dimension ! Avec ce 5-là, l’on atteint des hauteurs stra-tos-phé-riques. C’est juste dommage que mon choix a été restreint à la NBA actuelle, je ne vais pas pouvoir faire jouer mes connaissances pointues sur les gloires du championnat français des années 1970. Tant pis, je vais me contenter de donner mon meilleur 5 actuel en NBA, ça va être caviar-time messieurs dames :



PG – Tony Parker

Le meilleur meneur en NBA ! C’est le joueur le plus rapide ballon en main, il a inventé le fameux tear drop que beaucoup lui ont copié par la suite. C’est un scandale qu’il ne soit pas dans la All-NBA First Team.



SG – Mike Pietrus

Le seul à pouvoir défendre sur Kobe pendant une série. Avec sa vivacité et son shoot extérieur retrouvé, Mike est sans donc le joueur le plus efficace au poste d’arrière ! En plus, il youtubise souvent ses adversaires avec des dunks de fowlie.



SF – Boris Diaw

Nom de Diaw ! Attends, attends, attends… mais on tient là le successeur de Magic Johnson ! C’est le joueur le plus complet que je n’ai jamais vu, avec un sens inné de la passe. Si enfin une organisation lui offrait l’environnement nécessaire pour s’épanouir complètement…



PF – Ronny Turiaf

J’adore ce joueur. Il est tout le temps en train de faire le kakou sur le bord du terrain. Ca ne vaut pas les Lakers Girls, mais il fait quand même un sacré raffut avec sa serviette. Et quand il est sur le terrain, il se donne à fond, il se jette sur tous les ballons, j’aime bien voir cet engagement chez les joueurs.



P – Joakim Noah

Enfin un grand mobile et avec de l’envie pour l’équipe de France. J’adore la hargne de ce garçon. Ses nœuds papillons aussi. C’est un guerrier, un battant. Dans les duels en mega-haute-altituuuudes, il est toujours à l’affut pour un cake-o-rama des familles.



*Ceci est bien entendu factice. Si le vrai Georges Eddy nous lis, nous serons honorés de réparer notre erreur de jugement en proposant son vrai 5 majeur.

14 août 2009

Le dernier son de cloche

Le quadruple défenseur de l’année revient dans le club où il aura connu ses plus belles heures. Est-ce d’avantage un jubilé ou un ultime sursaut d’orgueil de la part de Ben Wallace ? Voici quelques clefs :



Ben Wallace est arrivé en provenance d’Orlando en 2000, dans l’échange impliquant Grant Hill. Une arrivée discrète, que l’on aurait surtout pensé qu’elle était là pour faire le compte. Loin s’en faut : outre donc son co-record de titres de « Défenseur de l’année », Big Ben apparaît dans un des trois 5 All-NBA de 2002 à 2006. C’est donc fort d’une aura imposante qu’il signe chez les Bulls à l’été 2006. Il était sensé être un leader charismatique et aider cette jeune équipe à franchir un cap. Mais alors que cette première saison a été une relative déception (sorti par les Pistons, après avoir balayé une équipe boitillante du Heat), la saison suivante a été complètement ratée.



Wallace s’est quelque peu refait la cerise en tant que joueur besogneux aux Cavs, où il alternait la défense sur les postes 4 et 5. Mais une blessure l’a contraint à se tenir éloigné des parquets pour la fin de la saison et les PO. Transféré pour O’Neal et laissé libre par les Suns, Wallace avait sérieusement songé à raccrocher les baskets. Mais finalement, ses anciens coéquipiers à Detroit, Prince et Hamilton, l’ont convaincu de revenir au bercail. Alors que les fans l’ont copieusement sifflé durant les affrontements qui ont suivi sa signature à Chicago –sans doute une histoire de gros sous-, nul doute que Big Ben sera de nouveau accueilli comme le fils prodigue, surtout s’il nous ressort sa mythique coupe afro.



Malgré sa relative petite taille, il reste un pivot de métier. Derrière Kwame Brown, les purs pivot sont rares dans le roster des Pistons. Physiquement, il n’est spécialement plus adapté qu’un Wilcox voire un Maxiell, mais il jouit d’une sacré expérience sur ce poste. Sans compter son travail en aides défensives et son activité en deuxième rideau. Son jeu un peu frustre était compensé par une dépense d’énergie et une motivation exemplaires ; avec un physique consumé par les années, son impact diminue. Mais l’on parle plutôt de le faire jouer par séquences, durant lesquelles il pourrait insuffler toute son intensité ; et ainsi donner un coup de boost à la dynamique collective.



Car outre son apport purement sportif, encore sujet aux questionnements, c’est sur le plan mental que l’arrivée de Ben Wallace risque d’être précieuse pour les Pistons. A la vue de la saison purgatoire que Detroit vient de vivre et le grand chamboulement estival d’effectif, on peut bien dire que la franchise est en reconstruction, mieux : elle est sans doute en quête d’identité. Le retour de Big Ben risque d’impliquer autant les anciens que de motiver les nouveaux. La flamme de Wallace est là, pour qu’il ait finalement rempilé ; il risque alors d’entrainer dans son sillage des joueurs qui ne sont pas vraiment connus pour leurs efforts défensifs.



En bref, Big Ben risque de cimenter un effectif pourtant assez largement remanié. Certes son jeu n’a plus le lustre d’antan, mais son apport est rassurant et nous offre certaines certitudes sur une équipe qui était entourée de flou au niveau du projet de jeu et sa mise en application.


12 août 2009

Flo Pietrus : le piège Bobcats ?

Consultant très particulier auprès de l’Equipe de France, Larry Brown a posé de nouveaux jalons. Il a aussi marqué sur ses tablettes le nom de Florent Pietrus. Petit tour de la situation.



Comme nous ne traitons que de l’actualité NBA, l’occasion était trop belle pour ne pas toucher quelques mots à propos de l’équipe de France de basket. Actuellement bien partie dans son tournoi de repêchage pour le prochain Euro, l’EDF se construit un groupe efficace et solide sous la houlette de Vincent Collet et donc l’œil du sage Larry Brown. Les deux louent l’impact de Florent Pietrus tant sur le terrain que dans les vestiaires. Pourtant effacé en club, Pietrus semble s’offrir un bon bol d’air revitalisant au contact de l’équipe nationale.



Leader spirituel et spécialiste de la défense, Pietrus n’est pas parvenu à avoir un impact dans une équipe de Valencia qui lui ressemblait peut-être moins (l’entraineur qui l’avait recruté l’été dernier a été limogé très tôt dans la saison). Il est vrai que le style de Brown pourrait lui convenir et que les Bobcats seraient une occasion de rebondir. Un travailleur acharné, qui n’a pas peur des tâches ingrates ; il serait plutôt complémentaires, derrière des joueurs dont peu, au final, sont de vrais postes 4.



Le problème vient de ses mensurations. 2m01, cela fait plutôt court sur pattes pour un poste 4 dans la jungle de la NBA. Un Luis Scola lui rend déjà près de 5cms. Et surtout Pietrus n’a pas le talent de l’argentin de l’autre côté du parquet. En effet, le fait d’être assez frustre en attaque condamne presque tous les espoirs du français de fouler, à 28ans, un parquet NBA. Un bon défenseur intérieur, en deuxième ou troisième rotation, va vite être d’avantage utilisé comme chair à canon s’il ne peut représenter une menace offensive. La règle de la défense illégale devrait lui permettre de valoriser son dynamisme dans les intervalles, mais ses difficultés à se créer des opportunités devraient l’handicaper au moment du choix de Charlotte, qui devrait vraisemblablement se tourner vers un gabarit plus massif pour faire quelques piges défensives au poste 4. Mais surtout, l’on peut se questionner sur le bien fondé de ce bruit. Si elle est très vraisemblable, il faut bien voir que la longueur des tablettes des franchises NBA est assez imposante, surtout quand il s’agit de bricoler son effectif dans les détails. Rien nous dit que Pietrus y soit haut placé ; d’autant plus que l’équipe était parmi les pires en attaque de toute la NBA et le transfert pour Tyson Chandler ne nous pousse pas à imaginer que la tendance va s’inverser.



Alors après, il y a toujours l’exemple Bruce Bowen, passé par la ProA avant de devenir une pièce maitresse d’une équipe plusieurs fois championne NBA. Le fait qu’être un bon défenseur, efficace en aides, ne peut pas se détecter dans les summer camps. Le fait que Dennis Rodman ne faisait « que » 2m03 et a réussi avec sa hargne et son sens du placement à être 7 fois de suite meilleur rebondeur. Quelques signes encourageants, qui pourraient pousser celui qui pourrait déjà passer pour un baroudeur à tenter le coup. Quand on vous donne l’opportunité de jouer (ou l’espoir d’une opportunité) en NBA 6ans après votre inscription à la draft, cela doit forcement vous titiller.



Si cela se concrétise, cela pourrait même être dangereux pour Pietrus. Ses précédentes saisons montrent qu’il lui faut un environnement adapté pour vraiment s’exprimer. Cela fait quelques temps que s’il assure en EDF, c’est parce qu’il a été sélectionné pour son mérite passé en sélection que sur ses performances en clubs. S’il n’est pas arrivé à réellement percer en Liga, il risque d’avoir encore plus de mal en NBA où, dans son registre, de nombreux athlètes américains –peut-être d’avantage bêtement bourrins- risquent de lui tenir la dragée haute. Dès que l’on creuse un peu dans les joueurs de rotation, la vie est loin d’être facile pour les benchers NBA. A 28ans, après des années difficiles en Espagne, il n’a pas besoin de cela. Il a besoin de temps de jeu, sa passion débordante en a besoin. Même s’il trouve sa place dans le roster des Cats, son temps de jeu ne sera pas épais. Il vaut mieux qu’il s’éclate plus longtemps, sur un parquet européen. Ca peut paraître cruel comme conseil, mais je pense que ça serait pour son bien. En revanche, j’ai conscience que cela serait un choix difficile à prendre, j’espère donc vivement que ce transfert restera à l’état de bruit de couloir.