12 juin 2010

Les Finales influencent-elles le cours de la Bourse ?

L’économie et le monde financier. Un sujet qui a pris de plus en plus d’importance dans nos esprits. Au point même que l’on a l’impression que, comme l’aurait si bien dit Francis Cabrel, même « les étoiles entre elles ne parlent que de ça ». On prend pleinement conscience que la finance nous domine tous. Mais le monde de la bourse, aussi déconnecté de la réalité soit-il, est en perpétuelle recherche d’indications.

Soyons fous et imaginons que ce qui est en train de rythmer notre vie de fan pendant 2 semaines, à savoir le résultat de cette Finale, pourrait influencer le monde financier et donc notre vie professionnelle. Peut-être pas aussi saugrenu qu’il n’y paraît.

Certes, la NBA est une grosse machine. Mais elle est très, très loin derrière les plus gros business du pays. L’impact des ventes de places et de produits dérivés n’est qu’une goutte d’eau dans l’océan économique nord-américain. Même les droits télé n’ont pas une amplitude qui pourrait être considérée comme au moins significative.

On pourrait même rentrer dans une analyse socioprofessionnelle pour voir que les traders et autres gourous de la finance ne font pas partie des plus grands aficionados de la NBA. Que pour certains, il ne s’agit que d’une douzaine de mecs en short qui doivent mettre plus souvent le ballon dans le panier que l’autre équipe. Le tout bercé par la glorieuse incertitude du sport.


Le fait est que la finance, c’est comme un pari. Vous le savez, surtout avec la récente législation encadrant le pari sportif en ligne en France, le sport est aussi un pari, avec ses côtes et bookmakers. On pourrait voir se dessiner un début de similitude entre ces deux mondes. Surtout si on remarque que, dans l’un comme dans l’autre, ce sont les tentatives les plus risquées qui peuvent rapporter le jackpot.

Sauf que la finalité est assez différente. Le bookmaker sert de prescripteur, puisqu’il indique la côte, basée sur tout un tas de paramètres, d’ailleurs plus ou moins quantifiables objectivement. Il définit alors les valeurs des investissements. On mise, on mate le match avec ses canettes, détendus du gland ; à l’annonce du résultat, on vérifie si cela correspond à ses paris et on encaisse ou décaisse au choix.

Le pari du trader, ce n’est pas exactement le même. Là encore, il y a un prescripteur. Qu’on décide de suivre ou pas. Lui aussi se base sur tout un tas de paramètres, parfois même des réservés aux initiés. On observe les dynamiques des entreprises sur lesquelles on mise, pour voir si ça peut aller dans le vert absolu. Le fait est qu’il s’agit du système de la poule et de l’œuf. On gagne quand on est beaucoup à avoir pensé la même chose. Et du coup, souvent, on est à penser que les investissements risqués mais lucratifs peuvent être un bon choix.


Alors que, même si la côte est tentante, peu vont réellement miser gros sur la Jordanie vainqueur du championnat du monde en Turquie. Parce que le pari sportif se heurte à la réalité comme un couperet ; une réalité qu’on veut en NBA le plus déconnectée possible de l’argent. Le système du salary cap est justement là pour essayer de faire que ce n’est pas fatalement le plus gros budget qui gagne à la fin, même si cette technique n’est pas des plus parfaites, ne serait-ce qu’en regard de la masse salariale des deux finalistes de cette année.

Mais il peut exister une interaction entre ces deux mondes. On l’a dit, en finance, le momentum est peut-être plus important encore qu’en sport. Vu qu’il s’agit d’instaurer un climat d’optimisme vous entourant. Le prescripteur doit convaincre d’autres investisseurs de la suivre. On l’a dit, il se base sur plusieurs éléments. Mais il y a une part de spontanéité, d’impalpable. Qu’est-ce qui fait que dans ce monde aussi complexe, aussi rapide, aussi concurrentiel, il existe une sorte de mouvement de foule ? Et finalement, on connait bien mieux Kobe Bryant que n’importe quel magna de la finance.

Cette rivalité dégage tant de passion, surtout qu’il s’agit de la Finale le plus disputée depuis de nombreuses années. Il se peut que la victoire de telle ou telle équipe provoque une vague d’émotions. Et finalement, ce sont bien des personnes qui décident du prix des actions. Donc, le résultat de la Finale pourrait avoir un impact sur l’état d’esprit de traders, ce qui pourrait influencer le cours de la Bourse ; peut-être pas drastiquement, mais aider un début de tendance qui, elle, pourrait accoucher de plus grosses conséquences.


C’est en tout cas ce que l’étude des cas précédents a révélé. Des analystes se sont penchés sur le cours de l’indice du Dow Jones. Après une victoire des Lakers, on a constaté une hausse moyenne de 14% ; et seulement 4 des 15 années étudiées ont révélé des résultats négatifs. Après une défaite des Lakers en Finale, on a seulement constaté une hausse moyenne de 2,5% et 7 des 15 ont été des baisses.

Maintenant Boston : après une victoire des Celtics, en moyenne, il y a stagnation. 9 fois sur 17, on a constaté une baisse du Dow Jones. Certes, il n’y a eu que 3 défaites, mais la moyenne, bien que peu pertinente, affiche une hausse de 23% quand les Celtics perdent en Finale.

Les victoires en confrontations directes sont quasiment des corolaires des chiffres énoncés plus haut. Comme 2 des 3 défaites en Finales des Celtics ont été essuyées face aux Lakers, on ne sera pas surpris de voir qu’une rivalité victorieuse pour les angelinos correspond à un bond de 16% du Dow Jones. Pour les 9 fois où Boston a été victorieux, dont de des très nombreuses dans les 60’s, on remarque une baisse de 1% de l’indice, en moyenne.

Bien sûr, ce sont des études faites après-coup et il n’y a aucun lien de cause à effet parfaitement établi. Surtout que l’on parle majoritairement de faits passés en 60’s ou 80’s (à part donc les 5 derniers remportés en 2000). Mais bon, « le sport est un remède à la crise » comme l’aurait dit N.Sarkozy. Les Lakers auraient donc aussi la responsabilité de nos emplois sur le dos.

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