14 décembre 2009

Arenas et sa poudre de perlimpinpin

Là encore, disséquons un manque de clairvoyance de la part de l’équipe de 24secondes, en analysant l’échec cuisant que représente le début de saison des Wizards. Mais notons bien que nous ne sommes pas les seuls à être tombé dans le panneau et que les fausses pistes étaient plutôt alléchantes.

C’était annoncé comme devant être la saison du come-back pour les Wizards de Washington. Le retour de Gilbert Arenas et l’arrivée de Flip Saunders aux commandes devaient permettre à l’équipe de tourner à plein régime pour faire quelques étincelles en saison et ainsi accrocher un spot décent pour les PO. Oui mais voilà, la machine toussote et a clairement du mal à se mettre en marche.

7-14. Le bilan est loin d’être fameux, surtout quand on regarde le calendrier qui n’était pas particulièrement difficile. Il n’a pas été facile non plus, on va dire neutre. Et pour une équipe que l’on pensait repartie sur une nouvelle dynamique, un tel bilan fait évidemment tâche. Pourtant, on avait des raisons d’y croire. A commencer par Gilbert Arenas qui a troqué son costume du blogger Agent Zero pour se concentrer encore d’avantage sur le basket. Moins grande gueule, on a retrouvé un Arenas mature à la baguette des Wizards. Sans pour autant renier ses incroyables talents de scoring machine, il se veut plus complet et distribue mieux le jeu en fonction des circonstances. Il en résulte que même s’il ne culmine « qu’à » 20pts de moyenne, ses presque 7 passes constituent pour lui un record en carrière. A cause de ses blessures récurrentes, il a passé deux ans au purgatoire, durant lesquelles il s’est remis en question. Dans l’attitude, l’on sent beaucoup plus que l’ex Agent Zero fait tout pour le bien du collectif en priorité. Cela s’est notamment matérialisé récemment face aux Pacers, dans une défaite où Gilbert Arenas s’est payé le luxe d’accrocher un triple-double (le troisième effectué dans la ligue cette saison). Ce qui constitue pour lui une première depuis plus de 5 ans.


Par contre, même si les intentions sont bonnes et se matérialisent dans une certaines mesure, l’on est loin d’atteindre la plénitude. Il a passé globalement deux ans sans tâter du haut niveau. Il faut une période d’adaptation à ses nouveaux coéquipiers, accentué par le fait qu’il arrive dans une nouvelle organisation. Flip Saunders est, selon moi, un coach brillant, mais ses nouveaux système représentent obligatoirement un milieu non-familier pour Arenas, ce qui retarde d’autant plus sa ré-acclimatation. Mais au-delà de cela, il faut qu’il réapprenne à être un leader. Le leadership se base peut-être sur quelques éléments innés, mais c’est surtout quelque chose qui se travaille. Et après deux ans dans le formol, même si cela lui a permis de quitter la tunique parfois grandiloquente de l’Agent Zero, il a du perdre de sa superbe. Aujourd’hui, Arenas n’est pas magnifique comme il l’était. Rien à voir avec une répartition plus parcimonieuse de ses stats, il n’a juste plus la même aura sur un terrain de basket. De plus, il faut qu’il réapprenne à gagner. Dans ce fameux match à Indiana, il a manqué 2 lancers-francs cruciaux dans le money-time. Idem quelques heures plus tôt face à Boston, où son passage sur la ligne constituait un vrai espoir de victoire.


Derrière, sans l’éclat de l’Agent Zero pour nous éblouir, les lacunes des Wizards n’en sont que plus criantes. Il manque toujours du poids dans la raquette, dans une NBA où les peintures des principaux prétendants ou challengers ressemblent à des forêts vierges. Antawn Jamison apporte du scoring toute en densité physique sous les panneaux, mais il n’a aucun impact en défense ; il se pourrait même que si impact il y a, il soit plutôt négatif. Quant à Caron Butler, il se met à remettre en cause le statut du #0. Alors qu’il a joué aux côtés de Dwane Wade, Kobe Bryant (à une période assez faste en shoots pour le bonhomme) et de l’ancien Arenas, donc qu’il sait se rentrer dans les costumes de lieutenants. Oui, mais le joueur doit sentir/vouloir que son heure sonne, à 29 ans (d’autant plus qu’Arenas en a 27) et qu’il sent bien que le leadership a été plus ou moins été laissé vaquant. Bref, la transformation annoncée, et constatée dès le training camp, de Gilbert Arenas a finalement eu des effets pervers sur l’équipe de Washington. Après 2 ans d’arrête forcé, aurait-il pu en être autrement ?

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