22 nov. 2009

Les faucons ont pris leur envol

Atlanta Hawks, club qui semblait perdu pour la NBA. Il y'a trois ans, les faucons flirtaient avec les bas-fonds de la ligue, ne comptant que sur la draft pour se sortir d'une situation catastrophique. Depuis, les choses ont radicalement changées. Un coup de jeune sur la franchise, un changement de style des maillots, et les voilà repartis vers les sommets comme au bon vieux temps. Il y'a une dizaine d'année la bande à Steve Smith et Dikembe Mutombo faisait peur à toute la ligue. Cette année, c'est une équipe à fière allure qui déploie ses ailes !

L'an dernier, les Hawks ont clairement montrés à leurs rivaux qu'il faudrait désormais compter sur eux : une quatrième place à l'Est derrière le trio infernal Boston-Cleveland-Orlando semble avoir installé durablement les Hawks a une place d'outsider de la conférence dans tous les esprits. Mais peu auraient pu prédire qu'en ce début de saison, les Hawks tiendraient un rythme de candidat aux finales NBA !


Car c'est bien ce que font les Hawks, grâce à leur série de 7 victoires consécutives renforcée la nuit dernière par une victoire au buzzer contre les Rockets, l'équipe d'Atlanta a actuellement le meilleur bilan de la NBA ! Et pas avec un calendrier trop maigre, puisqu'ils ont déjà battus Boston, Denver, et Portland par deux fois. Leur deux défaites ont été contre les Lakers et... Charlotte !


Et pourtant, les Hawks n'ont pas changés par rapport à l'an dernier. Aucun des joueurs majeurs du club n'a spécialement cartonné en ce début de saison, non c'est plutôt un collectif assez homogène avec à la baguette Mike Bibby qui réussit collectivement son début de saison. Si Joe Johnson est nettement au dessus du lot, la bonne surprise vient de la recrue : Jamal Crawford débarquée de Golden State l'an passé et qui s'est bien acclimaté à son nouveau statut de 6ème homme. Il apporte surtout son scoring et son jeu manque de dimension, mais il concourra sûrement au titre de meilleur 6ème homme. Il intervient en doublure de Mike Bibby, permettant à celui-ci de se reposer (il n'est plus tout jeune) mais aussi en tant que 2ème arrière. Le schéma tactique des Hawks n'est donc pas figé, mais repose essentiellement sur la rotation du cinq majeur auquel il faut ajouter Crawford. Josh Smith a vu son jeu se tourner un peu plus vers l'intérieur, et son apport au rebond en soutien de Horford est important.

Mais les Hawks pourront-ils tenir toute une saison sur ce rythme ? Car avec un banc un peu court (Pachulia - Smith - Evans - Teague n'atteignent pas les 15 points par match à eux 4) et un secteur intérieur limité, les Hawks vont devoir s'accrocher et prier pour garder une infirmerie vide si ils veulent continuer leur impressionnante série. Reste qu'avec cette équipe jeune, une telle dynamique est toujours bonne à prendre, et avec un moral gonflé à bloc, on peut vite faire oublier certaines limites de l'effectif. Les Hawks ont de plus la chance d'avoir un calendrier assez léger car ils n'ont pas vraiment de semaines cruciales avant la dernière de décembre qui les verra affronter Chicago, Denver et les Cavaliers par deux fois. C'est sûrement autour du nouvel an et pendant un mois de janvier ô combien déterminant (Boston par 3 fois, Orlando 2 fois, Washington et San Antonio) que l'on pourra juger du vrai potentiel de cette équipe. Reste maintenant à assurer les matchs contre les plus petites équipes et à éviter la même déconvenue que contre Charlotte.


Avec un peu de concentration, un jeu toujours aussi beau et un collectif aussi bien huilé, Atlanta peut vraiment rêver de s'offrir de belles performances en playoffs. Reste à savoir si Mike Bibby peut canaliser ses jeunes troupes pour en faire des guerriers lors des rudes batailles contre les équipes phares de la ligue. Si ils y arrivent, ils pourraient bien créer de belles surprises jusqu'aux playoffs et même pendant. A eux de faire à nouveau rêver une ville d'Atlanta qui attendait de tels résultat depuis la période Dikembe Mutombo / Mookie Blaylock / Steve Smith. Une période qui avait vu les Hawks réaliser de grandes choses, mais sans jamais rien gagner...



18 nov. 2009

Et si Brandon Jennings avait raison ?

On s’en souvient, le numéro 10 de la dernière draft avait créer la sensation en déclarant à qui veut l’entendre qu’il était bien meilleur que Ricky Rubio, le prospect chouchou. Cela faisait écho à une personnalité haute en couleur, qui dégageait une confiance en lui hors du commun.

Avant même son arrivée dans la NBA, Brandon Jennings défrayait la chronique. Il a en effet zappé le passage par l’université pour faire ses classes en Euroligue, à la Roma. Un parcours atypique qui faisait quelques frileux, surtout que ses stats étaient moins clinquantes que celles de ses collègues outre-Atlantique, l’Europe abordant un style moins débridé et donc moins propice aux cartons statistiques.

Voilà donc l’enfant terrible qui débarque à Milwaukee, franchise moribonde à qui l’on ne donnait pas cher des chances avec le départ bradé de Richard Jerfferson. Encore moins avec la nouvelle blessure de Michael Redd, qui a manqué une bonne partie du début d’exercice. Mais pourtant, les Bucks affichent un bilan honorable de 5 victoires pour 3 défaites. Et parmi ces 3 défaites, 2 se sont jugées à 2pts, soit une possession, un tir, un détail.


Et au moment de distribuer les bons points, Brandon Jennings est en tête de liste. 25pts, 5 rebs, 5 asts, c’est un sacré tableau, qui force le respect. Il s’est particulièrement mis en lumière dernièrement face aux Warriors. Certes, ils ont une défense en gruyère, mais le gamin s’est quand même payé le luxe d’empiler 55pts pour couper court au débat. Niveau scoring chez un rookie, il se taille une place de choix parmi des cadors comme Wilt Chamberlain, Lebron James ou Kareem Abdul-Jabbar. Quand même.

Force est de constater que son passage par l’Euroleague lui permet de dominer totalement le jeu maintenant en NBA. Celui lui a permis d’avoir du sacré plomb dans la cervelle et de maîtriser bien mieux les aspects du jeu et de les assumer avec une maturité surprenante. Ce qui n’en sublime que bien plus ses indéniables qualités de joueur. Comme cette main gauche magnifiquement exploitée par une dextérité hors-paire. Une potentielle triple menace par sa vivacité en pénétration, son tir de loin à respecter et sa vision du jeu plutôt ouverte. Mais derrière, Brandon Jennings c’est aussi cette grande gueule, son assurance presque arrogante. Son travail acharné le lui confèrerait presque le droit de l’ouvrir autant. Au-delà de son expertise européenne, il est aussi un beau stéréotype de l’American Dream. On pourrait même voir dans ce gamin une sorte de fusion entre deux cultures de basket différentes. C’est limite poétique.


Finalement, peut-être est-il en voie de devenir le meilleur meneur NBA, comme il l’avais promis cet été. Au niveau du potentiel, seuls l’élite peut rivaliser avec lui. Et puis les stats parlent pour lui. Il a su fédérer les Bucks pour arriver à un 5-3 assez flatteur vu le roster. Il a su s’exposer pour dynamiser une rencontre mais également impliquer ses coéquipiers à bon escient. Tous ceux qui le trouvaient fou de penser tenir la dragée haute à Ricky Rubio sur un parquet NBA doivent commencer à réviser leur jugement. Talentueux, mature et haut en couleurs, Brandon Jennings fascine. Nul doute que ça sera quelqu’un en NBA. Et qu’il a fait sien le trône de Rookie de l’Année laissé vaquant par un Blake Griffin blessé et qui va devoir batailler sévère pour pouvoir le récupérer.

14 nov. 2009

La numérologie selon Lebron


Le numéro 23 est associé pour tout basketteur ayant connu les années 90 à Michael Jordan. His Airness restera dans les esprits comme le plus grand basketteur de tous les temps. Mais pour les jeunes générations (expression de vieux je sais), Jordan appartient au passé, certes proche, mais au passé. Les joueurs arrivant dans la ligue actuellement n'étaient même pas au collège lors des performances du 23 des Bulls. Comment alors lui rendre hommage à travers le temps ?

Étonnamment c'est de Lebron James que semble nous venir la réponse : celui qui porte le même numéro que Jordan et que les médias ont vite élus comme le successeur de MJ a rendu sûrement l'un des plus beaux hommages à celui qu'il l'a tant fait rêver. Bel hommage certes, mais est-il totalement désintéressé et montre t-il vraiment les qualités morales de la star de Cleveland ?


A 24 secondes, nos avis sont vraiment partagés sur cette nouvelle. Alors, avant de passer à nos interprétations respectives, petite analyse du buzz actuel. Tout est venu d'une déclaration de Lebron James à la fin de la victoire des Cavs jeudi soir. Match où était présent... Jordan en personne. Les déclarations de Lebron ont été simples : "Je penses juste que ce que Michael Jordan a fait pour le jeu doit être reconnu d'une certaine façon -- bientôt. Il n'y aurait pas de Lebron James, de Kobe Bryant, de Dwyane Wade, vous pouvez citer tous les meilleurs joueurs de la ligue actuelle et des 10 dernières années, il n'y aurait aucun de nous sans Michael Jordan."


"Il ne peut pas avoir le logo (c'est Jerry West dont la silhouette orne le logo de la ligue) donc quelque chose doit être fait. Je penses qu'aucun joueur NBA ne devrait porter le numéro 23. Pesonne. Si je ne porte pas le numéro 23, alors personne d'autre ne devrait avoir le droit de le porter". On note au passage le melon du gaillard. Assurément il se considère comme le meilleur joueur de la ligue et le fait savoir. Parole de Lebron fera t-elle loi ? Reste à voir si c'est un effet d'annonce pour faire parler de lui ou si James va vraiment mener un lobbying pour cette mesure. Rappelons que le numéro 23 est déja retiré à Chicago mais aussi à Miami (qui est la seule équipe à avoir retiré le numéro d'un joueur d'une autre équipe).

Alors, passons à notre point de vue. Pour ma part, en plus du manque de modestie de Lebron, j'y voit peut être un indice concernant le prochain marché des free agents. Un James qui change de numéro voudrait-il dire que la star de Cleveland envisage un départ, et donc que son numéro sera amené à changer de toute facon ? Aucun moyen de le savoir à l'avance, toujours est-il que l'année prochaine marquera un nouveau départ pour Lebron.


Autre point de vue, celui de Marrh qui m'a vite convaincu de son bien fondé. En effet, un changement de numéro de James, même si il restait dans le même club serait une très belle opération marketing. Combien de nouveaux maillots rachetés à travers le monde ? Nike rééditerait assurément les chaussures de James avec son nouveau numéro (le 6 à priori) et il s'en vendrait par caisses entières. Tous les produits dérivés à l'effigie du Choosen One serait réédité dans une nouvelle version, et il s'en vendrait autant si ce n'est plus. Une très belle opération qu'appuierait généreusement les sponsors de LJ. Donc quoi qu'il arrive, changement de club ou pas, on aurait le même résultat marketing. Cela n'écarte pas la thèse d'un départ de James à l'inter saison, mais cela ne la conforte pas non plus.

Maintenant, on attend aussi les réactions d'autres piliers de la ligue, essentiellement les stars que sont Wade ou Kobe, mais surtout de bons joueurs portant le numéro 23. Dans la ligue, ils sont peu à oser porter ce numéro si lourd sur les épaules : Jason Richardon, Marcus Camby (qui a au moins l'excuse d'être arrivé dans la ligue quand Jordan sévissait encore) ou Kevin Martin la star de Sacremento sont les seuls joueurs "d'envergure" (tout est relatif) portant le numéro 23. Autrement pas dit, pas de star planétaire qui refuserait d'abandonner leur numéro. La première réaction est venu d'un proche de Jordan : Phil Jackson le coach ayant mené les Bulls vers leurs victoires a annoncé aimer l'idée de retirer à tout jamais le numéro 23, avec comme seul inconvénient que cela serait une petite humiliation pour des joueurs comme Magic ou Bird. Même si Jordan est considéré par le plus grand nombre comme le meilleur basketteur de tous les temps, d'autres joueurs comme Julius Erving, Jerry West, Bill Russell et bien d'autres mériteraient aussi de tels honneurs. Après tout, Marrh ne considère t-il pas Magic comme le meilleur joueur de tous les temps ?

Au final, on a quand même l'impression que James a envie de faire parler de lui, et qu'il se rend compte qu'en fin de carrière, si son numéro 23 rappellera des souvenirs aux plus jeunes, il n'égalera jamais ce qu'a réalisé Jordan pour la ligue et pour le basket en général. Et sur ce point, il n'a pas du tout tort !




13 nov. 2009

Nouveau départ pour les Hornets

Byron Scott, le coach des New Orleans Hornet a été viré hier soir. Il paie sans doute un début de saison peu convainquant, qui fait suite à une saison en-deçà des espérances. Analyses du premier gros mouvement de la saison 2009-2010.

La vie est dure pour les coachs, souvent considérés comme des fusibles. Le front-office a souvent la main leste et il y a peu de passe-droit. Parmi les 4 derniers lauréats du trophée d’entraîneur de l’année, seul Mike Brown (dernier en date à l’avoir obtenu) est encore en place à Cleveland. Comme Sam Mitchell ou Avery Johnson avant lui, Byron Scott s’en va par la petite porte alors qu’il a connu les honneurs en 2008.

Mais ce cas-là est encore plus frappant que les autres pré-cités. Car Byron Scott jouit d’une certaine aura, qui va bien au-delà des talents de coach qu’on lui a reconnu via son Coach of the Year Award. Tout d’abord, il faut bien avouer qu’il a une certaine stature et élégance sur le bord d’un terrain, ce qui est un atout loin d’être négligeable. Mais aussi, il a été un membre émanant des fantastiques Lakers du Showtime ; forcement, ça aide niveau charisme dégagé. Et puis il y a quelques épiphénomènes qui ont pris une importance majeure dans l’esprit des gens au moment de se prononcer sur Scott. Comme par exemple, la rumeur insistante qui veut que Kobe Bryant souhaite ardemment être coaché par l’ancien Laker ; ce qui donne du poids à une éventuelle candidature de Scott pour la succession de Phil Jackson. D’ailleurs, de nombreux angelinos y voient une opportunité en or, espérant que Byron Scott reste en free-lance jusqu’à la retraite du Zen Master.


Bref, tout un tas de choses qui font dire que Scott n’est pas n’importe qui et qu’un limogeage peut apparaître choquant. Surtout que c’est un coach qui a emmené les Nets de Jason Kidd en Finales NBA, et ce deux fois de suite, un an seulement après avoir repris en main une équipe au bilan catastrophique. Mais il ne faut pas non plus omettre l’épilogue de cette aventure du côté de NJ : Kidd a mené une sorte de mutinerie visant à démettre Scott de ses fonctions. Et dès la saison dernière, l’on a clairement vu que de nombreux joueurs n’adhéraient simplement plus au message de coach Scott. La terrible humiliation en PO (-58pts dans un match à domicile face à Denver) n’en étant que l’apothéose. Quelque chose était cassé dans la dynamique de l’équipe. Le gros contrat de Byron Scott lui accordait un sursis, mais le training camp n’a pas été l’occasion d’un nouveau départ et les Hornets poursuivent dans leur marasme.

Certains joueurs, comme David West lors d’un point presse après l’annonce du départ de Scott, n’ont pas hésité à souligner un certain manque de schémas et d’exécution tactique de la part du coaching staff. Des membres de l’organisation ne sont pas d’accord sur le temps de jeu accordé à certains joueurs, on pointe notamment la sous-utilisation du rookie Darren Collison. On en arriverait à se demander sur Byron Scott est un SI bon coach que cela.

Tout d’abord, on peut remarquer que les Hornets ont eu à faire avec un calendrier particulièrement corsé, ce qui n’aide en rien à recréer une dynamique positif autour d’un groupe plutôt fragile : San Antonio, Sacramento, Boston, NewYork, Dallas, Toronto, LAL, LAC, Phoenix ; soit un pourcentage de victoires moyen de 58% pour les adversaires des Hornets. Mais surtout, ce que l’on retiendra aisément à la décharge de Scott, c’est son roster. Il ne dispose pas d’un vrai pivot depuis le départ de Chandler, et les postes d’arrières et d’ailliers sont quasiment vacants avec un Stojakovic rongé par l’âge et les problèmes de dos et un Posey qui n’est que l’ombre de lui-même. On pourra même lui accorder qu’un duo David West – Emeka Okafor à l’intérieur est certes talentueux mais un peu court pour vraiment tenir tête, surtout dans le Far West.


Et c’est là que la solution miracle arrive. Le nouveau coach des NOH sera Jeff Bower, GM de la franchise depuis 2005. Histoire de le mettre devant ses responsabilités. Ce que le propriétaire de la franchise déguisera juste sous un « c’est celui qui connait le mieux notre équipe », sans pour autant ne pas oublier de préciser qu’il n’aura du coup pas l’excuse de ne pas avoir les joueurs dont il aurait besoin. Le proprio qui n’est évidemment pas tout blanc dans l’histoire, ayant la réputation d’être plutôt près de ses sous. Remarquez, ça tombe bien, Jeff Bower a d’avantage un look de banquier que d’entraîneur sportif.

Il a gravit lentement les échelons, passant notamment par assistant coach et scout, pour arriver finalement GM. Toujours est-il qu’il est plutôt maigrichon, niveau faits d’armes. Il a des connaissances en matière de basket indéniables. Il pourrait bien même se révéler être un coach plus technique que Byron Scott, et donc poser un cadre concret dont l’équipe avait a priori bien besoin. Mais l’on peut se demander s’il a la stature pour être accepté par Chris Paul.

Chris Paul, la pépite de New Orleans, que beaucoup n’hésitent pas à qualifier comme étant le meilleur meneur actuel. Il est forcement frustré de la situation actuelle, mais en adéquation avec l’image du gendre parfait qu’il renvoi, il reste fidèle et se dédie corps et âme à la ville de NO. Mais il ne faut pas négliger les rapports qu’ont tissé Paul et Scott. Ce dernier a en quelques sortes tiré les leçons des déboires qu’il a connu en 2004 avec Jason Kidd et a établi une relation privilégié avec son jeune meneur. D’autant plus que Chris Paul est un affectif, qui a au final connu très peu de coachs ces dernières années : Skip Prosser à l’université (Paul est d’ailleurs apparu très marqué à ses funérailles il y a quelques mois) et donc Byron Scott chez les pros. Et alors que la majorité de l’équipe semblait déconnecté par rapport à Scott, CP3 semblait toujours adhérer au projet. Il y a le risque que ce qui pourrait être comme un électrochoc salvateur pour la quasi-totalité du roster puisse avoir un effet néfaste sur leur leader.

Mais Jeff Bower et Chris Paul ont un intérêt commun : sauver la saison des Hornets. Et au final, cela pourrait bien les transcender l’un comme l’autre. Le problème est de savoir ce qui sera considéré comme étant un bon résultat : durant la saison 2007-2008, rétrospectivement, les Hornets étaient clairement en surrégime. L’arrivée prometteuse de James Posey a entraîne des attentes démesurées, qui redescendent comme un soufflé. Mais après avoir connu la folie des grandeurs il y a moins de 2 ans, les Hornets auront-t-ils l’humilité nécessaire pour considérer avec du recul le bilan futur de cette saison 2009-2010 ? Vu les concessions qu’entraineront ce changement d’entraîneur, peut-être la pilule sera difficile à avaler.

11 nov. 2009

La métamorphose de Noah

Il faut l'avouer, quand on parle de joueurs français en NBA, on est très facilement chauvin. Forcément, voir nos bleus s'imposer dans la grande ligue américaine fait plaisir à voir. Joakim Noah a fait un saison rookie plutôt correcte mais sans faire de vague (mis à part extra-sportive), mais s'est révélé en playoffs à un niveau d'intensité qu'on ne lui connaissait pas. Continuant sur sa lancée, il régale tous les fans des Bulls cette saison.

Car Noah est en train de faire un début de saison époustouflant : meilleur rebondeur des Bulls (il est actuellement le 2ème meilleur rebondeur de la NBA !), il a travaillé tout l'été son jeu afin de devenir une arme offensive efficace pour son équipe. Joueur assez frustre, il a l'an dernier compensé avec son agressivité. Se pourrait-il qu'une bonne dose de talent se cache derrière l'un des meilleurs intérieurs français de ces dernières années ?

Noah est aussi un atout en or pour l'équipe de France. Bouffé par les frères Gasol lors de la défaite à l'Euro contre l'Espagne, les Bleus auraient bien eu besoin de sa présence au rebond et en défense sur Pau. Mais les Bulls ont tenus à ce qu'il soit à Chicago cet été afin de préparer au mieux sa saison. Objectif : prendre du muscle, beaucoup de muscle. Il faut dire qu'avec le peu de bagage technique de Noah, autant faire de lui un monstre de puissance. Et pourtant... et pourtant en ce début de saison, ce n'est pas la puissance de Noah qui impressionne. Certes il est en train de devenir l'un des tout meilleurs rebondeurs de la ligue, mais c'est surtout les nouveaux moves qu'il semble s'être découvert. Capable enfin de jouer au panier et de mettre un petit hook-shot main gauche, d'emmener son adversaire ligne de fond et de le passer d'un reverse, on se demande si le fils de Yannick a appris tout ça cet été ou si il se lâche enfin dans cette équipe jeune et prometteuse ?


Il est indéniable qu'outre l'aspect sportif, Noah apporte une énergie et surtout une joie de vivre à ses coéquipiers. Il suffisait de le voir il y a deux nuits lors de la victoire façe à Charlotte : sur une belle passe de Brad Miller il allait arracher l'anneau d'un dunk tout en puissance. Une fois retombé sur ses pieds il poussait un de ses cris rageurs qu'on lui connaît, provoquant l'hilarité de Miller. Il est un de ces joueurs qui assure la cohésion d'un groupe et qui montre le chemin en terme d'intensité, et ses coéquipiers semblent unanimes sur le sujet. Les observateurs aussi, et notamment Scottie Pippen qui lui a rendu un bel hommage dernièrement.


Avec encore une superbe performance cette nuit : 12 points mais surtout 21 rebonds, Noah montre qu'en plus d'être impressionnant il sait être régulier : 11 points et plus de 12 rebonds de moyenne, il sera à coup sûr à la lutte pour le titre de meilleur rebondeur de la saison. Sa réputation de défenseur solide est maintenant bien établi, il peut sereinement travailler son jeu offensif et viser haut, très haut. Sam Smith, le principal expert concernant les Bulls aux Etats Unis l'imagine déja All Star, plus rapidement que Derrick Rose ! Avec les deux Superman assurément sélectionné, pas sûr qu'il ait sa place cette année, mais on devrait le voir très souvent dans le classement des joueurs récoltant le plus de votes.


Le meilleur dans tout ça, c'est que Noah semble être tout ce qui manque à l'équipe de France : un vrai pivot dominant. On a plus qu'à attendre avec impatience les championnats du monde pour voir Noah se mesurer aux meilleurs à son poste. Et vus sa marge de progression et ses performances actuelles, gageons que d'ici là il sera l'un des tous meilleurs pivots de la NBA !


10 nov. 2009

Des cendres à Phoenix

Si vous vous rappelez, nous n’avions pas été tendres avec les Suns lors de notre tour d’horizon d’avant saison. Comme nous ne sommes que de modestes observateurs, nous n’hésitons pas à faire notre mea culpa. Surtout quand celui-ci cache une réalité des plus réjouissantes.

7-1. Plus de 110pts inscrits par match. Leader au nombre de 3pts inscrits. Les Suns de Phoenix sont particulièrement clinquants en ce début de saison. On pouvait légitimement émettre quelques réserves, suite à une année passée à se chercher, ce qui leur a coûté une place en PO. Mais Phoenix est bien vite reparti sur un rythme effréné.

Faire venir l’Hippoposhaq au milieu d’une meute de pur sangs a été un pari. On peut discuter pendant longtemps du bien-fondé d’un pari concernant une équipe pourtant à l’origine assez proche du Saint-Graal. Mais toujours est-il que le bilan a été négatif, les Suns se perdant dans divers changements de philosophie. Alvin Gentry, disciple de D’Antoni, est passé du statut d’intérimaire à celui de coach en place, et il a pu disposer de toute la off-season et du training camp pour imposer sa marque. Exit donc O’Neal pour un clair retour au style débridé qui a fait le bonheur des fans des Suns et plus globalement du beau basket.


A la baguette, deux esthètes. Le premier : Grant Hill. Ce véritable gentleman n’a pas succombé aux sirènes de Boston, Miami ou New York et s’est décidé à rempiler à Phoenix. L’air de L’Arizona, et le staff médical, lui font du bien, en gommant les petits pépins physiques qui l’handicapaient depuis un trop long moment. Grant Hill peut enfin s’impliquer corps et âme dans un projet sportif et ainsi s’épanouir dans le basket. Qu’il prenne du plaisir dans une équipe un minimum compétitive, c’est tout ce que l’on puisse lui souhaiter ; même si l’on ne peut pas s’empêcher d’être déçu d’avoir manqué l’incroyable carrière qu’il aurait dû avoir. Aux commandes, le double-Mvp Steve Nash. Lui aussi a préféré prolonger son contrat –et ainsi ne pas faire parti du big bang de la free agency 2010- pour continuer sur le même navire. Malgré un âge certain, que l’on pensait rédhibitoire pour un poste aussi dynamique que meneur de jeu, Steve Nash pratique un basket toujours étincelant. Plus de 18pts et presque 13asts, il est d’ailleurs actuellement le meilleur passeur de la ligue, damnant le pion à ses jeunes homologues. Ce qui pourrait expliquer cette domination statistique, c’est que l’on retrouve un Nash pleinement heureux sur un terrain, n’ayant pas à forcer sa natur. Tant dans l’attitude que dans la production, le canadien est resplendissant. Les dernières fois où on l’a vu comme cela, ça correspond aux plus belles campagnes des Suns en post-saison.

Les tauliers font preuve d’un épanouissement total au sein de cet effectif. Ce qui est parfaitement relayé derrière par une intelligence de jeu, personnelle et collective. Alors que d’autres équipes pratiquent un ersatz de run’n gun (Golden State, New York,…) la mécanique mise en place par les Suns est parfaitement rodée. Les mouvements apparaissent beaucoup plus instinctifs et naturels, ce qui contraste fatalement avec l’an dernier où il y avait une constante appréhension et donc un temps de retard dans l’exécution. Phoenix joue enfin libéré.


On a également l’impression que cela ne peut aller que mieux, maintenant qu’il y eut une sorte de déclic psychologique. Un gars comme Chinning Frye va prendre ses marques et devrait encore progresser dans le collectif. Avec son passage à Portland derrière la révélation Lamarcus Aldridge, on en avait presque oublié qu’il était l’un des chouchous du Madison Square Garden et qu’il était pétri de talent, un talent qu’il devrait pouvoir exposer au grand-chose maintenant qu’il est libéré –décidemment le dénominateur commun à tout ce roster. Et surtout, dans cet environnement, on ne peut pas occulter qu’il y a de grandes chances pour qu’Amare Stoudemire monte en température. Certes il revient d’une blessure handicapante, mais sa détermination a déjà été prouvée par le passé et la perspective d’un nouveau contrat (à Phoenix ou ailleurs) l’été prochain pourrait bien servir comme une carotte supplémentaire.

Phoenix serait-il alors de retour sur le devant de la scène ? Leur carton face à Boston (110pts inscrits) montre que les Suns n’ont à redouter personne, car ils seront très peu nombreux ceux qui pourront dépasser les 100pts dans l’antre des Celtics. Leur calendrier peu indulgent (11matchs à l’extérieur lors du premier mois de compétition) tend à prouver qu’ils peuvent enchaîner. Néanmoins, leur rotation réduite à peau de chagrin risque de les handicaper au moment d’atteindre les sommets les plus pentus. Mais ne boudons pas notre plaisir. Phoenix is back in business, pour notre plus grand plaisir. I love this game, comme ils disent là-haut.

9 nov. 2009

Superman vs Superman

Mercredi soir se tiendra la rencontre phare de la semaine. Pour faire gentiment monter la sauce, 24 secondes vous propose un aperçu complet de ce Cleveland Cavaliers @ Orlando Magic qui s’annonce riche en enseignements.

Il y a parfois des chocs entre gros bras qui font un flop, escamotés par l’une ou l’autre des deux équipes. Mais il y en a dont on sait qu’il faut à tous prix des regarder. Car au-delà du plaisir esthétique (encore incertain), il y aura tout un tas d’indications qu’on ne manquera pas de commenter.

Cleveland Cavaliers @ Orlando Magic
On a tous en tête la finale de conférence Est, on se l’est de toutes façons tellement remémorée cet été. Car cette série cristallise toute la remise en question des Cavs pour cette nouvelle campagne. Les arrivées de défense sur les ailes, Jamario Moon et Anthony Parker, viennent répondre aux frappes chirurgicales émanant de Rashard Lewis, Mike Pietrus et consorts qui ont mis à mal la défense des archi-favoris Cavaliers. Et même si Stan Van Gundy grommelle que ses joueurs ne forment pas encore une vraie équipe, l’exécution et le placement font que le Magic est l’une des équipes qui bombardent le plus à 3pts. Un apport de taille et de pugnacité défensive qui devraient rendre la tâche plus compliquée pour le Magic qu’elle ne l’était face à des Delonte West ou Wally Scherbiak qui ne sont pas des foudres de guerre en défense.


Mais aussi, cette sortie par la petite porte a poussé les dirigeants à monter un échange pour Shaquille O’Neal. On en a donc parlé tout l’été, on a disséqué les premières sorties chaotiques des Cavs, mais l’heure des comptes a véritablement sonné. Qu’importe rouler sur la ligue et avoir tous les indicateurs statistiques au vert, ce qui compte c’est le titre. Et nul doute que tout Cleveland troquerait bien leur campagne précédente contre une saison plus laborieuse si les épreuves rencontrées permettent de se sublimer au moment d’aller gagner le titre. Vu son âge, sa condition physique loin d’être optimale et son impact massif sur le jeu de son équipe, il est évident que The Diesel va être un poids pour les Cavs pendant la saison régulière. Le fait est que son apport risque également d’être un vrai plus au moment de faire pencher la balance en PO.

Mais ce match-là n’est pas un match de saison régulière. Surtout pour O’Neal. Car ce match, ne nous le cachons pas, sera surtout à propos des Supermen : l’original Shaq et son successeur illégitime Dwight Howard. Howard, du haut de son sourire n’a espéré qu’une chose : la reconnaissance du Shaq, que celui-ci le considère digne de porter à présent le flambeau. La mégalomanie du shogun doit jouer, mais c’est surtout leurs trop nombreuses ressemblances qui font que Shaq ne reconnaisse pas D-12 : deux jeunes pivots stars, qui emmènent Orlando en Finale, deux forces de la nature couplés à une certaine excentricité. La comparaison est trop frontale, O’Neal se sent attaqué dans sa légende et répète à qui veut l’entendre que tout ce qu’Howard a fait, il l’a inventé. Le ton avait quelque peu monté notamment lors de leur dernière rencontre. On se souvient que Van Gundy n’avait pas manqué de souligner le floping de Shaq face à son protégé et que The Big Cactus avait été très virulent envers son ancien entraineur (que SvG ait été le coach d’O’Neal à Miami n’arrange bien sûr pas les choses).


Reprenons. O’Neal a donc été recruté par Cleveland pour stopper l’ennemi public numéro 1 : Dwight Howard. Ce match sera une première indication si le transfert de The Diesel est plutôt à ranger du côté positif ou du côté négatif. Encore une fois, que la saison soit plus tumultueuse n’a pas vraiment d’importance, il faut surtout avoir de quoi lutter contre les références (et principalement Orlando) sur une série de 7 matchs. Et le duel de mercredi nous permettra de savoir si O’Neal apporte quelques clefs. Bien sûr, il est trop tôt dans la saison et il y a donc beaucoup trop de réglages à faire d’ici les PO pour que cette rencontre serve d’étalon quant à une éventuelle série de PO. Néanmoins, ce que l’on aura entrevu permettra d’espérer ou non, car il y avait franchement une classe d’écart lors des finales de conférence.

Et tant qu’à faire, vu le bien connu feuilleton Lebron James, et ce peu importe comment Cleveland quittera la post-season, autant que James passe la saison motivé plutôt que d’ores et déjà frustré en voyant l’étendu du travail qui sépare son équipe des potentiels finalistes. La saison est longue, certes. Mais après un départ mi-figue mi-raisin, le résultat de ce match pourrait avoir une lourde incidence sur la dynamique collective de Cleveland. Car au-delà de la trame principale concernant O’Neal, les Cavs ont tout un tas de soucis ; comme par exemple le fait qu’ils n’étirent pas assez la défense. Et même si le Magic n’est pas encore au niveau d’efficacité qu’on lui a connu l’an passé, la seule présence de l’envergure de Dwight Howard devrait gêner considérablement l’attaque de Cleveland.

Cet été via son émission de télé-réalité, O’Neal s’est mesuré aux plus grands sportifs sur leur propre terrain. L’épilogue de cette émission pourrait bien avoir lieu mercredi, sauf que cette fois, ça ne sera pas pour de rire. Car ici, on joue sur le terrain d’O’Neal et jamais il n’accepterait qu’on puisse lui y tenir tête.