24 juillet 2009

Le Shaq en fait-il trop ?


O’Neal va bientôt avoir son propre show sur ABC où il affrontera divers grands sportifs dans leur sport de prédilection. Est-ce un été digne d’un pivot star d’un client au titre final ?



Outre être un pivot extraordinaire, l’on retiendra aussi de Shaquille O’Neal qu’il a été l’un des plus grands « entertainer » que la NBA ait connu. Déjà par son physique de phénomène de foire, capable de casser un panneau en écrasant un dunk massif, couplé à un charisme indéniable qui en ont fait l’égérie d’un jeu d’action sur Super Nintendo (Shaq Fu, 1994). C’est également le premier pour la déconne et c’est un as de la dérision (comme pour son apparition dans Scary Movie 4).



Un tel bonhomme a besoin que tous les projecteurs soient braqués sur lui. Cela expliquerait sa signature pour Los Angeles alors qu’il était free agent. Un besoin que l’on a retrouvé encore récemment à travers son Twitter, où il a animé les PO par ses déclarations alors que Phoenix était resté à quai. O’Neal recherche perpétuellement son public pour exprimer l’aspect showman de son personnage.



C’est sans surprise que l’on va le retrouver dans une émission, qui sera diffusée à partir du 18 août sur ABC. Au fil des épisodes, O’Neal ira défier de grandes vedettes du sport sur leur terrain de prédilection : Phelps, Serena Williams ou De La Hoya, pour ne citer que les plus connus. On parle même d’un duel cycliste avec Lance Armstrong : Shaq vissé sur un velo, c’est vrai que ça donne sacrement envie. Sans doute en guise de promotion pour cette émission à venir, Shaq a même été sélectionné comme guest host de Raw : comprenez donc que c’est Shaq qui aura la responsabilité de l’organisation du show, c’est donc lui qui décidera des confrontations qui auront lieu. Quand on voit le physique imposant du Shaq et quand on sait que certains guest host ont, par le passé, déjà participé à des combats, ça nous donne un programme très alléchant. Bref, du très grand Shaq en perspective. Je suis friand de ses facéties, donc un tel programme ne peut que me réjouir ; et nul doute qu’il va faire rire de très nombreux téléspectateur, tant il sait jouer avec panache de son rôle de clown.



Seulement voilà, O’Neal est encore sous contrat avec une franchise NBA, qui joue pour le titre. A 37 ans, est-il raisonnable de passer une partie de son été à faire le pitre ? Même si les Cavs n’auront peut-être réellement besoin de lui pour expédier les affaires courantes en saison régulière (ils l’ont si bien fait l’an passé), mais Shaq devrait bien vite devenir incontournable une fois les PO venus. Certes, il a connu un net regain de forme ses derniers temps et le staff de Cleveland semble confiant. Mais en ce qui concerne la forme physique, O’Neal aurait mieux fait de s’en passer.



Mais The Diesel en a besoin. Histoire que Shaq reste Shaq. Il est à Cleveland pour affronter des Howard, des Garnett, des Wallace, des Bynum, des Duncan. Il faut Shaq sur le terrain, pas O’Neal. Je m’explique. A Miami, avec l’éclosion de Wade (prenons en référence le summum de la Finale 2004), O’Neal était devenu l’option secondaire. Avec Flash attirant toutes les lumières, O’Neal apparaissant beaucoup moins hors norme. D’ailleurs, a-t-il eu un surnom à cette époque ? Lui qui adore pourtant s’en décerner. Certes, il y a eu les blessures, mais rétrospectivement, l’on peut dire que l’on a eu pendant ces 2 années un Shaq plutôt terne. Superman n’était plus l’attraction principale.



En arrivant au Suns, The Big Cactus était LA nouveauté. D’autant plus frappante que l’un des pivots les plus massifs de l’histoire arrivait chez l’équipe qui tirait plus vite que son ombre. Sans être forcément gourmand, Shaq refait la Une. On parle de nouveau de lui avec insistance, sur son adaptation au jeu rapide de Phoenix et sur son rôle de défenseur attitré de Duncan pour les PO pour que Phoenix se débarrasse enfin de ses vieux démons et en finisse avec les défaites face aux Spurs. Forcément, avec les blessures de ses coéquipiers, Shaq peut d’autant plus s’éclater et prendre le jeu offensif sur ses épaules et lui confère d’avantage de possibilités de faire le zouave. Sélection au All-Star Game, après 1 an de purgatoire, il assure le show dans sa nouvelle ville. Et bizarrement, peu de temps après ce succès populaire, il enchaîne 2 matchs à plus de 30pts. Ca ne peut pas être qu’une coïncidence.



On peut refaire le même parallèle avec l’équipe des 4 fantastiques des Lakers, où associé à Bryant, Payton et Malone, O’Neal culmine à l’un de ses plus petits total de points (alors que les deux derniers cités n’étaient pas particulièrement gourmands en attaque). O’Neal était noyé dans une association (aussi prestigieuse et hétéroclite fusse-t-elle) et cela s’est ressenti sur sa production. Certes ses 4 grandes stars n’ont jamais réellement su jouer ensemble, mais Shaq peut tellement jouer en isolation au poste que cela ne pourrait pas expliquer entièrement cette baisse de production. A l’inverse, après un été où il a été convoité par la totalité des autres équipes de la ligue, il arrive à Miami en messie, Wade n’étant alors qu’un grand joueur en devenir. Il finit 2nd du vote du MVP, avec le petit écart de l’histoire avec la première place.



Bref, avec l’ombre gigantesque du King James, Shaq devrait trouver un moyen d’être malgré tout au centre de l’attention. Ce genre d’initiatives extra-sportives pourrait être sa seule façon d’exister médiatiquement en temps que personne exceptionnelle. Etre une star et créer l’événement, c’est son carburant. Avoir fait ses 12 travaux d’Hercule estivaux le fera sans doute courir plus vite qu’un mois de repos tranquille.

2 commentaires:

  1. C'est crédible. Ce show est peut être un moyen de ne pas se faire oublier de part ses performances sportives, mais jepense églement qu'il a ça ans la peau et qu'on n'y peut rien. Et je préfère ça que d'autres qui restent discret jusqu'au jour où on apprend qu'ils passent leur été à fumer de la mrijuana avec leur anciens potes de gangs (j'exagère mais y en a...)

    Quand à ton article, vraiment très bon, je n'aurais simplement vraiment pas citez la saison 2004 comme exemple. C'est vraiment quelque chose de très, mais alors très spécial. C'était Hiroshima, il n'y avait rien de naturel à cette époque dans l'envirronement du Shaq et je pense qu'on peut donc mettre ça à part du reste.

    Keep' on

    Master Zen

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  2. O'Neal est quand même de plus en plus inconstant au fil du temps et il n'a pas pu apporter autant à Phoenix qu'il aurait du. La faute à un manque de complémentarité avec Stoudemire aussi. Il devrait quand même faire attention à bien préparer ses saisons, il va avoir une santé de plus en plus fragile, et avec son poids, ses articulations vont de plus en plus souffrir...

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