5 janvier 2010

Loup, y es-tu ?

A croire que nos loupés de prédictions nous inspirent sur 24 secondes. Certes, cela nous permet d’aborder un angle de vue différent que celui pour lequel nous avions originalement opté. Mais quand même, de là à parler des Timberwolves…

Autant Zeze les estimaient honorables, autant je les voyais clairement comme l’équipe surprise. Résultat : un médiocre 7-28 ponctué de quelques valises plutôt honteuses. Les fans des Wolves (il y en a-t-il seulement encore quelques uns ?)doivent encaisser tout un lot de frustrations, du snobbisme climatique de Ricky Rubio jusqu’aux méandres dans le jeu d’Al Jefferson.

Car cela devait être l’année du grand Al Jefferson. Certes il est loin d’avoir les épaules d’un superhéros comme Dwight Howard ou l’exposition médiatique d’Andrew Bynum, mais en y regardant bien, Al Jefferson était paré pour être le meilleur pivot de toute la ligue. Sa non-sélection au dernier All-Star Game a été un camouflet et l’on comptait bien sur l’absence de Yao Ming pour que ce bon Al se fasse justice lui-même directement via le vote des fans. Car il est clairement la plaque tournante de l’attaque de Minnesota et il prend pas mal de place dans la raquette du côté de la défense.


Force est de constater que son arrêt forcé pour blessure lui a d’avantage fait perdre le rythme que ce que l’on aurait pu croire. Son mois de novembre a été indigne de lui, culminant à 16,5pts et 8rebs. L’état des lieux en décembre est bien plus honorable et l’on retrouve la machine à double-double que l’on connaissait. Outre avoir retrouvé les jambes et la tête au jeu (un deuil familial en début de saison ne l’a pas aidé), ce regain de forme peut aussi s’expliquer par le retour de blessure de son compère, Kevin Love. Le sophomore est souvent présenté comme le complément idéal pour le grand Al.

Mais même si les stats de Jefferson témoignent qu’il a retrouvé des sensations de son jeu, ce n’est que l’arbre –certes massif- qui cache la forêt. Ce ne sont que des bribes d’anciennes routines qui reviennent par réminiscence, auxquelles les Wolves s’accrochent. Car sinon, ils paraissent plutôt déboussolés en attaque. Il ne faut pas oublier qu’ils ont un nouveau coach, qui vient forcement avec son carnet de schémas inédits. Oui, mais voilà, il s’agit de Kurt Rambis, ancien disciple de Phil Jackson aux Lakers et qui arrive avec le guide de « L’attaque en Triangle pour les Nuls ». Cette philosophie s’appuie sur un mouvement constant des 5 acteurs pour une disponibilité. Quand il est bien exécuté et que l’ensemble de l’équipe rentre dans le flow, quasiment personne ne peut en contenir les assauts. L’attaque en Triangle est reconnue comme étant l’une des plus efficaces jamais mise en place. Oui, mais voilà, c’est aussi l’une des plus dure à maîtriser et nombreux sont ceux qui se sont cassés les dents en essayant de la copier. Et il faut bien avouer que pour les moments, les T-Wolves pataugent.


Il suffit de rajouter une défense où tous les jeunes loups ne semblent pas vraiment concernés pour trouver le bilan actuel de Minnesota, sans que l’on ait quelque chose à redire. Nous voici donc dirigés vers une saison plus que pénible, avec en ligne de mire un bon siège pour la lottery draft. Ce qui nous fait dire que l’horizon pourrait s’éclaircir. Al Jefferson se remet en route et vient de passer, à 24 ans, l’épreuve douloureuse d’une longue rééducation et semble reparti ardemment sur le droit chemin. Il est entouré de deux jeunes particulièrement solides : Kevin Love dans la peinture et Johnny Flynn à la mène. Certes, cela manque d’arrières et d’ailiers, mais au moins, les postes sont clairement à pourvoir, pour pourquoi pas agripper un nom sympathique l’été prochain ? Les droits sur Ricky Rubio, un probable bon tour de draft, quelques rudiments d’attaque en Triangle posé autour d’un pivot sur la voie d’être dominateur, il y a des chances pour que l’on voie quelque chose d’intéressant se dessiner. Je sais que cela va faire un petit moment que l’on espère retrouver de l’excitation à Minnesota et qu’à force de crier au loup, l’on finit par ne plus y croire. Mais dans le conte, Pierre finit quand même par se faire bouffer. Timberwolves 2010-2011, j’y crois.

Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire