14 mai 2010
Coups de balai sur les playoffs
13 mai 2010
Lebron James : à notre tour
Les Celtics ont pris l’avantage 3-2, après un dépeçage en règle sur le parquet de Cleveland. Une défaite d’une telle ampleur qu’elle a amplifié les doutes que nous avions soulevé quelques heures plus tôt.
Depuis, c’est donc un exercice rituel auquel chaque bloggeur qui se respecte doit se plier : avoir un avis, le plus tranché possible, sur le Game 5 de Lebron James et, par un parallèle parfois douteux, sur l’entièreté de sa vie et de son œuvre. A notre tour de nous y coller.
La première chose que l’on voit, c’est bien entendu la ligne de stats indigne du bonhomme : 15pts à 3-14 aux tirs. Oh, et 6rebs et 7asts, mais c’est plus pratique de ne lire que les points. Après des années de «La NBA n’est pas qu’une ligue de superstars où le scoring personnel est primordial », ça fait tâche d’oublier que le Choosen One a un niveau de rebonds et de passes plus que correct.
Et puis, après que Rajon Rondo les ait fait tourner en bourrique au Game 4, il fallait stopper l’hémorragie. Le King s’est donc attelé à rendre le feu follet des Celtics tout à fait inefficient en première mi-temps. On pourra pointer Mike Brown pour ne pas avoir chamboulé sa rotation pour l’occasion, mais ça nous a donné du Anthony Parker sur Paul Pierce. The Truth s’est fait plaisir comme jamais dans cette série, et l’on se demande si Jamario Moon n’aurait pas été plus pertinent. 
Mais certes, Rajon Rondo a eu un impact important en seconde mi-temps. Et c’est tout l’apport défensif du King qui est à pondérer. Déjà, on signalera qu’il est honteux que le garçon soit en All-Defensive Team alors que des Ron Artest n’y figurent pas. On signalera non sans malice que ceux qui ont permis ce hold-up médiatique qui a été de faire admettre que Lebron James soit un défenseur de haut vol (si on se place à échelle comparable, il a reçu plus de votes que Kobe Bryant), sont ceux qui l’ont descendu en règle dès la fin du 3QT du Game 5. Rajon Rondo a su montrer son intelligence de jeu : il a profité de l’attention particulière qu’il bénéficiait pour permettre à ses coéquipiers de rentrer dans leur match facilement. 16pts 7asts et une gestion incroyable. Dire qu’on avait peur il y a 2 ans qu’il soit celui qui fasse capoter l’expérience Big Three.
Mais revenons à nos moutons. Façons de parler, hein, n’allez pas croire que c’est une pique déguisée envers certains confrères, plutôt américains d’ailleurs, qui se sont engouffrés dans une brèche alarmiste. 3-14, c’est vrai que c’est laid. Même avec une blessure au coude, que je suis le premier à considérer avec scepticisme quant à sa gravité réelle, il y a des shoots qu’il ne lui ressemble pas de manquer. Derrière, avec une défense gluante comme celle des Celtics, si l’on n’arrive pas à mettre en route avec quelques spots bien choisis, c’est difficile de rentrer dans le rythme. Et puis merde, Lebron James est humain. Il a bien le droit d’être moyen sur un match, aussi important soit-il.
Sauf que voilà, il ne semble pas avoir mis beaucoup d’ardeur à ne pas être moyen. On pointera son body language. Autant ce genre de truc est d’une mauvaise fois sans nom quand il s’agit d’interpréter un signe à la volée. Mais là, autant d’éléments sont carrément troublants. Les temps-morts passés à regarder vers le ciel, les altercations entre Cavs et C’s où le King d’habitude si prompt à montrer son leadership s’est effacé, la perte de cette aptitude à aller créer la brèche en pénétration et à être agressif en toutes circonstances. Un regard livide, là où l’on devrait y trouver la flamme et la rage de vaincre ; la même passion dans ces yeux que lorsqu’il claque un dunk ravageur en contre-attaque lors du 4QT d’une correction sévère des Minnesota Timberwolves.
On est face à un surdoué pour qui tout à été facile. Il y a le don initial, ce qui pourrait agacer ; mais il y a aussi un sacré travail derrière. Rien que pour être tanké comme ça, il faut y aller ardemment. Après, tout s’enchaîne, le numéro 1 de la draft, les MVP, le coup du premier sportif milliardaire, les pubs Nike avec une Nicole Scerzinger sexy en diable. Tout y passe. Le fait est que ce n’est jamais le surdoué promis à la victoire au premier prime qui remporte finalement la Star Nouvelle Star ; il se fait toujours coiffer au poteau par quelqu’un avec un peu moins de talent mais qui trime sévère et arrive à « nous transporter dans un univers erotico-dramatique » comme aurait dit Andre Manoukian pour expliquer pourquoi Lio pleure à chaudes larmes.
Lebron James n’a pour l’instant pas la rage qui pousse à se sublimer. Ce besoin vital de gagner qui a poussé les plus grands à mettre leurs trippes sur un parquet. Cette volonté qu’on eu les plus grands champions de ce sport, dont Shaquille O’Neal. Si vous cherchez le nom d’un Cavalier qui a surnagé dans la déroute du Game 5, le voilà. Ce n’est pas « son » équipe, il a été affublé d’un rôle ingrat pour son statut tout au long de la saison et pourtant, c’est lui qui a porté les Cavs sur son dos sur ce match. Alors, certes, les jambes sont plus lourdes qu’avant, les mouvements moins fluides et cela n’a été finalement qu’un frisson dans la peinture de Cleveland. Mais force est de constater que le Shaq a toujours su mettre le diesel en route une fois les PO venus. Parfois cela prenait un peu de temps, mais à chaque match important de PO, on a vu ce regard et l’on s’est tous fait cette remarque « Ca y est, il s’est réveillé »
A aucun moment Lebron James n’a donné l’impression de se réveiller. Dans ce match-ci comme dans le précédent ou encore le Game 2. On peut avoir un mauvais match. Il en a déjà eu et on pourra rappeler qu’une aussi piètre performance au Game 1 face aux Celtics en 2008 n’a pas empêché des Cavs moins bien lotis de remporter la série. Mais mettre aussi peu de cœur à l’ouvrage pendant plus de la moitié de la série, c’est à la limite de la faute professionnelle pour un joueur de son statut.
C’est d’autant plus alarmant que de très nombreux destins gravitent autour de Lebron James. Une image restera gravée : on voit Lebron James et le propriétaire des Cavs dans le couloir en direction des vestiaires juste après le buzzer final ; on les voit de dos, ensemble mais se dirigeant vers des directions différentes. Ne vous inquiétez pas, elle sera abondement ressortie pour illustrer les articles estivaux concernant la free agency de Lebron. C’est toute l’organisation de Cleveland qui vacille, car chacun d’entre eux à son destin entre les mains du bon vouloir du King James. La ville entière, où c’est vrai que c’est un peu la zone niveau choses intéressantes à faire, est suspendue à la décision de Lebron James. Et alors que ce dernier s’amuse à un jeu limite fétichiste avec les médias, les fans ont des haut-le-cœur. Et c’est comme ça que cela doit se finir pour eux ? Les deux derniers matchs à domicile de leur star seraient ces deux débâcles où leur chouchou a à peine combattu avant de lâcher les armes ? Une frustration qui s’est traduite par des sifflets nourris.
Honteusement, je reprends cette métaphore, qui m’a bien plu : Lebron James court après les standards de Jay-Z plutôt qu’après ceux de Michael Jordan. Le plus ubuesque était sa conférence de presse post-Game 5, où le Choosen One a déclaré qu’il n’avait réalisé que 3 mauvais matchs dans sa carrière, et qu’on pouvait bien lui lâcher les baskets, car de toutes façons il reste un match 6 et un potentiel Game 7. Une décontraction, allez j’ose même dire une arrogance, qui tranche avec les standards dont nous ont habitué les grands champions. On savait qu’après un match en demi-teinte, l’adversaire direct de Michael Jordan allait prendre très, très cher pour le match suivant. Puisqu’ils sont liés par Sa Majesté Nike, parlons de Kobe Bryant. Rappelez-vous la Finale perdue contre les Celtics : après le Game 4, on avait tous senti que les Lakers avaient clairement laissé passer leur chance ; pourtant, malgré la supériorité affiché par les C’s, il ne faisait aucun doute que LAL allait quand même gagner son dernier match à domicile. A la question pourquoi, on répondait simplement « Kobe Bryant ».
Face à ces même Celtics, Lebron n’a pas affiché le dixième de la détermination de son rival deux ans plus tôt. Pourtant, hier, ce Game 5 n’était pas pour l’honneur, c’était pour prendre la main sur la demi-finale. C’est face à des Celtics plus vieux et moins capables de contenir la puissance de Lebron. 
La formule paraît simple et ce billet peut paraître donneur de leçon. Ce phénomène journalistique concernant Lebron est saisissant. Comme le faisait remarquer un confrère, on était déçu pour Kevin Garnett que ses Wolves n’aient pas su aller au bout, pourtant le bonhomme avait déjà tendance à jacasser. Pourquoi tant de haine envers Lebron ? Certes pas de la haine, mais un certain plaisir affiché à très rapidement démonter le piédestal sur lequel ces même journalistes ont contribué à le placer.
Le garçon est tellement débordant de facilité qu’on se dit tous que si on avait été aussi gâté, on aurait su en faire meilleur usage, on aurait eu la décence de l’utiliser pleinement. C’est comme dans ce roman où le héros est amoureux d’une actrice, mais qu’à force de la fréquenter il se rend compte qu’il est uniquement éperdu de son rôle sur scène et qu’aussi jolie soit-elle, elle n’est belle à ses yeux que dans son rôle au théâtre.
Jeudi 13 mai 2010, Lebron James a rendez-vous avec son destin à Boston. A l’issue de ce match, on verra de quoi est fait The King. Peut-être verra-t-on le champion que l’on a deviné et espéré, ou peut-être que l’on s’était fourré le doigt dans l’oeil. Ca tombe bien, l’autre truc à la mode en ce moment sur les blogs de basket, c’est de poster une photo de Steve Nash en casant un jeu de mots. 
10 mai 2010
Des doutes autour des Cavaliers
2-2. Pas de quoi paniquer, certes. Cela devient une série au meilleur des 3 matchs, avec deux réceptions dans l’Ohio. Les Cavaliers ont gagné l’avantage du terrain et leur confère un certain matelas de sureté. Mais quand même…
Peut-être que le fait que les autres demi-finales soient moins disputées rend les choses plus dramatiques. Mais toujours est-il que le grand favori ne dégage pas cette sérénité qu’on pouvait attendre de lui. Cleveland bataille sévère face aux Celtics, ce qui pour les fans et observateurs, ne laisse pas forcement présager du meilleur au moment d’affronter le rouleau compresseur Orlando. En supposant que Cleveland arrive à se qualifier.
Avouons-le, cette série contre les Celtics n’était pas sensée déchaîner autant les passions. Mais la rage des Celtics a transformé cette série en vrai affrontement. Beaucoup avait parié sur un 4-2 et sont toujours tout à fait en course. Mais plus que le résultat final, ce sont la façon dont les évènements se déroulent qui nous intéresse ici.
On vient d’en parler, les C’s affichent sur cette série leur volonté et leur rage de vaincre. On sent dans cette équipe la conviction profonde que, malgré ce qu’en disent les bookmakers, ils peuvent monter sur la plus haute marche du podium. Une gnac et détermination terribles qui, allez j’ose, font parfois un peu sur-jouées. Mais pour le coup, ça n’en contraste que d’autant plus avec l’attitude des Cavaliers.
On s’était inquiété après le Game 2, gagné assez facilement par les Celtics à la Q Arena. Les Cavs s’étaient fait mangé en intensité. Un peu comme au Game 1, la montée d’orgueil de la seconde mi-temps en moins. On questionnait alors le mental des Cavs, face à une équipe à la détermination d’acier et au cœur de champion (vous savez, celui qu’il ne faut jamais sous-estimer). Est-ce que Cleveland pouvait assumer le rôle de favoris face à des équipes à peine moins fortes qu’elle ? Dans l’histoire récente, on voit des sweep faciles, des série en outsiders cherchées à l’arrachée et des désillusions de favoris (cf l’an passé). L’équipe de Cleveland sait qu’elle a les capacités pour passer outre les Celtics sans trop de débat, mais semble incapable d’enfiler le bleu de chauffe pour faire le travail.
Et puis, il y a eu le Game 3, que les Cavs ont remporté, là aussi assez facilement, au TD Garden. Lebron James a été aggressif et a assumé son rôle de leader –et son tout frais titre de MVP- dès les premières minutes, histoire de donner le ton. 21pts pour lui dans le seul 1QT, pour creuser un écart que Boston n’arrivera jamais à refaire. Il paraissait serein et tout sauf alarmiste lors de la conférence de presse quelques jours plus tôt, dans un style qui rappelait ses déclarations pendant la série face au Magic l’an dernier.
A cette occasion, on a noté que Lebron James n’était pas forcement sur la même longueur d’onde que son coach Mike Brown. Lui d’habitude assez réservé a poussé une véritable gueulante en conférence de presse, fustigeant son équipe et n’hésitant pas à donner des noms ; tout le contraire de son style habituel. Et donc là où cela devenait particulièrement intéressant, c’est que son discours tranchait avec celui de son capitaine. On va dire que ce genre de distension n’est jamais bon. Surtout quand elle se reproduit une nouvelle fois après le Game 4.
Certes, pour ce quatrième match, il y a eu l’énorme Rajon Rondo que vous a –superbement- décrit Zeze. Mais les Cavaliers ne sont pas tout blanc dans l’affaire. A commencer par Mo Williams, vu que c’est l’adversaire direct du héros du soir. Une fois encore, Mo Williams passe au travers et n’arrive pas à se mettre au niveau des PO, après un premier tour passable. Il a été un grand artisan de victoires-phares lors de la saison régulière (comme celles face à LAL) et nul doute que Cleveland n’aura véritablement ses chances qu’avec une menace extérieur fiable. Or, ce n’est pas le cas. Tant en défense qu’en attaque. 
Les autres lieutenants du King n’arrivent pas à se mettre au diapason. On ne voit personne capable de sortir une prestation solide en relai du Choosen One. A la différence du roster des Lakers ou du Magic où l’on perçoit plusieurs menaces fiables. Antawn Jamison essaie de tirer son épingle du jeu, mais sa défense juste correcte n’en fait pas une solution idéale. Et puis, il y a le cas du Shaquille O’Neal avec qui Cleveland n’arrive toujours pas à jouer. Il est finalement cantonné au rôle d’intimidateur dans la raquette, ce pour quoi il n’a pas la vivacité nécessaire. Résultat, il est hier sorti rapidement pour 5 fautes, pour ne plus revenir sur le parquet pendant le 4QT. On notera que c’est là que l’écart s’est vraiment fait pour les hommes en vert.
Nous sommes de grands sceptiques concernant la qualité intrinsèque de Mike Brown en tant que coach, et ils sont nombreux dans ce cas au sein de la blogosphère. Tactiquement, on le sent en-dessous et peu capable de s’adapter à, par exemple, une équipe où le danger vient d’à peu près partout comme ça peut être le cas du Magic. Mais ça, on l’a tous noté depuis un certain temps, ce qui nous a bien fait rire au moment de le désigner comme meilleur coach, l’année où il a fallu faire patienter Lebron James pour que Kobe Bryant ait enfin un trophée de MVP bien à lui. Mike Brown faible tactiquement, c’était bien enregistré mais ça n’a pas empêché de placer Cleveland comme favoris à la course au titre. Mais où cela devient plus inquiétant, c’est que les quelques contradictions en interviews d’après-match feraient sentir que tout ne passe pas bien entre le coach et son équipe.
On a eu l’explication : si Lebron James paraissait si surpris quand on lui a dit dans quelle colère noire son coach était entré en conférence de presse, c’est parce que ce dernier s’était réservé pour les journalistes, comme pour protéger son groupe à qui il avait peu laissé transparaître ses états d’âme juste après le match. Si tout le monde semble s’en satisfaire, je pense personnellement que ça peut être une cause du laxisme royal qui règne chez les Cavs et qui leur a coûté 2 matchs. L’osmose est loin d’être parfaite ; et même si la qualité des joueurs permet de s’en sortir sans trop de gravité jusque là, cela parait bien être le crash dès que l’on va rentrer dans le dur.
Pour finir, évoquons le cas du double-Mvp en titre. Car lui aussi a sa part de responsabilité. On va commencer avec la fameuse histoire de son coude. Personnellement, je reste quand même assez sceptique sur cette blessure dont on ne saurait dater précisément l’origine. Pour moi, cela ressemble plus à une sorte de crise de jalousie, une grosse amplification de la vérité pour ne pas que son rival médiatique soit le seul super-guerrier à sortir des grosses prestations en étant blessé. Enfin, blessure grave ou pas, le King semble affecté, sans doute d’avantage mentalement. On l’aura senti plus hésitant et moins tranchant par moment. Il n’a plus cette facilité à créer des brèches. Et puis, au-delà de cela, à mesure que ses partenaires n’arriveront pas à le seconder, on commencera à mettre en doute ses capacités de leader. Il y a bien un moment où on lui dira qu’il ne sait pas impliquer ses coéquipiers. On savait que c’était un phénomène. Mais un leader ? A lui de le prouver.
Le Chosen One était côté Celtics
8 mai 2010
Joe Johnson et les Hawks peinent à prendre leur envol
Atlanta est d’ores et déjà dans l’obligation de gagner, après avoir ramené deux lourdes défaites dans leurs valises. La série les opposant à Orlando arrive donc à la Philips Arena, véritable fief où les Hawks aiment se retrouver.
Home Sweet Home : c’est ce qui leur a permis il y a deux ans de pousser les futurs champions à un Game 7 au premier tour. Idem l’an dernier face au Heat. Avant de prendre littéralement l’eau au second tour face au bulldozer de Cleveland. Cette année, Atlanta espère que ce retour à la maison marque le véritablement commencement de leur demi-finale de conférence.
Car l’enjeu est quand même de taille. Atlanta monte petit à petit dans la hiérarchie de la conférence Est et cette belle dynamique pourrait bien être brisée par un nouveau sweep au second tour. Cette saison, à l’occasion de quelques victoires plutôt probantes, l’on commençait à donner un peu de légitimité aux Hawks dans leur quête de finale, au moins celle de la conférence Est. Au cours de ces dits matchs, JJ a su faire parler la poudre avec un beau sang froid en 4QT.
On l’a vu dans les deux premiers matchs face au Magic, c’était sans doute un peu tôt pour cela. Autant le dire tout de suite : sur ces deux premiers matchs, l’on a bien vu que le Magic était meilleur. On a tout simplement vu qu’il y avait une classe d’écart. Néanmoins, les Hawks ne peuvent pas se permettre de repartir avec un 4-0 dans la musette. Et ils doivent commencer à chercher des solutions et des pistes pour enrayer cela. Peut-être que c’est fataliste, peut-être que c’est aller trop vite en besogne, mais je me place déjà dans une perspective plus large que la série.
Car en regardant le Game 2, on se dit que, dans l’état actuel des choses, les Hawks se sont donnés le plus de moyens possibles de remporter un match de PO à l’extérieur. Ils n’étaient menés que de 1pt à l’entame du 4QT (à cause d’un shoot au buzzer de Jameer Nelson), ont été quasi-parfait sur la ligne des lancers-francs avec 30-31. Et pourtant, le match semblait définitivement hors de leur portée dès le milieu du dit 4QT.
Al Horford a apporté 24pts et 10rebs. Ils ont été 4 pivots à se relayer pour contenir Dwight Howard. Certes Superman a été plus adroit qu’à son habitude, mais si ce n’était que cela. On peut se pencher sur le début du 4QT, où donc le Magic a pris une avance décisive. En attaque, Orlando a appuyé massivement sur une seule et même technique : le bon vieux pick’n roll des familles. Atlanta n’a trouvé aucun moyen pour contenir le duo Dwight Howard-Vince Carter dans cette exécution.
De l’autre côté du terrain, le constat est le même : les Hawks sont dans le dur. Les problèmes qu’on pouvait noter préalablement apparaissent très clairement. Aucun mouvement collectif, la balle est désespérément morte. A part Jamal Crawford, habitué à tirer son épingle du jeu dans ce genre de situation (cf les derniers clubs où il a joué), personne ne semble avoir les épaules pour assumer l’attaque. Forcement, ça devient vite problématique. 
Mike Bibby n’arrive donc pas à mettre en place des schémas de jeu, Marvin Williams n’a pas assez d’amplitude. Josh Smith est toujours aussi frustre en attaque. Rappelons que son matchup est Rashard Lewis et qu’il est inconcevable qu’il n’arrive pas plus à contribuer d’avantage que ses 16pts.
Mais le plus ciblé est bien entendu Joe Johnson. Il a grandement pris part au renouveau d’Atlanta, mais semble totalement impuissant au moment de faire passer un nouveau palier à son équipe. Jamais il n’a su répondre présent en PO. Ces stats décevantes face à Milwaukee le prouvent. Vous pourrez à votre gré trouver d’autres illustrations en fouinant du côté des archives. C’est d’autant plus intéressant à souligner qu’il sera free agent cet été, et qu’il a la prétention de signer un contrat maximal. Sauf que pour le moment, il n’a pas fait ses preuves là où les stars répondent présents : les playoffs.
Dwayne Wade n’a pas autant de qualité autour de lui, Dirk Nowitski s’est déjà fait sortir, Carlos Boozer a eu une contribution plutôt solide. La question pour lui n’est même pas d’aller loin ou pas, c’est de réussir à mettre son équipe dans les meilleures conditions possibles. Et ses contre-performances sont justement la raison principale pour laquelle les Hawks ne semblent que peu exister en ce moment.
Mais ils le savent : ils ont deux matchs à la maison pour transformer cet affrontement en série disputée. Ce qui permettrait de ré-hausser la côte à la fois des Hawks (surtout que l’on parle d’un retour de Josh Childress) et de leur capitaine. Pas impossible quand on connait la folie de ses gars une fois portés par leur public.
7 mai 2010
Un nouveau jour se lève pour les Suns
C’est plus qu’une finale de conférence qui se joue pour les Suns. Après avoir été sorti 4 fois de la course au titre par les Spurs de Tim Duncan, ils ont aujourd’hui une belle opportunité de se venger de leur bête noire. Au menu : une avance de 2-0 et des perspectives plus resplendissantes que jamais.
A la lumière de cette série contre San Antonio, l’on constate l’évolution des Suns. On s’est enthousiasmé pour la « Seven Seconds or Less-era » de Mike D’Antoni, en croyant que cela pourrait suffire pour faire un coup en PO. On s’est fustigé à l’encontre d’un changement vers un profil moins glamour, mais qui s’est avéré tout aussi peu efficace en matière de réussite en post-season. Et puis, il y a maintenant…
On se souvient de l’été dernier. Shaquille O’Neal a été échangé contre quelques peccadilles, aveu ultime que le staff s’était bel et bien planté sur ce coup. On s’est étonné de voir Steve Nash et Grant Hill resigner aux Suns.Ils ont rempilé, certains d’avoir les armes pour ramener le trophée Larry O’Brien en Arizona. Drôle d’idée, se dit-on, surtout quand on voit le roster et que l’on considère le discrédit dont jouit le front office.
Bien entendu, le plus frappant réside dans le dénigrement populaire du travail de Steve Kerr. En effet, ses deux décisions d’envergure (recruter Shaquille O’Neal et choisir Terry Porter comme coach) ont été de vrais fiascos. Pourtant, on peut lui donner raison sur le fond : avec la recette D’Antoni, les Suns n’étaient pas les mieux préparés pour aller glaner un titre. Car il ne faut pas oublier que leur style flashy les rendaient forts sympathiques, mais qu’en y regardant de plus prêt, il est vrai que cette équipe comportait quelques lacunes quasiment disqualificatives. 
C’est alors que la solution Alvin Gentry est arrivée. Il a lâché la bride offensive, laissant ses ouailles s’éclater sous la tutelle d’un Steve Nash toujours aussi explosif. Mais derrière, il a instauré une vraie rigueur défensive. L’équipe peut maintenant avoir la prétention d’effectuer des stops défensifs lorsque la situation devient tendue. Pour cela, il a fallu travailler en profondeur. A l’âge de 37 ans, l’on a jamais vu un Grant Hill aussi impliqué en défense ; c’est même lui qui se coltine chaque soir l’arrière le plus dangereux de l’équipe adverse, avec une certaine efficacité.
Mais tout ceci n’a pas été simple. Alvin Gentry a su élever la voix lorsque cela était nécessaire. Amar’e Stoudemire peut en témoigner. Lui aussi a montré une détermination en défense qu’on ne lui connaissait pas. C’est un point sur lequel le nouveau coach tranche avec Mike D’Antoni : ce dernier était pour la paix sociale et n’avait jamais de mots durs pour ses joueurs. Alvin Gentry a été clair et déterminé dès le début du camp d’entrainement, et n’a pas jamais mâché ses mots lors des entrainements et des débriefings vidéos. Etre suffisamment dur pour pouvoir extraire le maximum de ses troupes, voilà l’idée.
Le second point sur lequel la mentalité des deux coachs divergent, c’est la question de la rotation. Mike D’Antoni était connu pour raccourcir drastiquement ses rotations une fois les choses sérieuses arrivées. Alvin Gentry ouvre d’avantage. Cela permet de reposer les titulaires, comme par exemple sur le Game 2 où Steve Nash n’est entré qu’au milieu du 4QT pour mieux sceller le sort de la rencontre en fin de match. Les remplaçants arrivent à trouver leur rythme et contribuent tous de façon positive à la marche en avant de l’équipe. Sur cette série, ce sont les nouvelles perspectives ouvertes par le banc qui permettent à Phoenix d’être devant. Channing Frye a fait sortir Tim Duncan de la raquette avec son adresse extérieure, ce qui a posé d’infinis problèmes à la défense des Spurs ; Jared Dudley a pu contenir l’explosivité de Tony Parker, ce qui a ralenti l’attaque de SAS. Ces deux bonhommes ont été déterminants dans la victoire de leur équipe, car ils en ont eu l’opportunité. Il faut aussi noter que c’est la second unit qui a ramené les Suns dans le match après un 1QT très moyen de la part des titulaires. 
Channing Frye a été sans doute la meilleure acquisition de l’été dernier. Jared Dudley a été récupéré dans l’échange qui a envoyé Raja Bell et Boris Diaw à Charlotte et a vu venir Jason Richardson en Arizona. Goran Dragic et Rubin Lopez ont vu leur temps de jeu exploser après une saison rookie assez chiche. La dynamique de relance des Suns a été un peu anonyme, mais éclate au grand jour.
Gagner de façon assez solide face aux Blazers décimés par les blessures a été une chose. Mais la façon dont ils maitrisent cette série face aux Spurs en est une autre. Jamais, avec Tim Duncan revêtant la tunique blanche et noire, Phoenix n’a gagné deux matchs de suite en PO contre San Antonio. Plus que la fin d’une ère du côté du Texas, cela sonne l’avènement de nouveaux Suns. Avec une base plus solide, Phoenix apparaît plus serein. Alors que les derniers affrontements ont été placés sous le signe d’une rivalité assez aigue, cette série se joue sur un climat d’apaisement. En point d’orgue, l’on trouve l’amitié et le respect mutuel que l’on trouve entre Alvin Gentry et Greg Popovich.
Des Suns tellement sereins qu’ils ont gagné le Game 2, malgré un tir à 3pts de Tim Duncan. Pour faire simple : il en a mis 2 dans sa carrière. Le premier il y a 2 ans, lors du premier match des PO pour arracher la prolongation puis le match. Le momentum des Spurs étaient magnifiquement lancé, alors que leurs adversaires n’ont plus se défaire de ce goût amer de frustration et étaient un peu sonnés pour le reste des hostilités ; San Antonio passera assez facilement cette série. Ah oui, les adversaires en question, c’était les Suns, pour la dernière série de PO avec Mike D’Antoni et sa cravate orange. Comme un symbole, deux ans plus tard, Phoenix a encaissé sans broncher.
3 mai 2010
Où est passé le Sheed ?
Novembre 2009. Tout le monde sentait que l’arrivée de Rasheed Wallace du côté de Boston était un bon coup. Son jeu devait conférer aux schémas de Boston une nouvelle dimension et son caractère de feu allait de paire avec la mentalité saignante des C’s. Bref, avec Sheed dans leurs rangs, les Celtics pouvaient de nouveau faire trembler la ligue.
Et puis, tout au long de la saison, ce sentiment s’est clairement effiloché. Exit le 6eme homme capable de porter son équipe un peu plus haut. Le joueur semble d’avantage subir le jeu qu’autre chose. On se dit que finalement, c’est bien le genre du bonhomme de négliger la saison régulière. Le premier tour a été vite expédié et voilà que se dresse un gros défi pour les C’s : les Cleveland Cavaliers.
Face aux favoris, Boston doit jouer une partition de haut vol. On a senti quelques soubresauts qui nous font dire que cette série ne sera pas une formalité pour les Cavs. Néanmoins, on est allé zieuter du côté du Sheed pour trouver le surplus qui pourrait venir inquiéter les troupes du double-Mvp en titre. Après tout, il colle parfaitement à l’image du joueur providentiel dont aurait besoin Boston. Son adresse extérieure peut permettre de desserrer les liens défensifs intérieurs tissés par les Cavaliers. Son envergure peut aider à contenir les assauts des attaquants de Cleveland.
Au final, 2pts et 2rebs dans le Game 1 face aux Cavs. Le pire, c’est que cela ne sonne pas vraiment comme une contre-performance. Cela résonne comme un point de non-retour. Parmi toutes les équipes du second tour, le joueur qui a le plus/minus le moins flatteur est Rasheed Wallace avec -20. On en arrive au point où Doc Rivers menace de placer Shelden Williams dans la rotation. C’est dire l’ampleur du naufrage. 
Ces Playoffs mettent en évidence que contrairement à ce qu’il croit, Sheed n’a pas un bouton on/off à actionner pour soudainement se mettre en mode PO. Il n’a pu véritablement fonctionner que sous la tutelle d’un Larry Brown qui a su le pousser dans ses limites. Force est de constater que dans les autres situations, c’est plutôt la nonchalance du bonhomme qui l’emporte. On a cru que son côté sanguin et ses hauts cris à la conspiration dès qu’il se voie sifflé une faute auraient fait ton sur ton avec l’image teigneuse des Celtics.
Et pourtant, Rasheed Wallace a été une tâche dans la marque de fabrique de la maison verte : l’intensité. Son jeu d’aide défensive est trop lent pour être efficace. Qui plus est, il n’affiche pas la gniac qui faisait tant craindre les Celtics il y a quelques mois. Aucune « vraie » faute sur les pénétrations adverses, là où ses coéquipiers cognent abondement. Rasheed Wallace ne fait pas sentir sa présence dans la raquette et il souffle comme un courant d’air dans cette raquette qui était autrefois une forteresse.
Mais ne nous méprenons pas : le Sheed est capable de donner du fil à retordre aux meilleurs intérieurs de la ligue. Il peut annihiler un Pau Gasol, un Dwight Howard ou un Chris Bosh sur plusieurs possessions consécutives. Puis, relâchement fautif, il va le laisser inscrire un double-pas facile. En mode « peu importe, je lui ai déjà cloué le bec juste avant ».
Cette attitude de gâchis –car il jouit quand même d’une intelligence de jeu hors paire- se retrouve de l’autre côté du terrain. Le bonhomme campe régulièrement derrière la ligue à 3pts, pour bombarder sans grande réussite. Sans grande conviction, l’on a l’impression. Et puis, soudain, l’éclair. Cette prise de position, que ses coachs ont renoncé à lui ordonner, mais qu’ils continuent d’essayer de lui suggérer. Ce fadeway quasiment magique, arme offensive absolue. Le filet qui tremble. On sent quelque chose s’allumer en Rasheed Wallace. Puis il retourne se poster dans le corner.
Rasheed Wallace montre quelques spasmes du basket qui lui dégouline des mains. Trois petits tours et puis s’en va. Comme s’il préférait surprendre agréablement son monde plutôt que de répondre à des attentes. Comme si la pression de pilier d’une équipe ne lui convenait pas, comme si la perspective de devoir être bon chaque soir était trop pesante pour lui. Comme si il se contentait d’être le facteur X, le joueur dont on attend rien mais qui pointe parfois le bout de son nez ; l’occasion pour les fans de lancer un « Shheeeeeeeeeeed » histoire d’essayer de raviver cette maigre flamme entrevue.
Bref, Rasheed Wallace est comme un môme à l’école primaire, le genre de gamin pas idiot mais qui ne veut tout simplement pas. Parfois, il semble s’investir par séquences, généralement surtout pour se prouver à lui-même qu’il peut encore faire ceci ou cela. On a l’impression que Rasheed Wallace est pris dans des sables mouvants ; et c’est bien connu, tout mouvement pour essayer de s’en défaire accélère encore le processus. Le Sheed attend donc, posé sur le banc ou derrière la ligne à 3pts, que le temps passe et que finalement ces sables mouvants l’engloutissent.

