2 mai 2010

On TV Tonight : Game 7

On a tendance à l’oublier, mais la série entre Atlanta et Milwaukee a été très disputée, au point d’en arriver à l’ultime recours : un match 7 couperet. Celui qui perd quitte l’aventure alors que le gagnant aura le droit de tenter sa chance en demi-finale contre le Magic d’Orlondo.

Vous saisissez donc la portée dramatique d’un tel affrontement. Ce qui mérite amplement de s’attarder encore sur le premier tour alors que, calendrier serré de la Nba oblige, les demi-finales de conférence sont déjà lancées. Sortez les couteaux, les poignards et tout autre objets pointus : la preview du match 7 entre les Atlanta Hawks et les Milwaukee Bucks, c’est tout de suite !

La série est un peu passé inaperçue. Peut-être à cause du manque de glamour de l’opposition. En tout cas, elle n’était pas sensée déplacer les foules ; la Nba en a même rajouté une couche : les matchs de cette série ont été les seuls qui ont été programmé en même temps qu’un autre match. Théoriquement, la ligue souhaite une exposition maximale de ses rencontres de PO et donc fait débuter une rencontre sur un terrain lorsque le match qui avait débuté auparavant sur un autre parquet est terminé. Sauf donc Atlanta-Milwaukee qui se retrouvait toujours en concurrence directe avec d’autres grandes affiches et passait souvent médiatiquement à la trappe.


On pourrait presque dire : heureusement. Car cette série était particulièrement affreuse. Certes, on a connu pire. Mais entre le rythme mécanique des Hawks et le style laborieux des Bucks, il fallait s’accrocher. Sauf que parfois, au milieu du marasme peut sortir un éclair de lumière. Comme une fleur qui pousserait au milieu des décombres d’un champs de bataille. Ou une jolie jeune fille dans une convention de fans de Johnny Halliday. Bref, cette série a accouché de l’une des plus belles choses que les fans de Nba peuvent espérer : un Game 7. Le Win or Go Home dans toute sa splendeur.

Pourtant, on ne s’attendait pas à ce que la série aille aussi loin. Le 6eme, Milwaukee, est privée de son artilleur Michael Redd, membre de la dernière Team Usa, depuis un bon moment. De plus, les Bucks avaient perdu leur pivot-star diablement efficace ces derniers temps : Andrew Bogut. Les blessures étaient sensés écourter la série. Les deux premiers matchs confirmaient cette analyse.

Chez eux, Milwaukee a su se refaire la cerise. Dans un coin des Etats-Unis qui n’est pas parmi les plus dynamiques, les fans étaient ravis de retrouver l’ambiance des PO. Sans complexe et jouant de manière rugueuses, les Bucks ont ramené la série à 2-2. On espérait que les Hawks avaient franchis un pallier cette saison et qu’ils étaient en mesure de venir chatouiller les grosses cylindrées pour l’accès en Finales. La pression, sans doute ; l’obligation de résultats, sous peine de quoi cette saison allait être qualifiée d’échec. Avec en perspective, le fait que le contrat de coach de Mike Woodson s’achève cet été ; et que leur capitaine, Joe Johnson, ne risque de ne pas faire d’état d’âme au moment de choisir sa nouvelle destination via la free-agency.

On sent une épée de Damoclès au-dessus de la tête des Hawks à mesure qu’ils n’arrivaient pas à conclure cette série. Cela a du jouer un rôle dans le match 5. Atlanta menait la barque à la maison jusqu’au milieu du 4QT. Mais Milwaukee, qui a réalisé le match parfait de fouinards, s’est targué d’un 14-0 pour prendre les devants et rapprocher un peu plus les Hawks du gouffre. Le symbole de ces prestations peu convaincantes est Jamal Crawford. Elu meilleur 6eme homme, sans trop de contestation possible, il s’agit de la première fois en 10 ans qu’il atteint les PO. Naturellement, il a ressenti la pression et ses stats en ont pâti. 4-18 dans ce fameux Game 5, lui qui est sensé être le booster en sortie de banc.


Alors que sa première expérience en PO pouvait s’avérer plus courte que prévue, Jamal Crawford a su répondre présent dans les grands moments. 24pts (8-17), 5rebs pour le match le plus important de la saison. D’ailleurs, ce sont tous les Hawks qui ont su répondre présent, nous rappelant que cette équipe a connu 2 premiers tours à 7 matchs lors de deux dernières saisons. Donc, la pression, ils connaissent. Dans cette situation plus ou moins familière pour eux, ce sont finalement leurs adversaires qui ont ressenti la pression.

Ils n’ont eu de cesse de jouer crânement leur chance depuis le début de la série. Mais avec cette belle opportunité d’accéder au second tour, ce Game 6 est devenu très serious business pour les Bucks. Couplé à une belle agressivité défensive des Hawks, c’est surtout la peur de gagner qui a handicapé Milwaukee. 69pts marqués. Sur toute la rencontre, à domicile. Impossible de prétendre à une demi-finale de conférence avec cela. Brandon Jennings et John Salmons, plutôt à l’aise dans leurs pompes jusque là, combinent pour 20pts à 6-28. Moins bien que le seul Jamal Crawford, donc.

Nous voilà donc aux portes du 7eme match. La dynamique semble dire que les Hawks ont le vent dans le dos et seront sans doute plus à même de gérer une situation qu’ils ont connue lors des deux dernières saisons. Et le momentum risque de jouer un gros rôle dans ce match. Car, mis à part la surprise du Game 5, aucun match n’a été véritablement serré. Tout a été histoire de runs. Malheureusement, l’exubérance de Brandon Jennings risque de ne pas suffire. Le rookie est vértiablement le seul wagon offensif derrière lequel les Bucks peuvent se rallier pour exister face à une défense des Hawks retrouvée et terriblement intimidante dans la raquette. Une défense qui a aussi opté à certains moments pour une zone. Même si cela apparait un peu plus souvent, une défense de zone reste encore suffisamment rare en Nba pour qu’on éprouve le besoin de le souligner.

Donc, puisqu’il faut se mouiller sur ce genre de billet, on va dire Atlanta. On remerciera les Bucks d’avoir fait de cet affrontement une série. Laborieuse certes, mais une série quand même. Il se pourrait même que cela aide les Hawks dans leur opposition face au Magic, Orlando ayant bouclé sa série en 4 matchs secs. Peut-être pas la meilleure façon de se mettre en jambes.

30 avril 2010

Dallas Mavericks : et maintenant ?

Les Mavs se sont finalement faits sortir au premier tour des PlayOffs 2010. Eux que l’on pensait pouvoir titiller les Lakers à l’Ouest quittent finalement l’exercice par la petite porte. Une élimination clinquante qui risque de faire de bruit.

4-2. Le 7eme, San Antonio, a mis au tapis le 2eme de la conférence, en gérant admirablement sa série. Les Mavericks n’ont jamais vraiment semblé en mesure de prendre possession de cette série. Outre entraver leurs espoirs de venir jouer les troubles-fêtes dans la course au titre, cette impuissance remet en question l’avenir proche de Dallas.

Peut-être que c’est le genre de théorie fumante, que l’on fait après coup. Mais peut-être aussi qu’il y a vraiment quelque chose de cassé à Dallas. Juin 2006, Game 3 des Finales. Dallas mène 2-0 dans sa série face à Miami après avoir remporté tranquillement ses deux matchs à domicile. On se dirige vers un troisième succès de rang de texans, tant leur domination sur le jeu a été frappante au cours des trois premiers quart-temps. Et puis le Heat se rebiffe, porté par la maestria de Dwayne Wade, l’efficacité du Shaq et un shoot mega-clutch de Gary Payton. Miami arrache finalement le match 3 et inverse totalement le momentum de la série pour s’imposer 4-2.


Depuis, 4 campagnes se sont succédées. 3 fois Dallas s’est incliné au premier tour. Pourtant, du roster qui a subi le traumatisme initial, il ne reste que 3 joueurs : Eric Dampier, Jason Terry et Dirk Nowitski. Et si, pour le bien des deux parties, les routes des Mavs et de leur capitaine allemand devaient se séparer ? Il l’a dit lui-même : l’équipe l’entourant cette année est la meilleure qu’il n’ait jamais eue à ses côtés. Pourtant, cela n’a pas empêché une nouvelle élimination prématurée.

Cette hypothèse pouvait paraître folle il y a de cela seulement quelques semaines : pourtant, hier, dans la conférence d’après-match, Dirk Nowitski a très clairement parlé d’étudier les options qui se présenteront à lui cet été. A 31 ans, il peut décliner la dernière année de son contrat actuel pour essayer d’en décrocher un ultime qui soit juteux. Et donc, pourquoi pas joindre l’utile à l’agréable en s’assurant d’être vraiment dans la course pour décrocher une bague de champion. On nous promet la grosse folie niveau transferts et le départ de Dirk Nowitski serait à coup sûr un sacré coup de tonnerre qui pourrait décanter la situation.

Car si son avenir financier s’annonce radieux du côté de Dallas, l’allemand peut avoir des ambitions sportives qui peuvent le pousser à quitter son club de toujours. Car aussi belle soit-elle sur le papier, sa supporting cast l’a lâché au moment où il en avait le plus besoin. Encore une fois. Sur cette série, les stats de l’allemand sont remarquables : 25.6pts, 8.2rebs, 3.0asts. Du grand art, alors que la défense de San Antonio était rivée sur lui, n’hésitant pas à le prendre à deux par moment. Car derrière, peu de joueurs pointaient le nez à la fenêtre pour prendre le relai. Jason Terry n’a une nouvelle fois pas su répondre présent dans les moments critiques, Caron Butler était branché sur l’alternatif, Jason Kidd a été complètement dépassé par les arrières de SAS, Shawn Marion n’a eu aucun impact, et on pourrait continuer comme cela longtemps, mais ça fait vraiment tirer sur l’ambulance que de s’acharner de la sorte.


En PlayOffs, quand il s’agit d’élever son niveau de jeu, personne derrière Dirk Nowitski n’a su se transcender pour venir en aide à leur capitaine. L’on-t-ils seulement pu ? Car outre un mental de la part de certains pas toujours des plus rageur, on pointe surtout du doigt le coaching de Rick Carlisle. En effet, le coach de Dallas a fait des choix plutôt douteux et l’on a du mal à comprendre ses rotations. On pointera par exemple du doigt le fait qu’il ait laissé Caron Butler sur le banc, pendant toute la deuxième mi-temps du Game 3. Alors que le neo-Maverick était sensé être la seconde option offensive, il apparait incongru de le clouer hors du terrain suite à une première mi-temps en demi-teinte, surtout si c’est pour aligner JJ Barea à la place. Pour la dynamique du joueur et même de l’équipe sur la série, ça revient quand même à se tirer une balle dans le pied. De même, on se demandera pourquoi Rodrigue Beaubois n’a pas hérité de plus de temps de jeu, alors que ses jambes de feu auraient d’avantage pu contenir les explosifs arrières de San Antonio.

Bref, il règne à Dallas un climat des plus ombrageux. Un entraineur remis en question, des doutes sur la capacités des joueurs à se mettre au niveau d’intensité des PO, une star qui se questionne plus que jamais sur son avenir…. Le temps risque d’être très long du côté de Dallas jusqu’en novembre prochain. Le principal indice du malaise actuel : le bouillonnant Mark Cuban, après quand même une rapide critique à peine déguisée sur l’arbitrage, s’est répandu en excuses auprès des fans du club et a semblé plus désabusé que jamais. Pas trop dans le style volontariste du bonhomme.

26 avril 2010

Georges Hill : un vrai profil de MIP

Tout simplement clutch. En devenant le premier joueur depuis 2007 à être meilleur scoreur des Spurs sans faire partie du Big Three (Duncan / Ginobili / Parker), Georges Hill est entré dans l'histoire des Spurs en plus de leur offrir un game 4 ô combien crucial dans cette série ! Qui aurait cru que le meneur drafté l'an dernier s'intégrerait aussi vite dans l'effectif fermé de San Antonio ?

L'an dernier, Roger Mason alimentait tous les espoirs : enfin un joueur capable d'apporter en dehors du big three des Spurs ! Mais la déception engendré par ses playoffs raté a montré qu'il n'avait pas les épaules pour tenir ce rôle. Cette année, les Spurs ont recrutés Jefferson pour apporter ce qui leur manquait. Et si la vraie solution était déjà dans leur effectif ?

25 avril 2010

Le Roy-effect

Brandon Roy a fait un inattendu come-back dans la série opposant ses Portland Trail Blazers aux Suns de Phoenix. Une semaine après une opération du ménisque, le capitaine des Blazers est revenu sur les parquets et a transcendé ses coéquipiers.

Après une année minée par les blessures, cela apparaissait comme la tuile de trop : Brandon Roy devra subit une opération à peine quelques heures avant le coup d’envoi des PlayOffs. Et pourtant, les Blazers ne s’étaient pas écroulés et se sont même payés le luxe de scalper les Suns dans l’Arizona pour le Game 1. Les deux matchs suivant ne relèvent pas du tout de la même mayonnaise, avec des Suns qui ont clairement déroulé leur basket. Voici donc venir le Game 4, à Portland, pour que l’espoir des Blazers puisse subsister encore un peu.

Après avoir été surpris lors du match 1, les Suns se sont remobilisés et ont envoyé un message fort à leurs adversaires. +29 à Phoenix et +19 à Portland quelques jours plus tard. La bronca commençait à gronder du côté du Rose Garden : cette année devait être celle de la confirmation, ce n’est pas pour être inexistant en PO. Les fans ont suivi cette équipe depuis trop longtemps pour faire l’impasse sur une post-season où l’on attendait les Blazers comme le gros poil à gratter de la conférence.

Du coup, on comprend les sifflets émanant des tribunes à la fin du Game 3. Ils résonnaient comme de la frustration, surtout que l’on sentait que les Trail Blazers n’y étaient pas. Et puis, un sms « Coach, I think I should play » de la part de Brandon Roy. Des heures interminables à se demander si refaire jouer son franchise player était le bon choix, compte tenu de sa récente opération et des risques sur le long terme que cela pourrait engendrer. Avec le retour de leur leader, c’est toute la passion qui est revenu dans les rangs des Blazers.


Un instant a été particulièrement symbolique. Peu après le milieu du 1QT, Brandon Roy se lève du banc pour signifier à la table de marque qu’il allait remplacer un coéquipier. Portland est alors mené 20-27. Le simple fait de voir le #7 se lever et se préparer à entrer sur le parquet à provoquer une certaine frénésie dans les travées du Rose Garden. Une poussée d’adrénaline qui s’est traduite sur le terrain : Jerryd Bayless a inscrit un panier à 3pts, s’en est suivi un dunk en contre-attaque de Nicolas Batum avant que le frenchie n’enchaîne avec un nouveau tir longue distance. 28-27 avant même que Brandon Roy ne pénètre effectivement sur le terrain.

Le simple fait d’enregistrer le retour de son leader a électrisé tout Portland. Après deux matchs désespérément plats, c’était le genre d’évènements qu’il fallait pour retrouver du momentum. On a senti les Blazers plus concernés, plus volontaires, comme entraînés dans un sillage que Brandon Roy leur avait à peine esquissé. Car nous sommes en PlayOffs, et malgré l’apport des vétérans comme Andre Miller et Marcus Camby, le bateau des Blazers a plus que jamais besoin de son capitaine.


On a pu le constater notamment avec le rendement de LaMarcus Aldridge. Il n’a pas su prendre le relai de Brandon Roy lors de ces derniers matchs. Il a été montré du doigt par la presse locale pour ces prestations à peine bonnes alors que Portland avait besoin de plus. Le retour aux affaires de son capitaine lui a enlevé un poids. Certes, en premier lieu, sur le jeu, puisque les prises à deux furent bien moins saignantes avec la menace Roy dans les parages. Mais il semblerait que le déclic ait été surtout dans la tête. Toujours est-il que LaMarcus Aldrdige s’est montré comme l’un des meilleurs poste 4 de la ligue, comme on le connait. Ses 31pts (à 11/19), 11rebs, 3asts ont tenu la dragée haute à la peinture des Suns.

En bref, malgré une feuille de stats correcte pour un retour, 10pts à 4-10 1reb 1ast, l’impact de Brandon Roy a d’avantage été d’ordre passionnel. Un souffle conquérant a regagné Portland et l’on se retrouve bel et bien devant une série disputée. Preuve en est : il s’agit de la première fois que les Suns ne dépassent pas les 100pts dans cette série. Pas d’ajustements stratégiques, mais une volonté retrouvée qui a permis de maintenir Phoenix à 87pts, en provoquant des balles perdues et en étant plus agressifs sur la contestation du shoot.

Peut-être aussi que le problème venait des Suns eux-mêmes, démobilisés après avoir récupérés l’avantage du terrain. Mais le retour du Roy propulse les Blazers dans une nouvelle dynamique. Dynamique qui aurait été bien moins forte s’ils avaient gagné sans enregistrer le retour de leur capitaine, par exemple. Avec le come-back d’un des cinq meilleurs arrières de la ligue, Portland sent que son équipe peut de nouveau déplacer des montagnes.

24 avril 2010

Quand les maths se mêlent à la course au MIP

On le sait, la Nba fourmille de stats en tous genres. Et nombreux sont ceux qui dissèquent les chiffres pour en faire des outils très pointus et détaillés. Cette discipline à part entière s’appelle l’APBRmetrics. Nous y reviendrons sans doute dans un billet cet été, une fois la folie des PO passés.

Mais aujourd’hui, l’on parle du trophée de MIP, celui du joueur ayant le plus progressé. Tâchons de voir si l’on peut de façon objective désigner un lauréat. Nous allons voir que même quand les chiffres s’en mêlent, difficile de désigner un vainqueur parfaitement objectif.

Pour toute simulation mathématiques, il faut définir son référentiel. Il doit y avoir une multitude de modèles possibles. Nous allons nous appuyer sur celui de notre confrère américain de basketball-reference, qui est très détaillé et simple d’accès.


Tout d’abord, il faut calculer le Win Share per 48 minutes de chaque joueur. Le WS/48 correspond à la production d’un joueur pour les victoires de son équipe. En 48mins, combien de victoire un joueur fait-il gagner à son équipe. Victoire au singulier, puisque le basket reste un sport d’équipe ; la moyenne atteint un WS/48 de 0.100

Cette unité de mesure prend en compte deux paramètres : l’attaque et la défense. En attaque, l’on détermine le nombre de points induits par un joueur : points marqués, mais aussi passes décisives. Le tout est pondéré par le nombre de possessions offensives à laquelle à pris part le joueur, le rythme de l’équipe,… Il en est de même pour la défense. Je reste volontairement succinct sur cette partie, assez technique, mais sachez qu’un livre, Basketball on Paper, reprend en détails tous ces éléments. De toute façon, le but ici n’est pas de faire de nous des experts comptables des statistiques Nba, mais juste de visualiser le principe.

Pour faire simple, il s’agit de chiffrer le plus correctement possible l’efficacité offensive et défensive d’un joueur ; surtout dans un but comparatif. Histoire de vous faire une idée, Lebron James culminait à 0.202 l’an dernier ; alors qu’un joueur moyen atteignait donc 0.100

Maintenant, passons à un second outil. Le SPS, Simple Projection System. Il s’agit d’un script qui prend en compte le WS/48 des dernières saisons (généralement, les 3 dernières) et visualise la courbe de progression, qu’il pondère principalement par l’âge. Le SPS est censé nous donner le niveau de performance d’un joueur que l’on est légitimement en droit d’attendre de lui pour la prochaine saison.

C’est là que l’on commence à s’amuser. L’on compare les résultats du SPS en début d’année avec les résultats effectifs enregistrés au fil de la saison. En 2009-2010, cela donne ça :

Rk--Player-----------------------------WS/48--------Proj---------Diff
1_Kevin Durant____________0.2328____0.1008____0.1320
2_Luke Ridnour____________0.1651____0.0720____0.0931
3_Quentin Richardson______0.1278____0.0480____0.0798
4_Jermaine O'Neal_________0.1418____0.0624____0.0794
5_Donte Greene____________0.0400____-0.0384____0.0784
6_Zach Randolph___________0.1594____0.0816____0.0778
7_Russell Westbrook_______0.1157____0.0384____0.0773
8_J.J. Redick_____________0.1699____0.0960____0.0739
9_Josh Smith______________0.1614____0.0912____0.0702
10_Channing Frye___________0.1389____0.0720____0.0669


On notera plusieurs choses. La renaissance aux Suns de Channing Frye apparaît clairement. J.J.Redick passe du mec de garbage time à joueur de rotation. Même le nouvel état d’esprit de Zach Randolph s’est retrouvé traduit dans les chiffres. Vu leur âges et la pente glissantes sur laquelle ils étaient, Quentin Richardson et Jermaine O’Neal ont réalisé une saison honorable. Donte Green passe d’un looser (WS/48 négatif) à quelqu’un qui apporte enfin quelque chose de positif.

Et puis, donc, tout en haut de ce classement, l’on trouve Kevin Durant. Avec, au passage, un WS/48 plus important que Lebron James l’an dernier, alors auteur d’une saison que tout le monde a qualifié de quasi-historique. Mais le fait est que Kevin Durant était destiné à exploser, beaucoup le voient comme en haut de l’affiche pour les années à venir, et rares sont les superstars à avoir glané ce trophée. Le MIP a un aspect un peu surprise et le donner à un joueur qui allait –certes peut-être pas aussi vite- percer quoiqu’il arrive n’est pas dans les habitudes.

Et puis, il y a aussi d’autres éléments dans l’environnement d’un joueur qui sont sans doute pas quantifiables, ou alors sans grande subtilité. Par exemple, Scott Brooks a été élu coach de l’année et nul doute qu’il a aidé Kevin Durant a élevé son niveau d’efficacité, sans que cela ne puisse être clairement mesurable par les formules.

Cette méthode n’a de toute façon pas vocation à être un argument autoritaire. Mais l’on ne peut pas nier son importance indicative. Elle permet de faire le tri parmi les vrais prétendants et ceux qui auront bénéficié d’un buzz. Regardons Aaron Brooks, lauréat 2010 :
Rk-----Player--------------WS/48---------Proj--------Diff
106 _Aaron Brooks____0.0899____0.0912___-0.0014


Ca la fout mal. Aaron Brooks est resté au même niveau d’efficacité. Certes, son temps de jeu a augmenté. Deux hypothèses sont alors possibles. Soit réussir à conserver son niveau d’efficacité en jouant plus longtemps est une prouesse, car il faut noter qu’il a augmenté son temps de jeu de près de 10mins par match, ce qui est loin d’être négligeable. Soit il s’agit juste d’une évolution logique vu sa courbe de progression et qu’il a gonflé ses stats grâce à un plus gros temps de jeu, sans que cela ne traduise une véritable amélioration de son niveau de jeu.

Pour info, Trevor Ariza est avant-dernier avec une différence de -0.0898. La confirmation que son agent avait tord de tenter l’aventure hors de Lalaland en espérant glaner plus d’argent.

22 avril 2010

Comment devenir coach of the year ?

Quels critères régissent la nomination du coach de l'année ? Si le résultat du MVP ou du défenseur de l'année sont rarement des surprises tant les critères paraissent objectifs, le coach de l'année n'est en aucun cas le coach dont l'équipe a fait la meilleure saison ou qui a mis en place les tactiques les plus adaptées pour vaincre chaque adversaire.

L'histoire nous montre qu'une flopée de coach de grands talents n'ont jamais connus les honneurs de ce prestigieux trophée. Certes, beaucoup plus de grands joueurs ne seront jamais MVP, mais être choisi parmis ses 29 collègues est une tâche plus abordable, et les techniciens en place doivent parfois se désespérer d'obtenir une reconnaissance aussi valorisante. Et de se demander que faire pour obtenir ce titre...

20 avril 2010

Howard : Defensive "Player" of the Year ?

Pour la seconde année consécutive, Dwight Howard a été proclamé meilleur défenseur de la ligue. Une consécration que certains trouveront à critiquer. Tâchons de redonner de la crédibilité à Superman sur ce trophée.

Quelques jours seulement après avoir lâché 9 contres face aux Bobcats pour le premier match du Magic dans ces PO 2010, Dwight Howard va soulever pour la deuxième fois de suite le trophée du meilleur défenseur de l’année. Meilleur rebondeur et contreur de la saison, les votants se sont grandement tourné vers le pivot d’Orlando au moment de désigner le vainqueur du trophée.

13,2rebs et 2,8blks. C’est le seul à avoir dominé simultanément ces deux catégories statistiques à deux reprises. D’autres sont arrivés à le faire une fois : Ben Wallace, Hakeem Olajuwon, Bill Walton et Kareem Abdul-Jabbar. Du beau monde et du beau gabarit ; bien que pour els trois derniers cités, cette performance n’a pas été salué d’un trophée de DPoY.


Il faut bien admettre que Dwight Howard est loin des standards qu’ont pu instaurer Dennis Rodman, Alonzo Morning ou Dikembe Mutombo. Superman n’a pas la technique en un-contre-un pour annihiler son adversaire direct ; d’ailleurs les stats des pivots adverses le prouvent généralement. De là viennent les critiques : Dwight Howard gonflerait artificiellement ses stats-clefs via le style défensif du Magic, qui le laisse comme seule tour de contrôle de la raquette. Ainsi, quelques critiques soulignent que la majorité de ses contres vient en deuxième lame et qu’elle ne reflète donc pas les qualités intrinsèques de défenseur.

En gros, sur les principales critiques que vous pourrez lire ça et là, il s’agit surtout de dire que le gros du travail de Dwight Howard est de l’aide défensive. Ainsi, ce trophée valorise la défense collective mise en place par le Magic, qui s’appuie sur les qualités hors normes de son pivot. Son envergure lui permet de contester toute une batterie de lay-ups, ce qui explique en grande partie pourquoi le Magic tient ses adversaires à un pourcentage aux tirs de 43,8% (record Nba). De plus, il jouit d’une détente ultra-rapide pour un gaillard de son gabarit, qu’il sait mettre au profit d’un brillant sens de l’anticipation.

Stan VanGundy, son entraineur, a parfaitement résumé la situation : « He is the most impactful defensive player », comprenez : il est le joueur qui a le plus d’impact sur le plan défensif. Sans doute que sur la défense sur l’homme, il n’est pas le meilleur. Mais dans une époque où l’on se plaint que la Nba devient de plus en plus une succession de jeu en un-contre-un, l’avènement d’un joueur qui donne sa pleine mesure dans le cadre d’une défense collective d’aide ne peut pas ne pas être une bonne chose.


Pour les plus curieux, voici le classement final :
1-Dwight Howard
2-Josh Smith
3-Gerald Wallace
4-Lebron James
5-Rajon Rondo
Autres joueurs ayant reçu des votes : Andrew Bogut, Thabo Sefolosha, Ron Artest, Anderson Varejao, Dwyane Wade, Marcus Camby, Kobe Bryant, Shawn Marion, Tim Duncan, Shane Battier, Andrei Kirilenko, Arron Afflalo, David Lee, Ben Wallace, Brendan Haywood, Matt Barnes, Kendrick Perkins, Luc Richard Mbah a Moute et Kenyon Martin.

Oui, David Lee. Ce n’est pas un test pour savoir si vous lisez vraiment ou pas : David Lee a bien été placé dans le top 3 des joueurs défensifs par un des journalistes. On notera aussi que certains ont quand même capitalisé sur leur renommée, comme Kenyon Martin ou Shawn Marion qui restent de bons défenseurs, mais quand même aujourd’hui pas dans le haut du panier. Et puis on soulignera aussi la quatrième place de Lebron James, parfaitement imméritée ; à force d’en faire trop avec lui, il ne faut pas s’étonner que certains finissent par s’en énerver.