12 mars 2010

Chicago : un festin sans apéritif ?

Hier, les Bulls ont perdu plus qu’un match. En plus d’avoir été sévèrement défait par le Magic d’Orlando, Chicago perd Derrick Rose sur blessure. Le meneur star rejoint Joakim Noah et Luol Deng à l’infirmerie, ce qui entrave les espoirs de post-season des Bulls.

Les pragmatiques n’en tiendront que peu rigueur. Déjà parce que l’écart est loin d’être irrattrapable ; et surtout parce que cet exercice 2009-2010 ne serait que le préambule d’une cavalcade bien plus folle. Là encore, les regards sont tournés vers l’été 2010.

Encore une fois, me direz-vous. Malheureusement, on y va tout droit. Les Bulls sont à un bilan de 31-33 après leur défaite face au Magic et leurs 17 derniers matchs vont être loin d’être tout repos, avec beaucoup d’adversaires qui sont actuellement au dessus des .500 de victoires. Il ne faut pas oublier que les Bulls ont encore relativement beaucoup d’affrontements avec des adversaires directs, pour des matchs en mode quitte ou double, les obligeant au quasi sans-faute. Le tout avec Luol Deng, Joakim Noah et Derrick Rose sur le flanc.

L’absence du frenchy est particulièrement handicapante en défense. En effet, sa combinaison de vivacité et de taille fait cruellement défaut pour colmater dans la peinture des Bulls ; car il faut bien admettre que certains joueurs sont de piètres défenseurs au marquage individuel (Derrick Rose en tête, mais aussi Hakim Warrick ou Brad Miller). Même si ce n’est pas l’unique raison, la blessure de Jooks s’est particulièrement faite sentir au cours de ces derniers matchs, où les Bulls sont passés de la 6eme place en efficacité défensive à la 11eme.


L’attaque, la 27eme de NBA, ne se portera pas bien mieux. Les pertes de Luol Deng et Derrick Rose retirent de l’effectif les deux seuls joueurs capables d’apporter constamment du décalage en un-contre-un. Quand on sait que l’attaque des Bulls a d’ordinaire un manque criant d’adresse longue distance, une difficulté sans nom à aller gratter des points sur la ligne des lancer-francs et doit faire la croix et la bannière pour marquer en prenant position poste bas, forcement on s’attend à une sacrée catastrophe.

Dans un tel climat hostile, Vinny Del Negro n’est pas le coach que vous aimeriez voir sur le banc. Car force est de constater qu’il n’a pas fait ses preuves en 1 an et demi sur le banc ; encore moins depuis que Del Harris n’est plus à ses côtés. Alors certes, les Bulls ont encore deux matchs contre Miami et deux matchs contre Charlotte (dont un lors du season ending), sans oublier les réceptions de Milwaukee et Toronto. Ces quatre équipes sont des concurrents directs pour accrocher la fin du wagon des PO, donc tout peut aller très vite. Mais l’on ne peut pas dire que les Bulls dégagent un karma serein au moment d’aborder une partie cruciale de leur calendrier. L’attitude dominante pendant une bonne partie de la saison était que Chicago allait au pire accrocher le premier tour des PO, ce dont tout le monde se permet de douter aujourd’hui.


Mais Chicago dispose de quelques contrats à expirations, de jeunes talents reconnus, aux postes de meneur et de pivot, souvent difficiles à pourvoir. Après l’échec des Baby Bulls, le front office attend beaucoup de la free agency 2010 pour pouvoir enfin franchir un palier. En outre, Chicago, troisième ville des Etats-Unis, jouit de l’aura intarissable de cette franchise mythique que sont les Bulls.

Cependant, de nombreux couacs viennent gâcher ce son de trompette. Tout d’abord se pose la question de Luol Deng. Censé être le pilier de la renaissance des Bulls, l’on s’était réjouit ici même de son retour en forme en début de saison. Mais voilà, le britannique a encore connu une saison rythmée par les blessures et l’on commence à se demander s’il peut assumer le calendrier fou de la NBA. Une sacrée épine dans le pied, vu que son contrat est relativement imposant. Autre point à relativiser, c’est l’apparat des Bulls. Certes, devenir le maître des lieux après vous-savez-qui, ça a de la gueule. Mais le prochain Mvp des Finales pour les Bulls, surtout si c’est un arrière-ailier, ait condamné à vivre dans l’ombre du maître, ou tout du moins à supporter la comparaison avec le #23. On l’a déjà dit, mais la diffusion de la technologie et de la société de l’information font qu’il est quasi impossible de développer le même côté mystique que celui qui a entouré Jordan.

Donc pour moi, un gars de la trempe de Lebron James ou Dwayne Wade, même si ce dernier est natif de Chicago et est ambassadeur de la nouvelle marque de pompes du maître, sera plus hésitant à venir se frotter à la Légende qu’à tenter l’aventure dans une autre franchise, avec des aînés moins pesants. Le cap space ne leur permet pas non plus de faire des combinaisons audacieuses dans le recrutement et je crains qu’un Amar’e Stoudemire ne soit pas suffisant pour amener les Bulls sur le toit du monde. La seule solution crédible que je vois serait d’arriver à faire signer Chris Bosh. Nous ne développerons pas plus loin ces plans sur la comète pour nous contenter d’attendre pour voir ce qui va vraiment se passer.

Car le plus embêtant avec cette saison et cette possible non-qualification pour les PO, c’est que cela attaque Chicago sur ces certitudes. Et que le passé récent de cette franchise est plein de désillusions. Ce qui n’incite pas à l’optimisme quant au futur de la franchise. Généralement, quand les amuse-gueules ne sont pas fameux, on craint pour le plat principal.

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