20 décembre 2009

Bonne chance, Darko

Darko Milicic fait parler de lui. En effet, le serbe a annoncé qu’il allait arrêter les dégâts en NBA pour aller jouer au basket en Europe l’an prochain. Ultime occasion pour la plupart des médias de liquider leurs dernières vannes sarcastiques et opportunité pour nous de lui rendre hommage.

La carrière de Darko Milicic en NBA aura donc duré 7 ans et aura fait plus de bruits dans les colonnes des divers éditorialistes que sur les parquets. C’est sûr qu’être sorti en 2nd position de la draft 2003, cela donne du grain à moudre. Surtout quand on est choisi devant des pépites comme Dwyane Wade, Carmelo Anthony, Chris Bosh, Chris Kaman ou Zaza Pachulia. Le périple de Darko Milicic en NBA est l’histoire d’une tête de turc trop idéale.

C’est vrai que pour commencer, sa teinture blonde platine ne l’a pas aidé. C’était profondément laid et ne l’aidait pas à paraître crédible. Autre chose qui n’a pas arrangé sa cause : il est serbe. Je ne suis pas en train de faire un pamphlet anti-xénophobie, mais il me semble qu’on se moque plus facilement de quelqu’un de « culturellement » différent. Et puis, certes, il n’a jamais confirmé sur le terrain le potentiel que l’on voyait en lui. Un mec de 2m13 avec cette mobilité, c’était sensé être une galère totale pour les raquettes adverses. Tellement que Joe Dumars l’a choisi dans l’optique d’assurer l’avenir de la franchise.

Car replaçons-nous dans le contexte. Joe Dumars est aux manettes depuis 4 ans pour conduire un lifting de la franchise : exit Grant Hill et bienvenue à Ben Wallace. Le nouveau GM réunit peu à peu les pièces d’un puzzle qui s’avérera gagnant. Chauncey Billups et Richard Hamilton arrivent du côté du Palace. La draft 2002 a été l’occasion d’enrôler Tayshaun Prince, qui a déjà témoigné de belles choses sur les terrains. Il faut voir qu’avec le jeu des échanges et de la lottery, les Detroit Pistons se trouvent avec un choix de draft presque indécent vu leur position en championnat. Ils n’ont quelque part pas besoin d’un « NBA ready » comme pouvaient l’être Melo ou Bosh, mais d’un joueur a l’envergure plus petite pour pouvoir s’implanter dans le collectif et le projet de jeu mis petit à petit en place par le front office.


Les Pistons n’avaient pas besoin d’un second choix de draft et ils ne l’ont pas utilisé comme tel. Il est ridicule d’essayer de refaire le monde. Beaucoup aiment à se demander où seraient les Pistons avec un talent comme Carmelo Anthony dans leurs rangs. Melo aurait entravé l’épanouissement de Prince sur le poste 3. Il aurait entraîné une autre philosophie de jeu, notamment à cause de son volume de shoots et une défense moins stricte. Certes, accueillir une star aurait peut être été meilleur en 2009, vu la situation peu enviable dans laquelle est Detroit actuellement. Mais ça aurait aussi grandement perturbé l’alchimie, que l’on a pu constater être gagnante. Au final, les Pistons de Detroit que l'on connait resteront une équipe marquante des années 2000.

Cela était particulièrement clair pour Darko Milicic lui-même. Il ne s’est d’ailleurs jamais vendu comme étant de la trempe de ceux sélectionnés juste après lui. Sans doute lassé par des années de raillerie, il s’était même confié lors d’une interview, disant qu’il n’avait jamais demandé à être choisi aussi haut. Qu’il n’est pas de la trempe de ceux que l’on sélectionne habituellement dans les premiers choix de draft. Qu’il s’était inscrit pour « juste » vivre son rêve de jouer en NBA. Pas forcement pour faire les grands titres. Mais voilà, aussi modestes soit son niveau et ses prétentions, être choisi en 2ème position, qui plus est lors de l’une des plus belles draft de l’histoire, cela braque inévitablement les projecteurs sur vous. Avec les attentes qui vont avec.


Mais si l’on fait abstraction de cela, il rend des feuilles de stats assez correctes. Du genre 8pts, 5,5rebs et 2blks en 24mins avec Orlando en 2006-2007 ; avec quelques pics intéressants, comme ses 12pts de moyenne dans la série de PO face à son ancien club. Le garçon possède des fondamentaux et une combinaison physique taille-mobilité toujours aussi rare. Mais il ne trouve pas sa place dans la rotation, que cela soit à Memphis l’an dernier, ou –encore pire- dans le bazar ambulant qu’est le jeu des Knicks. En soi, il a largement le niveau d’un Zaza Pachulia, choisi bien plus bas dans la draft cette année-là.

Voilà donc Darko Milicic s’en aller vers les championnats européens, qu’il n’aura finalement quasiment jamais connu, puisqu’il s’est envolé pour les Etats-Unis à 17ans. Il y a travaillé durement et y a subi une injection d’humilité à dose quasi-létale. Car il faut être solide pour subir des railleries aussi démesurées. Son jeu devrait bien coller avec le style européen et nul doute qu’il pourra se tailler une place de choix dans une équipe compétitive. Tout ce qu’on peut lui souhaiter, c’est d’enfin pouvoir prendre du plaisir sur un terrain de basket. Il le mérite.

1 commentaire:

  1. J'en veux quand même beaucoup à Larry Brown qui a flingué le début de carrière de Darko. Avec un début de carrière aussi vide de temps de jeu, normal que le mec n'ait jamais pu vraiment s'acclimater. Il avait pourtant fait des choses intéressantes, mais je crois que c'était trop risqué du point de vue médiatique pour les clubs qui auraient voulu le recruter...

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